La lettre de l'économie en Aveyron
Déc. 2007
Numéro 24


Edito

Bilans et projets

Une fin d’année, c’est l’heure des bilans.
Les acteurs locaux, par choix et par nécessité, gardent les pieds sur terre. Car ils ont la responsabilité d’une entreprise avec tout ce que cela suppose de conséquences au niveau personnel mais également en ce qui concerne l’emploi et l’attractivité d’un territoire.
Il est donc important pour eux d’avoir une bonne connaissance de leur activité comme de son environnement économique.
Une fin d’année, c’est aussi le temps des projets.
Il en naît beaucoup en Aveyron, dans tous les secteurs. Ils sont le fruit de l’engagement de femmes et d’hommes qui portent le dynamisme du département en matière de productions, de services, d’innovations.
C’est pour moi l’occasion de souhaiter à chacun, en ces périodes de Noël, à la fois de bonnes fêtes et de très beaux projets.



Jean PUECH
Président d'Aveyron Expansion

Au sommaire
Macro économie
> De nouveaux moteurs pour l’économie française ?

Collectivités
> Les 7èmes rencontres de la dynamique économique : les bons chiffres de la « reprise »

> Agenda
Vie des entreprises
> Anticipation et innovation font le succès des portes d’intérieur Rozière

Entrepreneurs aveyronnais
> Thierry Coquio : l’Homme des cartouches qui font mouche

A la une  

Fenêtres Industrie Aveyron
l’outil industriel d’ATRYA à La Cavalerie

L’activité de la société F.I.A. (Fenêtres Industrie Aveyron), filiale du groupe ATRYA, a démarré sur la zone d’activités départementale Millau Larzac. Spécialisée dans la production de menuiseries PVC sur mesure, l’entreprise mise gros sur l’Aveyron.

nouveau bâtiment dédié à l'usinage des pièces

Le choix raisonné d’un leader
Le groupe ATRYA est plus connu du grand public pour sa marque TRYBA mais aussi des professionnels pour ses enseignes AMCC, NORBA, AMGO, CLOSY … Il compte déjà une quinzaine de sites de production en Europe. Il est le n°2 de la fabrication de fenêtres en France avec plus de 300 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2007 et 1600 collaborateurs. Il tenait à renforcer son positionnement géographique dans une zone à fort potentiel : le Sud de la France.
L’Aveyron préalablement identifié comme point stratégique d’implantation par le groupe ATRYA s’est démarqué. C’est une convergence de facteurs qui a déterminé l’un des leaders « menuiserie » à s’installer sur la zone d’activités départementale Millau-Larzac, à La Cavalerie. La proximité d’un marché, l’existence d’une unité de production à reprendre, l’accès direct à l’A75, et la réputation d’une main d’œuvre aveyronnaise déjà en place ont vite fait la différence. Arnaud Bourgeois, directeur technique d’ATRYA ajoute que "le dynamisme environnant et l’accompagnement de très bonne qualité, notamment d’Aveyron Expansion, ont décidé le groupe à parier sur les hommes en Aveyron".
Atrya souhaite prouver que le choix des pays émergents n’est pas obligatoire et qu'il est possible de créer des emplois en France même sur des marchés très difficiles. « Le coût du transport est important pour les produits que nous fabriquons. Amener nos fenêtres de Roumanie ou équivalent, reste difficile à manager au regard des critères de qualité et de services de plus en plus prépondérants dans les critères de choix des clients. La plus value du transport et surcoûts logistiques sont estimés à 8% du produit. Cette économie réintégrée en Aveyron complétée du savoir-faire collectif doit nous permettre de développer l'entreprise.
C’est le pari que nous avons fait
. »

informatisation des postes de travail

De PVC GM à F.I.A., une révolution
Le groupe ATRYA a donc largement investi en Aveyron par l’intermédiaire de la société F.I.A créée à cet effet.
F.I.A. a d’abord racheté l’unité de production PVC GM : les murs et le matériel. - PVC GM du Groupe Gayrard/Orfite produisait des fenêtres PVC d’entrée de gamme livrées sur stock, principalement pour la distribution discount, des produits très sensibles à la concurrence de plus en plus mondialisée. - F.I.A. en a aussi repris les salariés, au nombre de 17. Puis la société nouvellement aveyronnaise du groupe ATRYA a « poussé les murs » et investit en « technologie ». Ce sont près de 1800 m² de locaux adaptés qui ont été ajoutés à l’existant (2 bâtiments de 1170 et 1500 m²) pour l’instant. 800 m² supplémentaires sont prévus pour 2009/10. De gros investissements ont été faits en terme d’informatisation et de robotisation là où cela était indispensable. « Tout est organisé autour de l’informatique pour que l’on puisse faire des produits dans des conditions de qualité et de productivité équivalentes à celles des produits répétitifs ». Le métier de F.I.A. consiste effectivement à fabriquer des produits unitaires à la commande à la cadence des produits de série sous des délais de plus en plus courts. « Nous sommes des gros artisans mais avec les moyens matériels et industriels les mieux adaptés » dit le dirigeant.
Un vrai challenge pour l’équipe en place qui se forme à ces nouvelles conditions de travail. L’installation de chaînes de production des plus modernes engendre une toute autre productivité et capacité à transformer des produits unitaires de qualité. Par exemple, une machine qui permettait de sortir une pièce toutes les 42 secondes il y a 4 ans sort aujourd’hui une pièce toutes les 16 secondes en moyenne. Bientôt ce seront 29 personnes formées sur place qui renforceront l’équipe de la F.I.A. à La Cavalerie.
L’usine, propriété d’ATRYA depuis le 1er octobre, est entrée en production réelle le 15 octobre dernier. Les 1ères commandes ont été livrées en fin de mois d'octobre. Mais l’objectif à atteindre est encore loin. La « machine » doit se mettre en place. 450 unités/jour et 12 millions d’€ de chiffre d’affaires seront visés à terme. « Nous sommes réalistes et confiants. Ce sera difficile car tout repose sur des objectifs hommes et sur le travail d'une équipe gagnante, mais nous y arriverons. ».
Avec F.I.A./ATRYA, l’Aveyron joue gagnant et tire vers le haut un secteur d’activité déjà fortement ancré et dont le savoir-faire dépasse les frontières nationales.

Pour plus d'infos

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
Quand les lames s'aiguisent


100 000 couteaux de type Laguiole "made in" Pakistan ont été saisis au Havre, le 25 octobre dernier, pour non respect des obligations de marquage imposant l'indication d'origine sur la lame. Cette intervention fait suite à l'action de sensibilisation conduite par l'Association de Défense des Dénominations Laguiole et Aubrac auprès de la Direction Régionale des Douanes qui aurait conduit depuis l'été dernier une dizaine d'opérations semblables.
Succès pour la plateforme Aveyron International

Le dispositif internet dédié à l’export http://international.aveyron-expansion.fr/fr mis en place par Aveyron Expansion en 2006 remporte un large succès. Avec une moyenne de 2000 visites par mois en 2007, on atteint un record de fréquentation de 5354 visites pour le seul mois d’octobre.

Inauguration au Sac du Berger

Le 9 novembre dernier, Jean-Pierre Romiguier inaugurait son nouveau bâtiment, à Layrolles. Le hall d'exposition de ce nouveau bâtiment doit s'ouvrir aux visites guidées au printemps prochain.
Plus d'infos

Naucelle Meubles devient JMA Maisons Bois

Jean-Marie Alléguède réoriente son entreprise en se lançant dans la fabrication de maisons bioclimatiques.
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La Conférence Nationale 2008 des Présidents des JCE organisée par la JCE de Millau

Lors du 53ème Congrès National de la Jeune Chambre Economique Française, fin novembre à Aix les Bains, une quinzaine de jeunes millavois ont porté haut et fort les valeurs locales d’initiatives de l’Aveyron. La JCE de Millau a, à cette occasion, été désignée pour organiser la Conférence Nationale des Présidents des JCE, en février 2008. Par ailleurs, Nicolas Lefévère, a été élu au Conseil d’Administration de la JCEF au poste de Vice-Président délégué aux actions locales.
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Les aides régionales pour le « bio » augmentent

Un doublement du soutien financier de la Région devrait être annoncé lors de la SISQA ces prochains jours. Les aides porteront principalement sur l’investissement à la certification et les identifications géographiques.

Nouvelle génération de programmation Leader

La revue Chambres d'Agriculture, organe de Presse de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture, publie dans son numéro de novembre un dossier complet consacré à la nouvelle génération de programmation Leader et à la dynamique partenariale d'ores et déjà engagée sur le terrain avec les différents acteurs du développement rural.

 Lettre de l'économie en Aveyron - n°24 - Décembre 2007 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

De nouveaux moteurs pour l’économie française ?

Avec la hausse de l’euro et la course effrénée des cours des matières premières, pétrole en tête, un ralentissement marqué de l’économie américaine et une crise bancaire larvée, les prévisionnistes nous décrivent, à grand renfort d’images météo peu clémentes, un ciel 2008 fort obscurci.
Les vents contraires annoncés s’accompagneront vraisemblablement d’un infléchissement de l’investissement des entreprises, sur fond de ralentissement de la demande tempérée espérons-le par les récentes mesures destinées à soutenir le pouvoir d'achat.

Une évolution conjoncturelle plus favorable à l’industrie …
Les nuages qui s’amoncellent à l’horizon 2008 ne devraient pourtant pas couvrir uniformément tous les secteurs de l’économie.
Selon XERFI, « l’année 2008 sera marquée par une redistribution des cartes en matière de croissance sectorielle ». Les secteurs de la construction et des services immobiliers jusqu’ici particulièrement dynamiques et porteurs de croissance, vont connaître un retournement de tendance. A contrario, nous devrions enregistrer une accélération de l’activité industrielle, notamment dans la production énergétique, l’agroalimentaire et l’industrie manufacturière. Les performances des activités de services seront légèrement en retrait par rapport à la période 2000-2007.

Ce rééquilibrage de la croissance au profit des activités industrielles repositionne à son juste niveau le marché de l’immobilier qui a connu ces dernières années des taux de croissance au-delà de son potentiel réel.

… laisserait-elle augurer d’un renouveau de l’industrie française ?
Un regard plus en profondeur sur les secteurs manufacturiers révèle des entreprises avec des marges qui se redressent et un adroit repositionnement face à la concurrence internationale.
En effet, le centre de gravité de l’industrie française s’est déplacé vers des activités à plus forte valeur ajoutée comme la R&D, la conception, le marketing, les fonctions achat, le SAV, etc. Les besoins portent désormais sur des ouvriers hautement qualifiés, les techniciens ou les ingénieurs. D’ailleurs, les chefs d’entreprises de l’industrie sont de plus en plus nombreux à avouer qu’ils rencontrent des difficultés à recruter de nouveaux collaborateurs.
Le développement de ces nouvelles activités répondant aux besoins des clients constitue un levier de différenciation qui peut permettre de contrer l’offensive des producteurs des pays à bas coûts.
Autre raison de réduction apparente des emplois directs de l’industrie, c’est l’externalisation de tâches non productives comme l’entretien et le nettoyage, la sécurité, le transport, etc. Le développement de ces emplois de service, moins délocalisables que les emplois directement « manufacturiers », constitue l’appui le plus solide sur lequel bâtir la croissance future de l’économie française.


Agenda économique


SISQA 2007, du 6 au 9 décembre, au Parc des Expositions à Toulouse
La 5ème édition de la Semaine Internationale Sécurité et Qualité Alimentaires rassemblera grand public et professionnels autour d’une même préoccupation : la qualité alimentaire.
Plus d'infos
Jeudi 6 décembre, 2 parcours sont organisés à la CCI de Rodez pour aider les PME agroalimentaires dans leur démarche qualité et sécurité des denrées alimentaires.
Parcours 1 - Évaluez et améliorez votre système HACCP
Parcours 2 - Améliorez votre système de management
Plus d’infos

3ème journée d’échange avec les pôles de compétitivité, le 12 décembre, à Bercy
Au programme, les objectifs des pôles pour 2008 et au delà, ainsi qu'un point d'étape de l'ensemble des questions touchant aux pôles : bilan des appels à projets, coordination entre pôles, financement et statut fiscal des gouvernances, conduite de l'évaluation des pôles, partage de la propriété intellectuelle, coopérations internationales et bonnes pratiques.
fabrice.leroy@industrie.gouv.fr


Collectivités

Les 7èmes rencontres de la dynamique économique : les bons chiffres de la « reprise »

Ce 22 novembre dernier, se déroulaient les 7èmes rencontres de la dynamique économique à l’amphithéâtre de Rodez. Cette soirée sous le thème d’ « une nouvelle génération d’entrepreneurs aveyronnais » organisée par l’agence Pac Communication a permis de rassembler plus de 300 acteurs économiques aveyronnais autour de la question des transmissions et reprises d'entreprises. Entre intervention de spécialistes et témoignages de chefs d’entreprises, les enseignements étaient riches.

Tous les représentants des collectivités et institutions présents qui ont chacun à leur tour introduit la soirée par un bilan de l’économie aveyronnaise sont tombés d’accord sur le fait de rester mobilisés malgré les bons résultats aveyronnais. Rappelons le, l’Aveyron c’est 4,8% de chômage, + 1500 habitants/an, 10 000 emplois créés en 15 ans, un faible taux de défaillance des entreprises… mais il y a une autre réalité dont tout le monde aura pu prendre conscience lors de cette soirée : dans 10 ans, près de 50 % des entreprises seront à reprendre.
Alain Tourdjman, directeur de l’observatoire de la Caisse d’Epargne, a, lors de son intervention, apporté quelques éclairages à ce sujet. Il a abordé le climat de la « PME » en France et surtout le positionnement de l’Aveyron en la matière. Alors que la PME bénéficie globalement d’une image positive en France, l’idée de la reprise est souvent mal intégrée. Mais le spécialiste note tout de même que l’Aveyron se démarque à ce sujet. Le département a saisi l’enjeu que représente la « reprise » en terme d’emplois. Le taux de reprise (nombre de reprises annuelles rapporté au stock d’entreprises existantes) en Aveyron est bon : 3,78% contre 2,79 pour la région. C’est le meilleur de Midi-Pyrénées. Un taux qui compense la relative faiblesse des chiffres de création de PME. « Le renouvellement des entreprises se fait ici mieux qu’ailleurs » explique Alain Tourdjman. Seulement 8% des dirigeants ont plus de 60 ans et 22% ont plus de 55 ans contre 29% pour la région Midi-Pyrénées. L’Aveyron qui reste attractif pour les entreprises se distingue, dans sa région mais aussi dans le grand Sud, par son taux de reprise et le renouvellement des générations qui lui offrent des perspectives extrêmement favorables. Par ailleurs, les PME aveyronnaises n’ont pas de problème de capitalisation et ont une « profitabilité » supérieure de 10 % à la moyenne française. L’Aveyron, département industriel qui connaît une mutation sectorielle, fait preuve d’une forte vitalité selon l’étude menée par l’observatoire de la Caisse d’Epargne.

Cette vitalité est soulignée par un système de formation performant, des collectivités et des institutions souvent citées par les « témoins » comme facilitatrice dans leur démarche de reprise… Et surtout, il y a les hommes et les femmes qui font de l’économie aveyronnaise ce qu’elle est aujourd’hui et ce qu’elle sera demain… Ils étaient nombreux à témoigner ce 22 novembre dernier : Jean-Paul Massol, Jean-Marc Feral, Laure Cayron, Thierry Moysset… et bien d’autres encore, tous animés de la même ferveur. L’Aveyron est sur la bonne voie.

 

 Lettre de l'économie en Aveyron - n°24 - Décembre 2007 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Anticipation et innovation font le succès des portes d’intérieur Rozière

Depuis sa création en 1973, l’entreprise Rozière à Bozouls, spécialisée dans l’industrialisation des portes d’intérieur, a fait du chemin. Serge Rozière succédant à son père et son oncle, Raymond et Roger Rozière, en 1998, a structuré l’activité : entre développement des produits et intégration de l’activité en amont.

Serge Roziere présente l'un de ses modèles

Si l’entreprise a connu un large succès avec sa fabrication de portes en framiré (bois exotique) à l’époque des débuts de la menuiserie industrielle et de la poussée des résidences secondaires sur la Côte d’Azur, elle a aussi su prendre le tournant des portes en bois de pays pour faire face à l’émergence de la concurrence. Effectivement, dès les années 90 au moment où Serge Rozière rejoint le navire familial, la SAS Rozière se lance dans l’industrialisation des portes en bois de pays. Quand bien même cette fabrication était l’apanage du savoir-faire des artisans. L’entreprise se donne les moyens de la réussite. « On est passé de 80 à 140 personnes du jour au lendemain et on a investi plus de 20 millions de francs à l’époque » dit Serge Rozière. Les techniques de lamellation et de collage ont permis à la société bozoulaise d’industrialiser la fabrication de portes en bois de pays. En 1991, l’aventure démarre avec une production de portes d’intérieur en peuplier. En 93, ce sont des portes en chêne qui sont fabriquées et en 96 des portes en hêtre. Tant et si bien que Rozière devient le spécialiste des portes d’intérieur en bois de France. Non seulement parce que c’était la première entreprise à relever un tel défi mais aussi parce qu’elle s’est appropriée les techniques de fabrication. « Investissement et savoir-faire étaient nécessaires pour réussir » lance le dirigeant. Encore fallait-il avoir l’idée audacieuse de faire ce choix… Aujourd’hui, l’avantage concurrentiel est maintenu car « peu de monde a suivi sur ce terrain et nous réinvestissons nos bénéfices » explique l’entrepreneur.
Ce positionnement sur des produits haut de gamme ne suffisant pas à satisfaire le client également demandeur d’un modèle d’entrée de gamme, Rozière crée une 2ème société en 1997, les Menuiseries d’Olt, pour répondre à la demande et ne pas mélanger les genres. Localisées depuis 2001 à proximité de Cognac suite au rachat d’une société, les Menuiseries d’Olt (qui emploient près de 30 personnes) fabriquent ainsi une porte d’entrée de gamme en bois exotique. Aujourd’hui pour des raisons d’exiguïté et afin de développer les ventes de cette société, la SAS Rozière a pour projet de racheter en février prochain les bâtiments des Meubles Fontanges à Bertholène. Ce site servira de plate-forme logistique et assurera l’assemblage des portes. Une activité qui devrait générer à terme une quinzaine d’emplois.
La SAS Rozière est plus qu’une entreprise qui s’adapte. Elle prend des risques, elle devance. Son développement particulièrement lié à sa source d’approvisionnement, le bois, la décide à racheter des scieries. Dès 99, c’est une scierie de hêtre au Massegros qui est rachetée et depuis octobre une scierie de chêne dans l’Allier. L’entreprise qui consomme 50 à 60 m3 de bois par jour va jusqu’à l’exploitation forestière. « On est des industriels un peu atypiques car au lieu de délocaliser, on pratique l’intégration de l’activité en amont en France » explique Serge Rozière. De par ses divers métiers, l’entreprise maîtrise son approvisionnement en matière première. « On a beaucoup de métiers : il y a des hommes de forêt, des hommes de scierie, des hommes de production, de logistique, de commerce… » ajoute le dirigeant bozoulais.

dernière porte "designée"

 

Pour répondre à l’exigence de qualité de sa clientèle haut de gamme, l’entreprise Rozière s’est aussi offert les compétences d’un designer, Patrice Sarrazin, le designer des bateaux Beneteau. L’innovation de la société a été récompensée par le trophée du design lors du dernier salon Batimat. Le pari de faire du contemporain avec un matériau traditionnel est gagné. Aujourd’hui l’entreprise qui fabrique 3000 portes par semaine et qui fait près de 26 millions d’€ de chiffre d’affaires présente 5 gammes (Design, Contemporaines, Néoclassiques, Prestiges et Classiques) toutes labellisées PEFC (Programme Européen des Forêts Certifiées). Elles sont vendues dans 2000 points de vente, spécialistes comme Batibois ou généralistes comme Point P, Gédimat et Bigmat en Aveyron. 5% du chiffre d’affaires est fait à l’export vers l’Angleterre, la Russie et la Norvège. Avec l’embauche d’un responsable export, Serge Rozière, aujourd’hui à la tête de 220 personnes dont 180 à Bozouls, compte bien développer cette activité, notamment vers le Japon. Il souhaite conforter sa position de leader en industrialisation des portes d’intérieur en bois mais aussi se positionner sur des produits de niche tels que les portes de placard.

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Innovation : produits, services, marques...

Le Star Cruiser, le bus de tourisme « dernière génération » de Verdié

Le groupe Verdié a dernièrement investi près de 400 000 € dans un Starliner de Néoplan : un bus de 480 CV conforme à la norme antipollution Euro 4. Il associe recyclage des gaz d’échappement et filtre à particules. Ce véhicule est équipé d’un radar qui lui permet d’asservir sa vitesse au véhicule qui le précède. Ce bus spacieux de 38 places au remarquable design est équipé d’une mini-cuisine et offre un angle de vue exceptionnel aux voyageurs. Des bus comme celui-ci, il n’y en a que 6 en France et 150 en Europe. »
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Un centre du bien-être à Sylvanès pour 2009
Le projet d’un centre de bien-être comprenant des activités thermales, des structures de détente (piscine, sauna, hammam, jacuzzi…) mais aussi des équipements de loisir, un hôtel, des salles de séminaire, une résidence de tourisme vient d’être lancé à Sylvanès. C’est la société Sylvaréal qui porte l’opération.
Une nouvelle machine chez Graphi pour une productivité accrue
L’imprimeur Graphi, situé à La Primaube, a acquis une nouvelle presse (Man Roland 700) qui permet de vernir en ligne ses impressions. Le groupe de vernis acryliques de la machine dont l’investissement représente 1,4 millions d’€ offre de nouvelles perspectives à l’entreprise qui auparavant sous-traitait cette tâche. « Cette machine répond aussi à des contraintes environnementales draconiennes » explique Jean-Luc Calmelly, directeur adjoint du nouveau pôle Graphi-Chabrillac, toutes deux filiales d’Inforsud.
L’édition annuelle du GaultMillau récompense les tables aveyronnaises

Michel Bras a obtenu 4 toques et un 19/20, Le Moulin de Cambelong 2 toques et un 16/20. Michel Truchon, le restaurant Auguy, le Vieux Pont des sœurs Fagegaltier et Jean-Luc Fau ont chacun reçu 2 toques et un 15/20. Enfin le restaurant Sainte-Foy est récompensé d’1 toque et d’un 14/20.
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Le nouveau livre de l’ASPIBD
L’Association de Sauvegarde du Patrimoine Industriel du Bassin de Decazeville sort un livre intitulé « Puits de mines, bassin de Decazeville, Aubin, Cransac, Firmi et Viviez ». 122 pages consacrées à la mine pour perpétuer la mémoire ouvrière du bassin.
Le château de Labro
L’ « amour des vieilles pierres et la folle envie de revenir au pays » selon les mots de Jean Rouquet ont redonné vie au château de Labro accueillant désormais chambres d’hôtes, mariages et séminaires dans un cadre prestigieux.
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Un blog pour Lauriflamm
L’entreprise Lauriflamm, à Saint-Geniez-d’Olt, a créé son blog http://lauriflamm.blog4trade.com.
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Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Thierry Coquio : l’Homme des cartouches qui font mouche

« On est compétitif lorsqu’on est très automatisé. » Un principe de base que partagent les entreprises les plus performantes de la Mecanic Vallée et que Thierry Coquio, patron de Filtrauto, à Marcillac, martèle à ses collaborateurs et à ses interlocuteurs.

L’Histoire de l’entreprise lui donne raison et l’évolution de l’emploi chez Filtrauto dément les conclusions hâtives de ceux qui voient dans l’automatisation une machine à casser le potentiel humain. A Marcillac, une belle entreprise de près de 200 emplois en CDI a désormais bien pris racine. Le groupe Sogefi, grâce notamment à sa division française qui représente à elle seule près de 50% de l’activité Filtrauto (soit 220 millions d’€), entend bien conforter sa position de co-leader européen dans le « top 5 » des entreprises mondiales positionnées sur le marché de la filtration. Avec des progressions de valeurs produits de près de 10% sur les 2 dernières années, Thierry Coquio se réjouit du retour en grâce de la cartouche « sertie » plus économique tout en offrant le savoir-faire haut de gamme de Purflux. Le « pli chevron » marque de fabrique du groupe est 15 à 25 % plus efficace que le pli droit et « fabriqué seulement en Aveyron ! ».

catouche sertie à pli chevron

Lorsqu’il évoque l’avenir de la filtration, l’allongement de la durée d’utilisation des filtres, la prise en compte des contraintes écologiques, les nouvelles normes, le rôle prépondérant des constructeurs sur la maintenance propre, c’est bien en expert que ce spécialiste du « chevron » et de l’emboutissage*, ancien contrôleur de gestion, intervient. Un parcours bien insolite pour ce patron néo-aveyronnais qui a démarré, il y a 22 ans dans le groupe au département finance, avant de prendre en 99 la direction d’une filiale de Filtrauto de 75 personnes à Rennes et de rejoindre en 2004 Marcillac en remplacement d’Eric Laurent aujourd’hui Directeur de Recherche et Développement de la Division. La signature « haut de gamme » de Marcillac est bien la marque Purflux qui vient d'avoir 50 ans. Formulons à cette occasion le vœu que sous la direction de ce néo-aveyronnais et fier de l’être, le site de Rodez poursuive sa progression en valeurs produits pour dépasser très bientôt les 23 millions d’unités… Si l’on en croit l’œil pétillant de Thierry Coquio, cet objectif ne devrait pas être hors d’atteinte !

*(Marcillac est à cet égard dans le groupe un centre de compétences)

Sogefi :
1 milliard d’€ de chiffre d’affaires
  40 sites
  6200 emplois
Activité filtration France (Filtrauto) :

220 millions d’€

La marque d’origine et de référence :
Purflux
Le site de Marcillac :
1ère usine du groupe en cartouche sertie qui a bénéficié d’une politique d’investissements soutenus au cours des dernières années et est ainsi devenu un centre de production de composants pour tout le groupe Sogefi.

Pour plus d'infos

Brèves, les gens ...
Béatrice Faddi, Directrice de cabinet du Préfet de l’Aveyron

Béatrice Faddi succède à Jacques Faivre à la direction des services du cabinet auprès de Georges Geoffret, Préfet de l’Aveyron.
Plus d'infos

Jean-Louis Chauzy à la présidence du CESR Midi-Pyrénées
Jean-Louis Chauzy a été réélu, pour un nouveau mandat de six ans, à la présidence du Conseil Economique et Social Régional Midi-Pyrénées.
Plus d'infos
2 aveyronnais sacrés « Meilleur Ouvrier de France »
Jean-Michel Cayron, employé à la Coutellerie de Laguiole chez Honoré Durand, et Yves Saget, artisan tailleur de pierre à Quins, ont l'un et l'autre été reconnus « Meilleur Ouvrier de France ». Le premier dans la catégorie « techniques de précision » et le second dans la catégorie « taille de pierre option grès ».
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