La lettre de l'économie en Aveyron
Octobre 2006
Numéro 11


Edito

Pour un équilibre des rôles

Le développement économique en Aveyron, c’est d’abord une affaire d’hommes et de femmes.
Ce numéro de la Lettre d’Aveyron Expansion leur donne, comme d’habitude, la place qu’ils méritent : celle de pionniers qui savent prendre leurs responsabilités de chef d’entreprise et mobiliser les énergies autour de projets.
C’est, de leur part un engagement déterminé, à l’image de l’identité de nos territoires.
Le développement économique en Aveyron, c’est aussi la constitution de grands groupes qui ont pris la mesure des potentiels qu’offre le département.
Les uns et les autres ont la force ou la souplesse nécessaires pour réussir, y compris à l’exportation dans un marché de plus en plus à la dimension de la planète.
Il revient aux collectivités publiques de créer les conditions de ce développement, en lui donnant les moyens de se concrétiser sans perdre de temps. Il en est ainsi du Conseil général avec, par exemple, les zones d’activités aménagées autour de l’A 75.
C’est cet équilibre du dispositif, dans le strict respect du rôle de chacun, qui permet aujourd’hui à l’Aveyron d’affirmer ses ambitions.

Jean PUECH
Président d'Aveyron Expansion

Au sommaire
Macro économie
> Couteau de Laguiole : une guerre mondiale ?

Collectivités
> Les Zones d’Activités Départementales : une judicieuse anticipation qui vaut à l’Aveyron une longueur d’avance

> Agenda
Vie des entreprises
> Marie de Livinhac, une passion du produit de qualité

Entrepreneurs aveyronnais
> Manuel CANTOS : « Manager, c’est prouver en permanence et étudier toute sa vie »

A la une  

VitavieTravel rend les voyages accessibles à tous...

Une compétence exclusive
Les loisirs sont devenus pour chacun d’entre nous un élément important qu’il faut réussir.
Ludovic Rey-Robert le sait bien, lui qui à 18 ans s’est retrouvé privé de l’usage de ses jambes. Fortement engagé au plan sportif (jet-ski, kart, quad et inshore), plusieurs fois médaillé paralympique (ski), il a été conduit à voyager et a pu mesurer les difficultés du handicap dans le cadre des loisirs. Militant enthousiaste, il a créé l’Association VITA-VIE en vue de renseigner les personnes à besoins spécifiques. Raynald Servain, quant à lui, a travaillé durant 14 ans dans la relation client, chez, entre autre, Lastminute.com leader des agences de voyage en ligne.
De leur rencontre est née VitavieTravel, une agence de voyage dont le point d’orgue reste de pouvoir répondre aux attentes spécifiques des voyageurs qu’il s’agisse de handicap physique, de vieillesse ou de toute autre exigence, comme les voyages en groupe.

Des Gardois en Aveyron
Découvrant l’Aveyron et le site de l’Ecole des Métiers EDF de St-Affrique, les deux associés ont été attirés par notre département. Diverses réunions se sont déroulées et furent un facteur décisif dans le choix fait par les entrepreneurs. Ils confient avoir bénéficié d’une écoute attentive de tous et d’une implication forte d’EDF (aménagement des locaux, mise en place des équipements).

De bonnes perspectives à courte échéance
Les premiers clients sont déjà partis et revenus heureux de leurs séjours. Certains ont d'ailleurs prévu de recommencer l’aventure l’année prochaine. Le site Internet, base du fonctionnement de VitavieTravel, ne cesse d’être amélioré et enregistre plus de 2000 connexions/jour. Il est accessible aux mals et non voyants et ne cesse de proposer des nouveaux produits, éléments essentiels de la croissance.
La société a déjà recruté 12 personnes (4 informaticiens et 8 téléopérateurs) en plus des deux dirigeants. Une deuxième vague de recrutement devrait avoir lieu prochainement avec pour objectif d’engager 10 personnes supplémentaires dans la relation clientèle. A échéance de 3 ans, il est prévu que la structure compte près de 100 salariés.
Après seulement 3 mois de fonctionnement, l’avenir s’annonce donc prometteur.

Pour plus d'information : http://www.vitavietravel.com

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
La SOPAVE à Viviez

Cette société spécialisée dans le recyclage des films polyéthylène usagés, vient d’être rachetée par le groupe SITA, filiale de SUEZ environnement, leader européen de la branche déchet. Le groupe SITA compte 18400 collaborateurs au service de 3000 collectivités, 55 000 clients et a réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros en 2005. L’objectif affiché pour SITA est de développer l’activité de SOPAVE en proposant le savoir faire du groupe.

SAM / Groupe ARCHE
Avec un chiffre d’affaires de 70 millions d’Euros, au premier semestre 2006, pour le Groupe ARCHE, soit une croissance de 7,2 % et une augmentation de 100 % du résultat net, la SAM se trouve au sein d’un groupe en excellente santé et ce malgré la hausse du coût des matières premières et de l’énergie.
L’apprentissage fait une bonne rentrée

La chambre de métiers et de l’artisanat de l’Aveyron n'a de cesse de promouvoir l’apprentissage comme « un véritable passeport pour l’emploi ». Slogan qui semble avoir trouvé un écho, comme au centre technique des métiers de Rodez qui enregistre à ce jour 40 inscrits de plus qu’en 2006. Le millier d’apprentis en Aveyron sera sans doute dépassé d’ici la fin des inscriptions en décembre.

A88 : Des conclusions éloquentes du Ministère des transports et de l’équipement
’évaluation préalable effectuée par le ministère pour valider l’intérêt d’un Partenariat Public-Privé, démontre un gain socio-économique (impacts liés au développement économique) de 54 millions d’euros par an. Ce qui signifie qu’en moins de 10 ans l’investissement global du projet est amorti.
 Lettre de l'économie en Aveyron - n°11 - Octobre 2006 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Couteau de Laguiole : une guerre  mondiale ?

Le couteau français connaît depuis 2000 une crise sans précédent : le nombre de salariés de la filière a en effet chuté de 20 % ; en 2005, nos exportations chutent de près de 7 % (VS 2004), nos importations progressent de 4 % (et de 20 % en provenance de Chine).

Le couteau de Laguiole n’échappe pas à cette déferlante asiatique même si les productions laguiolaises semblent mieux tirer leur épingle du jeu grâce à leur positionnement sur le haut de gamme (créativité, design, personnalisation et tradition).

Enfin, l’image Laguiole, absence de protection oblige, est utilisée sur une multitude d’objets en plastique « made in Pakistan ou China » qui n’ont pas grand-chose à voir avec un terroir, une appellation d’origine et un couteau emblématique de l’identité aveyronnaise.

C’est ce constat, assorti d’un certain nombre de recommandations opérationnelles, qu’Aveyron Expansion a livré lors du Forum Planète Terroirs sous l’égide de l’UNESCO le 22 septembre dernier.

Une association pourrait ainsi rapidement fédérer l’ensemble des acteurs qui vivent l’utilisation anarchique du nom Laguiole comme un abus et un parasitisme insupportables.

Agenda économique

Carrefour des compétences en Midi-Pyrénées
Les 10,11 et 12 octobre, se tiendra, au Parc des expositions de Toulouse, le Salon Interrégional de l’Industrie. Savoir-faire technologiques et évolution de la sous-traitance seront les principaux thèmes.

Forum MPS sur les transports en Midi-Pyrénées
Le rendez-vous annuel des décideurs de la région se déroulera le 12 octobre, à Diagora Labège. Le passage en 2X2 de voies d’axes routiers et la Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse seront des points centraux de cette journée.
Plus d’info : www.midipresse.fr

Rencontre « TIC et Agroalimentaire » à Toulouse

Cet évènement, se déroulant le 25 octobre à l’école d’ingénieurs de Purpan à Toulouse, permettra de montrer des applications des TIC dans le secteur agricole, viticole et agroalimentaire (traçabilité, contrôle qualité, gestion de production...).

Collectivités

Les Zones d’Activités Départementales :
Une judicieuse anticipation qui vaut à l’Aveyron une longueur d’avance

Le Département de l’Aveyron, dans la perspective de l’arrivée de l’Autoroute A 75, s’est interrogé sur les moyens d’en tirer profit et a décidé, en accord avec les collectivités concernées de créer 2 Zones d’Activités. L'une se situe au nord du Viaduc de Millau, à proximité du carrefour A 75/RN 88 et l’autre, au sud du Viaduc de Millau, à proximité de la sortie vers Millau et de La Cavalerie.

L’histoire commence en 1987 avec la décision de réaliser la totalité de l’Autoroute A 75 et la création d’une charte d’itinéraire suivie, en 1990, d’un livre blanc précisant la volonté de donner à l’A 75 un caractère d’aménagement. Dès 1990, le Conseil Général suscite la création d’une Association de préfiguration du Syndicat Mixte A 75 qui verra le jour en 1992 et associera les collectivités proches, les chambres consulaires, le Conseil Régional et le Conseil Général. En 1993, la décision de créer deux Zones d’Activités est affichée, avec la volonté d’un prix de vente attractif (40 F/m²).
Le Département précise sa volonté d’attirer des entreprises extérieures à l’Aveyron et établit un partenariat avec les communes concernées au niveau de la taxe professionnelle. Les acquisitions foncières, comme dans la plupart des cas, ont été longues et difficiles mais l’anticipation voulue a permis de disposer des surfaces foncières nécessaires, notamment dès l’ouverture du Viaduc de Millau.

Deux parcs d’activités : l’un au nord, l’autre au sud

Aujourd’hui, ce sont deux parcs d’activités qui sont en cours d’aménagement et permettent d’offrir des espaces qui contribuent à l’attractivité territoriale. A La Cavalerie, il y a environ 50 ha sur lesquels une douzaine reste disponible. Quant à Séverac le Château, sur les 50 ha que comptent les 3 secteurs concernés, 10 ha sont disponibles et 30 environ restent à aménager.

C’est forcément dans les années à venir que pourra être mesuré le résultat d’une telle opération mais la présence des entreprises installées ou en cours d’installation, les contacts engagés, en font déjà un succès. L’impact sur l’emploi est déjà visible puisque s’impose la recherche d’actifs à l’extérieur du département. Ces équipements constituent un enjeu fort pour l’Aveyron.

 
Lettre de l'économie en Aveyron - n°11 - Octobre 2006 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Marie de Livinhac, une passion du produit de qualité

Une entreprise jeune
Créée en juillet 91 par trois industriels aveyronnais, la société Marie de Livinhac a pour objectif de développer des produits lyophilisés de qualité, privilégiant le goût, le terroir, la culture, facile à mettre en œuvre pour le consommateur. Après s’être installée provisoirement dans un local appartenant à la collectivité de Decazeville, l'entreprise intègre en 1993 un nouveau bâtiment construit sur la Zone Industrielle du Centre. Trois ans plus tard et fort d’un développement soutenu, les dirigeants ont décidé d’implanter une unité de lyophilisation sur place, la production étant auparavant sous-traitée.

« Des produits authentiques »
Aujourd’hui l’entreprise emploie 8 personnes et compte 12 produits en de multiples conditionnements. Dans un souci permanent de qualité, l’essentiel des matières premières est traité sur place à l’exception du poisson qui lui est travaillé sur le lieu de pêche au Danemark.
Jusqu’en 2005, la production était orientée vers des produits du terroir (estofinade, aligots, truffade…). Aujourd’hui, Marie de Livinhac se diversifie. De nouvelles recettes aussi bien salées comme des « Acras de Morue ou de Crevettes » que sucrées avec différents parfums de beignets (pommes, framboises…) ont fait leur apparition.

Perspectives et stratégies

Répartition du chiffre d’affaires selon les produits leader :
  • 20 % pour l'Aligot
  • 20 % pour l' Estofinade
  • 15 % pour la Truffade

Cette structure se place dans la tendance générale de consommation qui est celle du « convénience », le « bien manger et facilement cuisiné ».           « Dans un esprit de plaisir et de gastronomie, Marie de Livinhac s’attache à développer des produits dans le cadre d’une éthique ». La simplicité de préparation, la simplification des emballages, la conservation et le stockage hors de la chaîne du froid, contribuent aux économies d’énergies.
Un nouvel élan va être donné avec l’arrivée de produits et l’ouverture sur d’autres marchés, tel que le RHF (Restaurant Hors Foyer) ou encore en direction de l’exportation. Déjà en 2006, 5% du C.A. est réalisé à l’exportation et la présence de Marie de Livinhac au SIAL 2006 sur l’espace ARIA (Association Régionale des Industries Alimentaires) Midi-Pyrénées témoigne de cette volonté.
Les efforts en matière de Recherche & Développement (recettes, packagings…) ont permis à l’activité de croître de façon régulière depuis 10 ans. En signe de bonne santé, l’entreprise affiche des prévisions de croissance d’activité pour les années à venir.
Liens vers les sites : http://www.aria-mp.com/

Innovation : produits, services, marques...

UNICOR s’adapte aux besoins

La coopérative UNICOR a décidé, par l’intermédiaire de son réseau de distribution les Magasins Verts, de dédier un espace à l’élevage dans sept villes où ils sont implantés. Dorénavant, les éleveurs pourront trouver tout le matériel adéquat dans un même lieu ainsi qu’un nouveau produit, « le catalogue ovin » répondant aux besoins de répertorier les produits.

TECHMAY innove toujours !

Désormais, une étiquette permet de remplacer les cachets de cire du Cognac. Elle est particulièrement esthétique, facile à enlever et peut être posée très rapidement. D’autres applications sont déjà envisagées…

Plus d'informations : www.techmay-logetiq.com

Lettre de l'économie en Aveyron - n°11 - Octobre 2006 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Manuel CANTOS : « Manager, c’est prouver en permanence et étudier toute sa vie »

Une belle leçon d’humilité et de courage dans la bouche de cet entrepreneur aveyronnais autodidacte au parcours exceptionnel.

Né en 1937, Manuel CANTOS est de la trempe de ceux qui ont dû cesser leur scolarité pour aider leurs parents, qui ont mesuré pas à pas la valeur du travail et qui ont su intelligemment investir le fruit de leur labeur.

Comment passer d’une simple laverie à un groupe familial de 15 sociétés, structure majeure dans les secteurs de l’hôtellerie et des énergies renouvelables ? « Avec du travail, toujours du travail, et en prenant au bon moment les bonnes décisions », pas à pas, à l’aveyronnaise, mais avec un sens aigu de l’anticipation.

Ce fut d’abord l’évolution du métier d’origine de blanchisseur vers la gestion totale du linge des entreprises et des collectivités, puis des pressings sur Decazeville et Montpellier, suivis d’investissements bien sentis dans l’hôtellerie et la résidence privée pour 3° âge.

En 1990, c'est un retour sur le cœur de métier originel avec l’acquisition d’une blanchisserie industrielle à Périgueux puis d’une autre sur Agen et enfin d’une agence commerciale à Bordeaux, afin d’avoir une couverture complète sur le grand Sud Ouest (structures cédées depuis à un fonds d’investissement).

Et puis, une étincelle, un déclic, une vision d’avenir : le futur fera la part belle aux énergies renouvelables. Le Groupe CANTOS décide alors d’investir en 1998 dans 4 micro centrales produisant 32 Millions de Kwh par an dans l’Ariège, auxquelles viennent se rajouter entre autres, dès 2000, un parc éolien dans l’Aude de 28 Millions de Kwh et récemment un parc de 30 millions de Kwh dans l’Hérault… Et ce n’est qu’un début… Ces énergies sont intarissables comme d’ailleurs celle de Manuel CANTOS qui, en partie grâce à sa famille désormais fortement impliquée dans ces structures, trouve le temps d’animer le Club des Entrepreneurs du Bassin, la plateforme d’initiative locale pour l’emploi ODI et préside depuis 5 ans le Tribunal de Commerce de RODEZ.

Il s'agit véritablement d'une implication de tous les instants, dans un pays qui a commis « l’énorme erreur des 35 heures », mais dans cet Aveyron qu’il aime, tant par sa qualité de vie, son sens du travail que « pour son vent et l’intensité des relations ! ».

Ses conseils aux créateurs : « ne jamais s’enfermer dans des certitudes, se poser tous les jours 2 ou 3 bonnes questions, accepter de s’investir totalement sans trop regarder les horaires, considérer que le travail est une valeur, accepter quelques sacrifices pour vivre l’instant jubilatoire de l’œuvre accomplie… et quand il y a un homme et un projet, la réussite doit suivre ».

Un langage de vérité que Manuel CANTOS distille avec ce regard pétillant qui, plus qu’une leçon d’économie, est une leçon de vie.

Brèves, les gens ...
Passage de flambeau à la CEGELEC
Jean-François Brusque est le nouveau directeur de CEGELEC. Il remplace Jean-Claude Cambournac parti à la retraite après 36 ans passés dans cette société dont 7 années à Rodez.
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