La lettre de l'économie en Aveyron
Mars 2009
Numéro 38


Edito

Une réponse paysanne aux apprentis sorciers de la globalisation

Il est grand temps que l’aveyronnais se décomplexe… Notre bon sens paysan et la place que l'Aveyronnais a toujours réservée à la valeur du vrai labeur et de la qualité des produits feront bientôt école. Nul besoin en effet d’un MBA d’Harvard pour comprendre que les champions des subprimes, de la titrisation, de la dérégulation, les « Madoff » et golden parachutistes ont enfumé la planète et sont partis avec la caisse. Au fantasme de la mondialisation heureuse en réalité manipulée par quelques financiers peu scrupuleux pourrait bien succéder l’esprit d’entreprise le vrai, l’enraciné, la typicité des produits antidote à la fadeur et à la morosité ambiante et bien entendu les solidarités locales.

Le succès de la nouvelle édition du Salon de l’Agriculture et le palmarès des produits aveyronnais en témoignent. Tout comme d’ailleurs, le formidable courant de sympathie que suscitent le combat de Roquefort ou la détermination et cette envie de se battre des équipementiers de notre Mecanic Vallée mobilisant même les média nationaux.

Depuis les années 90, l’Aveyron ne se définit plus économiquement comme un territoire à dominante rurale ; il demeure néanmoins un territoire de tradition rurale et nous ne pouvons que nous en féliciter. Notre système de valeurs restera pour nous tous un repère fondamental et constituera le socle sur lequel se reconstruiront les pans de notre économie les plus ébranlés par la crise. Notre façon d’aborder les vicissitudes de la vie peut avoir raison de tout.
Il est grand temps de rappeler à nos enfants que l’entreprise n’est pas un univers mafieux mais un espace de création, d’épanouissement et que l’avenir leur appartient.

Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion

Au sommaire


Macro économie

> Les Grandes Surfaces Alimentaires

Collectivités
> Les couteliers défendent leurs couleurs au salon de l’agriculture

> Agenda

Vie des entreprises
> MELILA, toujours mieux

Entrepreneurs aveyronnais
> Patrick Bourdoncle révolutionne la maison


A la Une  

Le Roquefort mobilise

Face à la nouvelle taxation du Roquefort par les américains applicable au 23 mars 2009, les réactions s’organisent que ce soit du côté des professionnels qui vivent du Roquefort ou du côté des amateurs du fromage.

L’économie du Roquefort
Quelques petits rappels qui permettront de mesurer l’atteinte portée à l’économie du Roquefort par la décision américaine de surtaxer de 300 % les importations de Roquefort. La commercialisation de ce fromage qui dès 1925 est reconnu Appellation d’Origine et qui obtient en 96 une AOP communautaire fait vivre 7000 familles en Aveyron et sur les zones « difficiles » limitrophes (Lozère, Tarn, Causses du Gard, de l’Hérault et de l’Aude) : 4500 producteurs de lait de brebis, 1800 employés industriels et 600 employés de services annexes (transporteurs…). Des chiffres qui ne font pas état des emplois induits par l’activité : commerciaux, collecte de lait, services en milieu rural… Au total, ce sont plus de 8000 personnes qui sont concernées par la filière Roquefort.
Selon le rapport d’activités 2004/2005 de l’INAO, le Roquefort représente 1/3 des exportations de fromages AOC français. En 2007, sur les 19 049 tonnes de Roquefort commercialisées (70% par la Société des Caves), 3804 tonnes ont été exportées dont 1003 tonnes vers l’Espagne, 546 vers l’Allemagne, 420 tonnes vers les USA et 415 en Belgique. Les Etats-Unis sont donc le 3ème pays pour l’exportation de Roquefort et représentent plus de 2% des ventes. Une exportation qui se pratique depuis plus d’un siècle dans ce pays. La dénomination Roquefort aux USA bénéficie de la protection d’une marque de certification. De quoi conforter les fidèles du Roquefort dans leur choix. Mais à quel prix resteront-ils fidèles au fromage ?
En début d’année, les Etats-Unis ont en effet décidé de surtaxer les importations de Roquefort de 300% en réaction « encore et toujours » à l’interdiction communautaire dans les années 90 d’importer des « viandes aux hormones ». Un conflit commercial non résolu à ce jour. L’incidence de cette ancienne prise en otage du fromage de brebis aveyronnais s’est déjà traduite par une baisse des volumes exportés et une baisse des prix de vente pour tenter d’enrayer la mévente. De juillet 99 à aujourd’hui, l’incidence financière est estimée à 17 331,27 K€. Face à l’accroissement de la mesure de rétorsion américaine, la Confédération Générale des Producteurs de Lait de Brebis et des Industriels de Roquefort qui réunit depuis 1930 tous les acteurs de la filière a 2 solutions : sortir du marché américain ou se maintenir sur le marché américain. La 1ère solution engendrera une perte de 450 tonnes soit 5,4 M€. « Non seulement il sera difficile de reconquérir le marché américain face aux autres bleus qui auront remplacé le Roquefort mais il est également très long et délicat de retrouver un marché de 450 tonnes » explique Thierry Zurcher, Directeur Général de Société des Caves de Roquefort. La 2ème solution implique de pouvoir continuer d’envoyer 450 tonnes de Roquefort aux Etats-Unis sans subir le poids de la surtaxation…

 

Les initiatives se multiplient
Face à cette situation insupportable, le Roquefort mobilise. Le dernier salon de l’agriculture était notamment l’occasion rêvée de médiatiser le « combat du Roquefort ». De grands noms de la gastronomie française ont dédié une recette toute inventée pour soutenir la cause du fromage de brebis aveyronnais. Hélène Darroze et Pierre Hermé sont venus prêter main forte à la Confédération. L’une avec une royale d’endives aux noix accompagnée d’un tartare de coquilles Saint-Jacques rehaussée d’une mousse de Roquefort, l’autre avec un lit de pâte feuilleté de fines tranches de bananes et de Roquefort agrémentées d’une ganache de chocolat. Une campagne choc « bleu, blanc, rouge » a également été lancée avec 3 visuels publicitaires déclinés dans la presse quotidienne nationale autour du slogan « Imaginez un monde sans Roquefort ».

Un site internet www.jaimeleroquefort.fr vient à l’appui avec l’objectif de rassembler pour une même cause, celle du Roquefort. Une initiative qui a déjà fait des émules ici ou ailleurs. Un groupe « Roquefort, we love you » a été créé sur facebook par une américaine installée à Saint-Affrique pour soutenir le fromage de brebis. Il existe même un mouvement d’expatriés américains contre la surtaxe du Roquefort à l’origine d’une pétition à signer sur internet http://www.thepetitionsite.com/1/support-roquefort-cheese.
Souhaitons que ce combat porte ses fruits !

 

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
L’entreprise S2A reprise par le Groupe Cauval Industries

Le cuisiniste S2A, « ex-Combettes », à Entraygues-sur-Truyère, dernièrement dans le giron de GMV ameublement vient d’être repris par le groupe Cauval Industries.

Les étoiles de l’Aveyron

Les établissements étoilés de l’Aveyron conservent leurs étoiles dans la 100ème parution du célèbre Guide Michelin : 3 étoiles pour Michel Bras, 1 étoile pour le Vieux Pont, le Moulin de Cambelong, le Grand Hôtel Auguy, Goûts et Couleurs et le Sénéchal. Une nouveauté cette année : un « bib hôtel » supplémentaire obtenu par l’hôtel Régis de Laguiole.
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L’Aveyron dans l’assiette des collégiens

Durant la période du salon international de l’agriculture à Paris, le Conseil Général avec la participation active des élus juniors « a mis l’Aveyron dans l’assiette » des collégiens aveyronnais. Ainsi du 23 au 27 février, chaque élève de collège pouvait déguster un produit aveyronnais par jour à la cantine : Laguiole, Veau d’Aveyron, Roquefort, Aligot/Viande d’Aubrac et Agneau d’Aveyron. Une opération destinée à promouvoir des aliments issus de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire aveyronnaise « produits et transformés » en Aveyron.
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La Millavoise récompensée

Lors des 1ers trophées de la formation professionnelle en Midi-Pyrénées, l’entreprise spécialisée dans le traitement des sols en terre cuite, à Millau, a reçu un trophée dans la catégorie « Moyennes entreprises » pour le co-investissement des salariés et de l’employeur.
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La coutellerie Honoré Durand récompensée

Lors du salon des saveurs de fête qui se tenait au parc des expos de la Villette à Paris, la Coutellerie Honoré Durand a reçu le prix de la qualité pour ses créations artisanales des mains de Philippe Gardette, Président de l’Ordre Culinaire.
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Trophée de la formation pour l’entreprise Sauterel

L’entreprise des cars Sauterel implantée sur le Bassin depuis un quart de siècle a obtenu le trophée régional de la formation dans la catégorie petite entreprise récompensant ses efforts en matière de formation.

 Lettre de l'économie en Aveyron - n°38 - Mars 2009 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Les Grandes Surfaces Alimentaires

Une consommation alimentaire en recul
En 2008, la forte hausse des prix des produits alimentaires (de l’ordre de 4,5%) associée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages a entraîné un recul de la consommation alimentaire en volume (-0,5%). Les restrictions de consommation que se sont imposées les français ont pénalisé l’ensemble des Grandes Surfaces Alimentaires (GSA). Les grandes surfaces ont accusé un recul de 1,6% de leur activité. Très prononcé pour les hypermarchés (recul de 2,2% du chiffre d’affaires en volume) le recul a été moins spectaculaire pour les supermarchés (- 0,8%), grâce à la présence dans cette catégorie des magasins Hard Discount (HD).
En 2009, la demande devrait rester orientée à la baisse (recul prévu de 0,3% de la consommation alimentaire des ménages en volume) mais XERFI prévoit un léger rebond d’activité pour les grandes surfaces alimentaires dû aux effets de la Loi de Modernisation de l’Economie et plus particulièrement à l’application du principe de libre négociation commerciale (fin du système des marges arrières) et aux facilités d’installation accordées aux moyennes surfaces. Le chiffre d’affaires de l’ensemble des GSA devrait progresser de 1% en volume en 2009. Cette croissance se fera probablement grâce à des gains de parts de marché au détriment du commerce indépendant.

Un changement structurel avec la hausse du nombre d’hypermarchés et l’essor du hard discount
Les GSA dominent largement le commerce alimentaire avec 67,5% de part de marché, une part stable depuis la fin des années 1990. Cette constance masque un profond changement structurel : hausse du nombre d’hypermarchés (1264 en 2003, 1594 en 2008) et surtout essor du hard discount (4350 magasins en 2008).
Les autres circuits de distribution alimentaire se situent loin derrière : 16,7% de part de marché pour l’alimentation spécialisée (en concurrence directe avec les GSA), 8,3% pour les petites surfaces d’alimentation générale et magasins de produits surgelés, 7,1% pour les autres circuits (dont marchés, Vente à Distance…).
Les parts de marché par enseigne font apparaître 3 groupes : les leaders (Leclerc, Carrefour et Intermarché) avec une part de marché de plus de 10% chacun, les challengers (Auchan, Système U et Champion) avec une part de marché comprise entre 8 et 9% et enfin les suiveurs avec une part inférieure à 5%.
Les hypermarchés sont contrôlés à 95% par 6 sociétés : Leclerc largement dominant avec 453 points de vente, Carrefour, Intermarché, Super U, Auchan et Géant Casino.
La gamme des supermarchés est dominée par Intermarché (1260 points de vente) et Champion (866).
Le parc de magasins hard discount s’était accru en moyenne de 8,3% par an de 2003 à 2006. La progression du parc hard discount a légèrement ralenti en 2007 (+ 3,7%) et 2008 (+ 3%). Lidl (contrôlé par un groupe allemand) est la principale enseigne HD en France avec 1360 points de vente, Ed (Carrefour) totalise 884 points de vente, Aldi (également contrôlé par un groupe allemand) se situe en 3ème position avec 797 points de vente devant Leader Price et Netto (Intermarché).

Les marges se dégradent…
Sur la période 2002/2008, le tableau n’est pas idyllique pour les grandes surfaces. La croissance de l’activité n’a pas été suffisante pour absorber la hausse des charges, notamment la masse salariale. Les investissements consentis pour agrandir un certain nombre de points de vente (passage de supermarchés en hypermarchés) ont pesé sur les résultats financiers. Conséquence : le taux de résultat courant avant impôt et le taux de marge économique brute se sont dégradés.
Les stratégies d’expansion se poursuivent pourtant : les groupes cherchent des relais de croissance dans les pays émergents, tentent de se diversifier (téléphonie mobile pour super U par exemple), peaufinent leurs stratégies sur le web.
La plupart des groupes adoptent une stratégie de communication sur les prix et mettent en avant leurs Marques De Distributeurs (MDD). Les MDD, repositionnées prioritairement sur les produits d’entrée de gamme sont aujourd’hui essentielles dans l’activité de la grande distribution. Elles représentaient en 2008, 36% des ventes en volume et leur part devrait encore se renforcer en 2009.

Quelles incidences pour les fournisseurs aveyronnais ?
Bon nombre de nos fabriquants se sont mis en ordre de marche pour préserver leurs marges en vue du "presse-citron" de la négociation en centrale d'achat. Deux approches se dégagent. La première consiste à investir pour faire des gains de productivité et sauver quelques points de marge même lorsque l'on est obligé de passer par la case MDD. La seconde est contenue dans un mot : la différenciation ; par une stratégie de marque à valeur ajoutée, par une typicité du produit qui le rend non comparable, par une stratégie de distribution diversifiée non monocircuit et surtout pas monoclient, par le développement de l'export... en bref, tous les moyens pour sortir de cette guerre des prix à terme destructrice de nos entreprises.

Source : étude XERFI « Grandes surfaces alimentaires » – novembre 2008

 

Agenda économique

 

SQUALIM du 18 au 21 mars 2009 à Nantes
Le Parc des expos de Nantes accueillera en mars prochain le Salon Européen des Produits Sous Signes Officiels de Qualité.

Manifestation « Si l’Aveyron m’était conté… » prévue à Toulouse les 20, 21 et 22 mars 2009
Les 20, 21 et 22 mars prochains, l’Amicale des Aveyronnais de Toulouse et de la Haute-Garonne se mobilise pour organiser sur la Place du Capitole à Toulouse, une vaste opération de communication centrée sur l’Aveyron.
Faire connaître l’Aveyron, ses produits, ses savoir-faire dans une ville qui compte quelques 60.000 aveyronnais, c’est le challenge de ce salon baptisé « Si l’Aveyron m’était conté... ».
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Conférence sur la formation des salariés et la VAE le 24 mars à 17h15 à l'amphithéâtre de l'IUT de Rodez
Le département QLIO (Qualité Logistique Industrielle et Organisation) de l’IUT de RODEZ organise une conférence sur les dispositifs de formation en entreprise et sur la Validation des Acquis de l'Expérience.
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Forum de l’emploi saisonnier le 25 mars 2009 de 13h à 17h à Millau
Afin que les chefs d’entreprise puissent dès maintenant préparer leurs recrutements saisonniers, le mercredi 25 mars de 13h à 17h se déroulera la 6ème édition du forum de l’emploi saisonnier à la salle des fêtes de Millau.
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Le salon international des solutions logistiques du 24 au 26 mars 2009 à Paris
De 9h à 18h sauf le jeudi de 9h à 17h, Porte de Versailles, pavillon 7.2, SITL Temps Réel offre un accès unique à l’ensemble des produits et services innovants dédiés à l’approvisionnement, la distribution, et la supply chain de demain.
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AG d’Agrimip Innovation le 2 avril 2009
Le pôle de compétitivité Agrimip Innovation dirigé par Patrice Roché organise son assemblée générale le 2 avril prochain à l’école d’ingénieur de Purpan à Toulouse. Il a dernièrement créé Les Clubs de l'Innovation pour favoriser les transferts de technologies.
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Collectivités

Les couteliers défendent leurs couleurs au salon de l’agriculture

Pour la 10ème année consécutive, la Chambre d’Agriculture et le Conseil Général de l’Aveyron ont permis à l’Aveyron de s’afficher au salon de l’agriculture, du 21 février au 1er mars derniers. Eleveurs, producteurs étaient au rendez-vous mais aussi des offices de tourisme aveyronnais, l’Association des plus beaux villages de France, l’Association de défense du Laguiole Origine Garantie… étaient présents sur le stand de l’Aveyron.

Chaque année, les produits issus de l’agriculture aveyronnaise ont coutume de faire vitrine commune, porte de Versailles, à Paris. Veau du Ségala, Aligot, Bœuf d’Aubrac, Vins de Marcillac, d’Estaing et bien d’autres témoignent de l’identité aveyronnaise et de la qualité du savoir-faire aveyronnais. Ce sont une dizaine d’exposants qui ont participé au salon juste à côté du stand de l’UPRA Lacaune qui représentait les produits de toute la filière, du Roquefort à la maroquinerie. La journée du 24 février était celle de l’Aveyron. Elle a vu défiler tout un tas de personnalités venues exprimer leur reconnaissance de la « qualité agricole aveyronnaise ». Les autres jours, les produits aveyronnais de référence ont fait l’objet d’animation thématique promotionnelle au sein de l’espace « filière en démarche qualité ».

D’autres acteurs que ceux du monde agricole étaient présents. Plusieurs offices de tourisme et la Maison de l’Aveyron occupaient l’espace dédié aux informations touristiques. Quant aux associations, elles se partageaient une aire réservée à l’animation, notamment l’Association des plus beaux villages de France et l’Association de défense des dénominations Laguiole et Aubrac. Cette dernière dont la vocation est de faire reconnaître les spécificités de la fabrication coutelière locale afin de lutter contre les contrefaçons était là pour promouvoir sa marque collective de certification « LOG : Laguiole Origine Garantie ». Une marque qui atteste de l’origine et de la fabrication d’un véritable Laguiole dans le respect d’un cahier des charges assurant de la qualité des matériaux utilisés et du caractère traditionnel du montage des couteaux. De quoi aviser les consommateurs des convoitises dont font l’objet les noms de Laguiole et Aubrac. « Pour les couteliers de l’association présents sur le salon de l’agriculture, le Laguiole est bien plus qu’un couteau, c’est le cœur de l’Aubrac ». Le Salon International de l’Agriculture qui cette année a connu un record d’affluence a permis aux entreprises adhérentes de l’association (Benoît l’Artisan, Coutellerie du Barry, Forge de Laguiole, Laguiole Création, Laguiole en Aubrac et la Maison du Laguiole) de défendre encore un peu plus leur savoir-faire, un savoir-faire aux couleurs de l’Aveyron.

 


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°38 - Mars 2009 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

MELILA, toujours mieux

L’entreprise MELILA à Arsac, aujourd’hui productrice d’aliments pour le bétail, de semences et négociant de produits agricoles a une progression constante depuis ses débuts. C’est le fruit d’une politique d’investissement continu avec un seul et même objectif : l’innovation permanente.

Mash fibreux

L’aventure MELILA commence en juillet 1996 suite à l’initiative de Marc GUY, ancien fournisseur d’engrais pour la distribution. Il décide de se mettre à son compte pour faire du négoce de produits agricoles : aliments pour le bétail, semences et engrais. Il embauche d’abord un commercial, puis le développement de l’activité nécessite rapidement un dépôt de stockage. L’entreprise rachète ainsi un fond de commerce, avenue de la gare, à Rodez et reprend le chauffeur par la même occasion. Petit à petit l’oiseau fait son nid. Chaque année, 1 ou 2 personnes viendront grossir les effectifs de MELILA jusqu’à atteindre 9 salariés en 2000. Parallèlement l’activité de l’entreprise commence à se diversifier : elle stocke des matières premières dans un dépôt qu’elle loue pour les « relivrer » et est devenue grossiste en semences fourragères pour Carneau. C’est en 2001 que MELILA se lance dans la production de semences de céréales et d’aliments pour le bétail sous forme de Mash (mélange de matières premières transformées pour une partie et mélassées) avec la construction d’unités de fabrication dédiées, à Arsac. Il s’agit d’un tournant pour l’entreprise, qui par ailleurs sous-traite depuis ses débuts la production d’aliments pour le bétail sous forme de granulés à Galibert, à Naucelle, à qui elle fournit la formule de fabrication. MELILA se positionne sur le marché des aliments pour le bétail tant auprès des agriculteurs qu’auprès des coopératives/distributeurs, en développant le Mash et les aliments fibreux (le MELIFIBRE®). Si bien que certains de ses concurrents deviennent des clients. En 2006, elle construit un nouveau bâtiment pour fabriquer du fibreux artisanal. Et les résultats sont là : MELILA produit 17000 tonnes de Mash et de MELIFIBRE® par an. Associées aux 3000 tonnes de granulés sous-traités et aux 5000 tonnes de matières premières, cela représente 62% du chiffre d’affaires. Les semences céréales (1200 tonnes), les semences fourragères et divers produits agricoles (engrais, autres semences, phytosanitaires, plastiques agricoles…) se partagent le reste. Au total, ce sont 11 millions d’€ que réalise cette PME aveyronnaise qui ne cesse d’aller de l’avant.

Projection du nouveau bâtiment de MELILA à Arsac

Avec le MELIFIBRE®, MELILA a investi dans la recherche. « Nous allons développer un programme de recherche avec l’INRA. Nous souhaitons faire mieux que ce que l’on faisait avant en associant des compétences externes » explique Marc GUY, dirigeant de l’entreprise. Un nouveau bâtiment dont les travaux devraient commencer d’ici peu sera entièrement voué à la fabrication du Mash et du MELIFIBRE® jusque là artisanale. Un investissement qui représente 3,7 millions d’€ et qui permettra d’embaucher 10 à 15 personnes sur différents types de postes (chauffeur, technicien culture, recherche, poste administratif…) dans les 4 années à venir. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 17 salariés et tente de faire face à une demande croissante. En se dotant d’un outil industriel plus performant et en misant sur l’innovation, MELILA satisfera encore plus ses clients du Grand Sud Ouest, « de Lyon au Pays Basque » selon les mots de Marc GUY.

 

Innovation : produits, services, marques...
Un gant de traite créé par le Sac du Berger

Jean-Pierre Romiguier, fondateur de la société Le Sac du Berger dernièrement labellisée « entreprise du patrimoine vivant », se lance dans la fabrication d’un nouveau produit : un gant de traite.
Plus d'infos

Le couteau des Jeunes Agriculteurs

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron ont présenté « leur » couteau au salon de l’agriculture : un Laguiole avec un manche en corne de vache, fabriqué par la Forge, accompagné d’une lanière de cuir Capdebarthes.

Un livre sur le porc aveyronnais

144 pages dédiées au porc aveyronnais : histoire, témoignages, anecdotes, recettes constituent l’ouvrage paru aux éditions « Toute Latitude » réalisé en partenariat avec le Lycée Beauregard et signé Boris Cortijos.

L’Aveyron à l’honneur au salon de l’agriculture

Les fromages médaillés :
Médaille d’or pour :          le Jeune Montagne vieux
                                        le Roquefort Baragnaudes Société (Société Fromagère de Réquista)
                                        le Pitchounet (Gaec des Grands Causses)
                                        le Bleu des Causses (Société Fromagère de Rodez)
Médaille d’argent pour :   la Pastourelle noir cru (Fromageries Occitanes)
                                         le Bleu de Sévérac (Gaec des Grands Causses)
                                         l’Izarou (Gabriel Coulet)
                                         le Rondelé au bleu (Société Fromagère de Rodez)
Médaille de bronze pour : le Roquefort demi-pain Crouzat,
                                         le Roquefort 1863 Société
                                         le Roquefort Templier Société
                                         le Lou Pérac (Société Fromagère de Saint-Georges)
                                         l’Ibagui (Gabriel Coulet)
                                         le Brebille Papillon (SAS Fromagerie Papillon)

Les vins médaillés
:
Médaille d’or pour :           le Domaine de Laurens (Gaec Clairvaux) en AOC 2008 rosé
                                         le Domaine Montrozier (les Vignerons des Gorges du Tarn) en Côtes de Millau 2007 rouge
Médaille d’argent pour :    le Tradition Paredous (Cave des Vignerons du Vallon) en AOC 2007 rouge

Autres produits médaillés
:
Médaille d’or pour :           le foie gras de canard entier en conserve avec assaisonnement simple (La Drosera Gourmande)
Médaille d’argent pour :    le saucisson rosette (Maison Linard)
Médaille de bronze pour : le T d’Aubrac (Marius Bonal)

  Lettre de l'économie en Aveyron - n°38 - Mars 2009 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Patrick Bourdoncle révolutionne la maison

Patrick Bourdoncle est un homme de projets. A la tête de la Métallerie du même nom localisée à Firmi et à Goutrens, le jeune entrepreneur n’a de cesse de diversifier son activité. Son dernier projet, en collaboration avec la Société Patwil : une maison préfabriquée en usine avec des murs à ossature tubulaire inaltérable et imputrescible.

De la suite dans les idées
Patrick Bourdoncle est un enfant du pays. Originaire d’Aubin, il est né à Decazeville. C’est tout naturellement dans le bassin qu’il mènera son « existence à l’entreprenariat précoce ». À tout juste 23 ans, CAP, BEP chaudronnerie/métallerie et brevet de maîtrise de la Chambre de Métiers en poche, il rachète à son ancien patron l’entreprise Martinez, à Combes, dans laquelle il a déjà travaillé 5 ans. Aujourd’hui, Monsieur Martinez pourrait être fier de son jeune successeur qui a su développer l’activité et surtout la diversifier. A l’activité initiale de construction métallique, serrurerie et métallerie pour le bâtiment se sont ajoutées les activités de traitement de surface par métallisation (contre la corrosion des aciers), de fabrication de caissons polybennes, de fabrication en série de divers contenants pour la collecte de déchets et dernièrement de fabrication industrialisée de maisons. Lorsqu’on demande à Patrick Bourdoncle comment il en est arrivé là, il répond : « Il y a d’abord la volonté et la compétence de mes collaborateurs, puis la qualité du travail qui a fait augmenter les demandes. A la suite de quoi, il a fallu trouver des solutions pour y répondre ». Aujourd’hui, la Métallerie Bourdoncle qui ne comptait que 3 salariés à ses débuts en compte 33, répartis sur le site de Firmi dont le bâtiment a été construit en 2000 et sur le site de Goutrens racheté il y a 3 ans. Elle réalise 4 millions d’€ de chiffre d’affaires. Après s’être lancée dans la fabrication en série de conteneurs spéciaux pour déchets, l’entreprise n’a sans doute pas fini son ascension au vu de l’engouement exprimé pour les réalisations de Thermo Plus Constructions.

Une maison révolutionnaire
Ce projet est né de la rencontre de Patrick Bourdoncle et de Willy Furter, initiateur du concept d’isolation des murs. Séduit par ce process, l’entrepreneur firminois décide de le mettre en application sur des murs de structures porteuses métalliques galvanisées inaltérables et imputrescibles afin d’élaborer une maison « thermo économique ». Si bien que la société Thermo Plus Constructions est créée et le 1er prototype est monté à Goutrens en décembre 2007. Résultat : un T4 de 87 m² à 89000 € hors terrain et hors raccordement livré en 6 semaines. 8 modèles sont aujourd’hui développés, du T2 au T5 avec des options (garage, abris voiture, terrasse…). L’objectif de l’entrepreneur est d’être un acteur majeur de la filière maison individuelle pour le particulier, les pavillonneurs et promoteurs. « Ma vocation n’est pas de construire des maisons mais de développer des processus industriels synonymes de réduction des coûts. Ainsi le plus grand nombre pourra accéder à la propriété. Mon but est d’enrichir un réseau de partenaires sur tout le territoire Français » explique Patrick Bourdoncle qui prévoit d’embaucher 50 personnes à terme. De belles perspectives pour l’emploi en Aveyron en plus des opportunités engendrées pour l’artisanat local (charpentier, électricien…) et des nouveaux marchés créés pour les entreprises locales avec des produits spécifiques aux maisons.
Patrick Bourdoncle est un homme de projets, de projets novateurs.

Pour plus d'infos

Brèves, les gens ...
Michel Léonard passe le relais
Le Président du Directoire de Lactalis, Michel Léonard, prendra sa retraite en fin d’année. Il cédera la direction opérationnelle à Daniel Jaouen, Directeur Général des affaires internationales du groupe, au 1er janvier 2010.
Plus d'infos
Gérard Boissins quitte son poste de PDG de Causse Gantier

Manuel Rubio succède à Gérard Boissins à la Présidence de la SAS Gant Causse (Causse Gantier) et de la holding Grands Causses Investissements. Gérard Boissins reste au conseil de surveillance.
Plus d'infos

Catherine André distinguée pour l’export
Lors des 1ers trophées de l’export Midi-Pyrénées, l’entreprise Catherine André à Millau a remporté le Trophée Export « entreprise expérimentée » soulignant au moins 5 ans d’expérience à l’export et un chiffre d’affaires réalisé pour plus de 50% à l’export dans au moins 5 pays différents.
Plus d'infos
Max Capdebarthes reçoit le prix des métiers d’art
Le sellier maroquinier, Max Capdebarthes, à Sauveterre-de-Rouergue, recevait en janvier dernier, des mains des Présidents de la Chambre de Métiers et du Conseil Général, le prix départemental des métiers d’art.
Plus d'infos
Catherine de Casas et José Fernandes ont reçu le prix de la Sema
Ces 2 céramistes installés depuis 25 ans à Luc-de-Blauzac, près de La Salvetat-Peyralès ont été récompensés du prix de la Société d’encouragement aux métiers d’art pour leur réalisation : un calice de l’époque claudienne.
Christophe Vieu quitte ses fonctions de Directeur de la Communauté de Communes du Saint-Affricain
L’ancien Directeur de l’intercommunalité du Saint-Affricain rejoint la Communauté de Communes d’Uzès.
Pierre-Emmanuel Vidal, nouveau Directeur de la Communauté de Communes Vallée du Lot et du Vignoble
Pierre-Emmanuel Vidal succède à Alain Jutier.
Plus d'infos
Agnès Paillard, DG d’Aerospace Valley
Agnès Paillard a été nommée Directrice Générale du pôle de compétitivité Aerospace Valley.
Plus d'infos
Michel Peyron, Directeur de l’ADEME Midi-Pyrénées
Suite à la nomination de Jean-Marie Fraysse comme conseiller auprès de la directrice de l'action internationale de l'Ademe, Michel Peyron, ancien délégué régional adjoint devient délégué régional de l’Ademe Midi-Pyrénées.
Plus d'infos
 Lettre de l'économie en Aveyron - n°38 - Mars 2009 - Page 4