La lettre de l'économie en Aveyron
Juil./Août 2009
Numéro 42


Edito

Le tourisme en Aveyron : une filière économique à part entière

Nouveau symbole de la dynamique aveyronnaise, Brocuéjouls et son aire de vision du Viaduc récemment inaugurée nous interpellent par le nombre impressionnant de ses visiteurs et la mise en scène des atouts de l’Aveyron.

Les premières indications du CDT et des professionnels du tourisme nous laissent penser que la saison estivale n’aura pas été aussi orageuse que ce qui était redouté en début d’année du fait de la crise. Lorsque le client est respecté et que lui est proposée une gamme diversifiée de produits parfois insolites, la réussite est au bout du chemin.

Avec un peu plus de 300 millions d’€ de chiffre d’affaires, l’Aveyron touristique se taille la part du lion. Certes ramené au chiffre de l’économie industrielle boostée par l’agroalimentaire et la mécanique, le tourisme ne pèse encore que 6 % du chiffre d’affaires aveyronnais mais c’est tout de même l’équivalent de la filière « Technologies de l’Information et Communication » (génie logiciel et informatique). C’est surtout un formidable faire-valoir pour l’ensemble du département. En forte adéquation avec l’image de l’éco-territoire aveyronnais et de ses produits notamment alimentaires et artisanaux, la carte du tourisme reste un atout maître pour un département qui a toujours cultivé une harmonie subtile entre art de vivre et activité.


Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

 
Au sommaire

A la Une
> Le TPG plus que jamais au cœur de l’économie aveyronnaise


> Telex de l'économie

Macro économie
> L’Aveyron accueille de nouvelles populations

Collectivités
> L’aire du Viaduc de Millau terminée

> Agenda

Vie des entreprises
> Quand les Bergers du Larzac s’organisent…

> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Marc Péna et Frédéric Fages, des hommes au service de l’environnement

> Les gens

> Lu pour vous

> Lire les news précédentes

A la Une  

Le TPG plus que jamais au cœur de l’économie aveyronnaise

En réponse à la crise financière qui depuis l’été 2008 paralyse le système bancaire et impacte aujourd’hui notre économie, le gouvernement a mis en place un plan de financement à l’économie et un plan de soutien à l’activité et aux entreprises avec notamment un dispositif de mise en œuvre de solutions destinées à faire face à cette crise autour de 3 pivots départementaux : le Préfet, le TPG (Trésorier Payeur Général) et le Directeur de la Banque de France. C’est dans ce cadre que la mission de médiation du crédit et la réactivation des outils CODEFI (Comité Départemental d'Examen des Difficultés de Financement des Entreprises) et COCHEF (Commission des Chefs des Services Financiers) s’inscrivent. Albert Souchon, TPG, explique qu’en Aveyron ce dispositif a été « aussi facile si ce n’est plus facile à mettre en œuvre qu’ailleurs au vu des bonnes relations de coopération qu’entretiennent les services de l’Etat, les services bancaires ainsi que les services des collectivités et des partenaires économiques ». Si bien que dès le mois de novembre 2008, a démarré la Commission Départementale de Financement de l’Economie présidée par le Préfet qui regroupe banquiers, représentant économiques (syndicats patronaux, fédérations professionnelles…) et institutionnels (consulaires, Aveyron Expansion…). Elle se réunit au moins une fois par mois afin d’assurer le suivi des concours bancaires aux entreprises. Rappelons que 100 milliards d’€ ont été mobilisés avec la garantie de l’Etat au bénéfice des banques. « Les griefs sur la façon dont les banques accordent les prêts aux entreprises sont moindres en Aveyron car les banques aveyronnaises sont des banques de proximité attachées au territoire » lance Albert Souchon qui n’élude pas pour autant certains problèmes rencontrés ponctuellement. Fin juillet, 70 entreprises aveyronnaises représentant plus de 1000 emplois ont saisi la médiation du crédit, soit à peine 1% des entreprises qui ont sollicité le « médiateur ». Il s’agit pour la plupart de TPE et de petites PME des secteurs du petit commerce, du BTP, de l’hôtellerie restauration et des transports. « Bien qu’avec la baisse de la TVA juste avant les vacances, la médiation du crédit est désormais moins saisie par l’hôtellerie-restauration » ajoute le TPG. La filière bois et la filière automobile que l’on sait par ailleurs éprouvées par la crise n’ont pas « épousé » ce dispositif car les difficultés de la 1ère relèvent d’un problème structurel et les sous-traitants automobiles ont eu recours au chômage partiel. Sur les 70 dossiers qui ont saisi le médiateur en Aveyron, la totalité a été prise en charge (contre 79% au niveau national) et 10% ont été transmis aux CODEFI, COCHEF. Quant aux banques devenues frileuses en raison des risques financiers pris auparavant, elles se voient « bénéficier » du dispositif de contre garantie par OSEO. Ce qui a permis de débloquer un certain nombre de dossiers.

Lorsqu’on demande au TPG ce qu’il en est de l’avenir, il répond avec prudence que les indicateurs économiques laissent penser que le pire de la crise économique est derrière nous. « La tendance boursière et le redressement du cours des matières premières positivent l’atmosphère internationale. La demande nationale, moteur économique a baissé mais ne s’est pas effondrée ; le pouvoir d’achat se maintient en raison des dispositions gouvernementales ; l’inflation a disparu (-0,7) ; la balance commerciale reste déficitaire mais pèse moins négativement. Si bien que la chute libre des 4ème trimestre 2008 et 1er trimestre 2009 est stoppée. On note même quelques soubresauts positifs des indicateurs économiques. Malheureusement, les indicateurs sociaux mettent toujours du temps à suivre. En Aveyron, la tendance est la même mais les bases financières des entreprises aveyronnaises sont généralement saines. » précise Albert Souchon. De quoi rassurer nos entreprises aveyronnaises pour le TPG qui s’investit dans ces dispositifs de soutien à l’économie. Pour cela, il s’est donné pour objectifs de réduire encore le délai de paiement des dépenses publiques, de faire connaître au mieux les dispositifs d’aide financière et fiscale au service des entreprises (comme le Crédit Impôt Recherche par exemple) et de prendre en charge les difficultés des entreprises avec le CODEFI et la COCHEF.

Si vous avez des difficultés liées au financement auprès des banques, vous pouvez saisir la médiation au crédit :

- directement sur le site dédié http://www.mediateurducredit.fr/

- par téléphone auprès de la Banque de France (05 65 73 38 00)

et le CODEFI ou la COCHEF en contactant, à la Trésorerie Générale, Mlle COURTIGEOL (05 65 75 40 42) ou M. DERRUAU (05 65 75 40 60).

Vous pouvez également consulter les différentes aides aux entreprises


Telex... l'économie aveyronnaise en bref
La Sefee décroche un marché pour l’Airbus A350

Fin juin, la Société d’Etudes et de Fabrication Electroniques et Electriques (Sefee) du groupe Amphenol, implantée à Saint-Affrique a remporté un marché Airbus de plusieurs millions d’€ pour 5 ans. Elle concevra et réalisera les faisceaux de test pour les entrées d’air des moteurs de l’A350.
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10 ans déjà pour le coutelier Benoît l’Artisan à Laguiole

En juillet dernier, Benoît Mijoule, artisan coutelier, fêtait les 10 ans de son entreprise « créée le 2 avril 1999 exactement » se souvient-il. Il s’est d’abord lancé dans un magasin puis a repris l’atelier de son père en 2001. Aujourd’hui, ce jeune trentenaire est à la tête de 5 salariés (3 couteliers et 2 vendeurs) et 1 apprenti. On lui doit des produits originaux comme le Tribal : un couteau de Laguiole que Benoît Mijoule a voulu moderne.
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La Gentiane d’Aubrac de Marius Bonal primée

Lors des dernières européennes du goût à Aurillac, Guy Cayssials à la tête de l’entreprise Marius Bonal a vu sa Gentiane d’Aubrac récompensée d’un Goudot d’argent. Espérons que la dernière nouveauté de la maison Bonal : le « Bleu », pastis aveyronnais rencontre le même succès. Il s'agit d'un pastis bleuté « avec son goût bien à lui » selon les mots de Guy Cayssials. Il devrait da'illeurs faire l’objet d’une gamme de verres et de carafes à son effigie.

Foison de récompenses pour le rosé Marcillac 2008 AOC du domaine de Laurens

Le vin rosé Marcillac 2008 AOC du domaine de Laurens à Clairvaux a décroché tous les honneurs cette année : 3 médailles d’or au concours général à Paris, Toulouse et Candas et une médaille d’argent au mondial du rosé à Cannes. Si bien que Michel Laurens est en rupture de stock sur le produit depuis le 1er août !
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L’Aubrac Corner, annexe du restaurant la Maison de l’Aubrac à Paris

Une annexe de la Maison de l’Aubrac, dédiée aux spécialités aveyronnaises, a été ouverte au mois de juillet. Elle délivre des plats cuisinés maison et des produits du terroir. Un espace caviste devrait venir compléter le tout.
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Une nouvelle licence pro à l’IUT de Rodez

La Licence professionnelle « chargé de communication et de relation client » fait ses débuts à la rentrée 2009 à l’IUT de Rodez. Une Licence professionnelle Logistique devrait voir le jour à la rentrée 2010.
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Partenariat des pôles de compétitivité Aerospace Valley, Mer paca et Mer Bretagne sur l’océanographie

Les 3 pôles de compétitivité unissent leurs compétences afin de développer des innovations marchandes d’"océanographie opérationnelle".

 Lettre de l'économie en Aveyron - n°42 - Juil./Août 2009 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

L’Aveyron accueille de nouvelles populations

Au moment où l’INSEE vient de communiquer les données définitives du recensement daté du 1er janvier 2006, il n’est pas inutile de revenir sur les résultats pour l’Aveyron et d’en approfondir l’analyse à l’aune des grandes tendances nationales.

Une attractivité confirmée
Ainsi que cela a pu être dit ou écrit, l’Aveyron, comme l’ensemble des départements de Midi-Pyrénées et par extension, les territoires du sud de la France, attire de nouvelles populations.
Après une longue période de décrue, par le jeu de mouvements migratoires excédentaires, chaque année depuis 1999, date du précédent recensement, l’Aveyron gagne des habitants. En effet, ce sont les migrants, les néo-aveyronnais, qui ont permis ce gain de population de près de 10 000 habitants (273 380 habitants en 2006 contre 263 924 en 1999). La variation due au solde naturel demeurant négative (l’écart entre les naissances et les décès entre 1999 et 2006 a fait perdre 3 500 habitants au département de l’Aveyron), l’arrivée de nouvelles populations est bien un phénomène d’envergure.
Le solde migratoire a donc permis un accroissement net de 13 000 habitants. 27 000 arrivées et 14 000 départs sont les données des mouvements continus de population entre l’Aveyron et les autres départements, les autres régions ou les pays étrangers.
L’Aveyron a ainsi accueilli 27 000 néo-aveyronnais depuis 1999. Ces personnes sont en très grande majorité (71%) originaire d’une autre région de France, 21% ont émigré d’un autre département de Midi-Pyrénées et 8% proviennent d’un pays étranger.

Qui sont les néo-aveyronnais ?
Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas des retraités qui rejoignent notre département, mais des actifs, des familles avec enfants. Les retraités ne représentent en effet que 16% des migrants, 54% étant des personnes actives (taux identique à celui de la région Midi-Pyrénées) et 30% des enfants, étudiants ou conjoints sans activité professionnelle.
Ainsi, les néo-aveyronnais sont plutôt jeunes : 30% ont entre 5* et 24 ans, 50% ont entre 25 et 54 ans et les plus de 55 ans représentent 20% de la population étudiée. L’Aveyron n’est donc pas à l’écart de l’important flux migratoire des jeunes qui fait de Midi-Pyrénées la région la plus attractive de France pour les 18-24 ans.
S’agissant des actifs, l’Aveyron se distingue un peu de la moyenne régionale. Les employés et ouvriers représentent 53% des actifs migrants en Aveyron (contre 43% en moyenne en Midi-Pyrénées et 26% au plan national). La forte attractivité de Toulouse pour les cadres fait grimper la moyenne régionale à 23% quand l’Aveyron n’attire que 13% de cadres parmi ses actifs (taux identique à la moyenne nationale). En revanche, espace rural en demande, l’Aveyron attire en plus forte proportion des artisans, commerçants ou chefs d’entreprises (7% contre 5% en Midi-Pyrénées et 2,8% au plan national).
Le grand sud a de nombreux atouts à faire valoir par rapport à d’autres territoires : climat, absence de stress, accessibilité du foncier mais aussi accès aux services, aux loisirs, …
L’Aveyron s’inscrit pleinement dans cette offre différenciée de bien-être.

Source : INSEE – recensements de population de 1999 et 2006
* Les données de l’INSEE portent sur la population de 5 ans ou plus.

 

Agenda économique

 

Appel à projets TIC pour le commerce de proximité jusqu’au 25 septembre
4 appels à projets nationaux, portant sur des projets innovants et rassembleurs, sont prévus sur 4 thèmes spécifiques : commerce et TIC ; commerce et services connexes ; commerce et environnement ; commerce et accessibilité… Le 1er sur le commerce et les TIC a été lancé et est ouvert jusqu’au 25 septembre.
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Appel à projets d’installation photovoltaïque jusqu’au 1er octobre
La préfecture de région Midi-Pyrénées lance avec le conseil régional et l’Ademe un appel à projets d’installation photovoltaïque financé par le Feder. 2 types d’installations sont visés : la pose de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments de collectivités, organismes de logement social et PME et l’installation de panneaux au sol en alternative à des difficultés de raccordement. 250 000 € par projets (enveloppe de 4 millions d’€) peuvent être attribués.
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Dépôt des dossiers pour les Inn’Ovations 2009 jusqu’au 2 octobre
Le concours régional des Inn’Ovations 2009 de Midi-Pyrénées Innovation est ouvert jusqu’au 2 octobre. Il récompense les meilleurs projets innovants de Midi-Pyrénées dans tous les secteurs d’activité : produits, procédés ou services proposés conjointement ou indépendamment par des entreprises, labos et équipes de recherche publics, créateurs d’entreprise innovante, lycée technologique et professionnels ou agricoles. Les candidatures sont à compléter sur www.mp-i.fr. La cérémonie de remise des prix aura lieu le 3 décembre.

L’appel à candidatures Midinvest 2009 lancé
Entrepreneurs en recherche d’investissement, devenez lauréat Midinvest et bénéficiez d’un accompagnement qui vous permettra d’optimiser vos rencontres avec les investisseurs. Les rencontres Mid auront lieu le 5 novembre à Toulouse.
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Collectivités

L’aire du Viaduc de Millau terminée

Le 10 juillet dernier, les différentes collectivités partenaires de l’aménagement et de la rénovation de l’aire de Brocuéjouls, plus connue sous le nom d’aire du Viaduc de Millau, étaient réunies pour inaugurer le fruit de leur coopération.

L’aire de Brocuéjouls qui surplombe Millau sur l’axe routier A75 permettait déjà depuis quelques années d’admirer le célèbre Viaduc dessiné par Sir Norman Foster inauguré en décembre 2004. Aujourd’hui dans sa configuration définitive, elle permet aussi d’en savoir plus sur l’Aveyron et sur les grands sites de Midi-Pyrénées. Avec près d’un million de visiteurs par an, l’aire du Viaduc de Millau est le 2ème site le plus visité de Midi-Pyrénées (Lourdes est le 1er site). Le point de vue qu’elle offre sur l’ouvrage est très prisé d’autant plus qu’il s’agit de l’unique « aire de vision » autorisée, sécurisée et aménagée pour le grand public.

3 espaces se partagent l’aire : un espace dédié au Viaduc géré par CEVM (Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau), un espace gourmand tenu par les non moins célèbres frères Bras et un espace d’information/promotion « territoriale ». C’est ce dernier qui a finalisé l’aménagement de l’aire : un ancien corps de ferme et une grande bergerie voûtée ont été entièrement rénovés afin de constituer un parcours voué à la découverte de l’Aveyron entre exposition des savoir-faire locaux et présentation du territoire. Un parcours jonché de vitrines, films, animations numériques, totems, maquettes… dans un univers de pierres, de verre et de métal entre tradition et modernité comme aiment à le rappeler les collectivités partenaires. Département, Région, Etat et Europe ont investi près de 5 millions d’€ pour financer l’ensemble de l’aménagement de l’aire.

 


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°42 - Juil./Août 2009 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Quand les Bergers du Larzac s’organisent…

Raccourcir le circuit entre le producteur et le consommateur, tel était le pari du groupe d’agriculteurs, avec à sa tête André Parenti, qui a fondé la coopérative fromagère des Bergers du Larzac à La Cavalerie. Aujourd’hui, c’est toujours avec autant de conviction que les caussenards relèvent ce défi.

Les résultats 2009 de la coopérative - 1,7 million de litres de lait de brebis collectés auprès de 18 fermes représentant une trentaine d’agriculteurs de La Couvertoirade à Espalion, 40 fromages différents fabriqués en bio et en « conventionnel », 3,2 millions d’€ de chiffres d’affaires - sont issus de 16 années de labeur. « Il a d’abord fallu 3 ans de boulot pour monter ce projet » explique le directeur de la coopérative, André Parenti, ancien exploitant agricole qui avait la volonté de maîtriser la transformation du lait pour une meilleure plus-value. A la suite de quoi la coopérative des Bergers du Larzac a été constituée le 19 décembre 1995 et la 1ère cuve remplie le 8 avril 1996 par les 6 exploitations caussenardes co-fondatrices. Le nombre de producteurs laitiers coopérateurs s’est rapidement accru et le territoire de collecte du lait étendu au Lévézou. Aujourd’hui, Les Bergers du Larzac s’approvisionnent jusqu’à Bozouls/Estaing. Si bien qu’un fromage porte même le nom de « Tomme d’Estaing » : fromage de brebis à pâte pressée non cuite. « Avec l’Encalat (pâte molle), il s’agit de fromages tendance car ils sortent de l’ordinaire » précise André Parenti. Mais le produit phare des Bergers du Larzac reste la Marotte : tomme au lait de brebis. C’est la pâte pressée qui a fait la notoriété de la coopérative fromagère. Au total, les Bergers du Larzac fabriquent près de 40 fromages, soit 7 process en conventionnel et 5 en bio déclinés chacun en 5, 6 fromages ! « Par exemple, pour un seul et même process comme la pâte pressée mi-cuite, il existe 7 formats différents » détaille André Parenti. Ces fromages affinés en cave naturelle à La Bastide Pradines se retrouvent dans toute la France mais aussi en Allemagne et en Belgique et atterrissent parfois même au Japon par l’intermédiaire de clients grossistes. 40% du marché de la coopérative est détenu par des crémiers « forains », 40 % par des grossistes ou crémiers « fixes » et 5% par la grande distribution. La vente directe qui ne comptait jusqu’à présent que quelques habitués sera développée dans le cadre des nouveaux bâtiments où 50 m² seront dédiés.

Effectivement trop à l’étroit, les Bergers du Larzac ont investi la zone d’activités Millau Sud avec 2000 m² de locaux qu’ils intégreront à la fin de l’année. Un tournant pour la coopérative ! 500 m² permettront de finir l’affinage des grosses pièces commencées à la Bastide. Les conditions de travail seront meilleures améliorant par conséquence la productivité et la qualité des fromages. Les effluents seront méthanisés afin de produire de l’énergie, l’eau sera recyclée et le matériel changé. Une nouvelle vie pour la coopérative qui emploie déjà 22 salariés et qui prévoit dans les 4 années à venir d’embaucher 5 personnes supplémentaires. Les bergers du Larzac font vivre au total plus de 50 familles.
Prochain objectif : développer le bio (déjà très présent). « Si la part du bio ne représente que 30% du tonnage des produits finis, c’est relatif car nous fabriquons beaucoup de tommes en bio qui nécessitent plus de lait » explique le directeur. Actuellement 1/3 des producteurs coopérateurs sont labellisés agriculture biologique. Une belle performance à laquelle ne compte pas s’arrêter la coopérative. Elle vise 60% de ses producteurs en bio pour 2012.

Innovation : produits, services, marques...
Une marque « Porc Citoyen » à l’initiative d’un collectif de 7 agriculteurs de l’Aveyron, du Tarn, du Cantal et de la Corrèze

La marque « Porc Citoyen » garantit une provenance locale et la qualité du produit : une alimentation saine des cochons, des frais de transport réduits, des prix maîtrisés, un circuit court entre producteur et consommateur. Les agriculteurs ont choisi de garder la maîtrise de la filière en restant propriétaires du produit jusqu’à son arrivée au supermarché. Ils sous-traitent le transport, l’abattage et la transformation.

Des camions aux couleurs « Raynal et Roquelaure » et « Zapetti »

La société Raynal et Roquelaure et l’un de ses transporteurs, Miquel à Viviez, ont réalisé une opération communication. L’entreprise agroalimentaire a désormais 4 camions à l’effigie de ses marques « Raynal et Roquelaure » et « Zapetti ».
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Des stars à La Forge de Laguiole au profit de l’association « Tout le monde chante contre le cancer »

Le pari de Thierry Moysset : faire fabriquer un couteau à Christophe Dechavanne, Liane Foly, Christophe Maé… et d’autres « people » venus participer à l’opération « Tout le monde chante contre la cancer » à Villefranche-de-Rouergue afin de l’offrir à un enfant lors de l’événement en juillet dernier. En novembre, une vente aux enchères organisée par La Forge à la Tour Eiffel aura également lieu au profit de l’association « Tout le monde chante contre la cancer ».
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1ère récolte de safran en Aveyron

Tekla et Didier Lang, les seuls safraniers de l’Aveyron, installés à Lassouts ont remporté leur pari. Ces anciens alsaciens ont choisi la Vallée du Lot pour cultiver 700 m² d’or rouge. Leur 1ère récolte est probante.

  Lettre de l'économie en Aveyron - n°42 - Juil./Août 2009 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Marc Péna et Frédéric Fages, des hommes au service de l’environnement

Avec le rachat de Déchets Services 12 à Savignac, en 2007, Marc Péna, ambassadeur du recyclage, offre à l’Aveyron ce qu’il a de meilleur : Frédéric Fages. Le Groupe Péna met l’un de ses jeunes poulains à la tête de l’entreprise aveyronnaise.

Marc Péna

Marc Péna est issu d’une famille d’entrepreneurs, de métallurgistes bordelais. Il a tout naturellement suivi cette lignée mais ne s’en est pas contenté. Aujourd’hui à la tête du groupe Péna qu’il a doucement constitué, Marc Péna a su se démarquer en s’orientant sur des activités environnementales. Il a d’abord travaillé avec son père, récupérateur et marchand de métaux puis au début des années 90 il a créé ses propres entreprises : Péna Métaux et Péna Environnement. Il a investi petit à petit la collecte et le recyclage des déchets en traitant dans un premier temps les déchets banals et dans un deuxième temps les déchets dangereux. L’entrepreneur aurait pu s’arrêter là. Mais à l’orée de l’an 2000, avec l’ouverture d’un site à Saint-Jean-D’Illac, il se lance dans un nouveau métier : celui des déchets organiques avec le compostage, poussant ainsi l’entreprise à innover et à développer sa propre technologie, Adonis. « A la suite de quoi, nous avons commencé à vendre des usines de compostage clef en main par l’intermédiaire d’une société dédiée, Amendor » explique le PDG bordelais dont la devise pourrait être « toujours plus loin ». Face au succès de ses entreprises, Marc Péna continue d’investir et s’aventure en 2005 dans la fabrication de combustibles de substitution à partir de déchets. Aujourd’hui ce sont 2000 tonnes par mois de combustibles de substitution qui sont produites à Mérignac et l’entreprise parvient à 80% du recyclage des déchets qui entrent dans ses murs. Une performance qui fait inévitablement de Marc Péna un acteur important du recyclage en France. Mais pas seulement car après avoir racheté Déchets Services 12 en Aveyron, le groupe Péna a ouvert une filiale au Brésil qui vend des usines de compostage et propose les technologies de fabrication des combustibles de substitution dans toute l’Amérique du Sud. Il a développé une technologie, un savoir-faire autour du tri, du broyage, de la fabrication d’un produit régulier, d’un produit industriel… « On a encore beaucoup à faire. On est capable de recycler 80 % des déchets ménagers à travers le compostage et la fabrication de combustibles de substitution. Et on espère que les combustibles de substitution seront bientôt reconnus par les fabricants de chaudières » ajoute Marc Péna. Un combat que l’homme mène au travers de ses différentes représentations. Après avoir présidé le syndicat régional des entreprises du recyclage (FEDEREC) de 1995 à 2002, Marc Péna préside le syndicat national des entreprises de collecte et de valorisation des déchets industriels (VALORDEC). « Dans ce cadre, j’œuvre pour la reconnaissance et la promotion des déchets industriels à travers le compostage, la fabrication des combustibles de substitution. Je me bats pour faire reconnaître ces combustibles comme un produit et non comme un déchet » lance le PDG qui représente aussi la fédération du recyclage au sein d’un comité d’experts européens. Il s’agit de développer une véritable filière pour l’homme. Mission qu’il a déjà entreprise en créant, lors de son mandat de Président de syndicat de FEDEREC, une formation sur les métiers du recyclage à Bordeaux, la première en France. Une formation qui a fait des émules puisqu’une licence universitaire équivalente a été créée et la formation « Péna » est en cours d’homologation. Elle forme notamment des responsables d’exploitation d’entreprises du recyclage tel Frédéric Fages, l’un des nouveaux jeunes dirigeants aveyronnais, à la tête de Déchets Services 12.

Frédéric Fages

Les préoccupations environnementales de Frédéric Fages l’ont conduit dans le Groupe Péna. Après une formation aux métiers de l’eau, le jeune landais a souhaité élargir son champ de compétences en intégrant la formation créée par Marc Péna. Dans une continuité toute naturelle, en 2003, il rejoint le groupe bordelais et débute en tant que commercial. Sa mission : proposer les prestations de services de Péna Environnement. Frédéric Fages évolue avec le développement des activités et le développement géographique du groupe à la disposition duquel il met toute son énergie. Une histoire qui fonctionne bien entre le « jeune poulain » et son « écurie ». Si bien qu’en 2007, le groupe Péna propulse Frédéric Fages à la tête de Déchets Services 12 qu’il vient de racheter. Le jeune landais devient un entrepreneur aveyronnais mais surtout l’acteur d’ « une reprise radicale en terme d’image et de savoir-faire » selon ses mots. Il a mené une phase d’investissement et de travaux importants dont découle la nouvelle configuration de Déchets Services 12 sur la zone de la Glèbe. De quoi valoriser l’activité du groupe Péna mais aussi de quoi la diversifier car l’entreprise villefranchoise effectue des opérations d’assainissement, de vidange et de curage auprès des professionnels et des particuliers en plus de l’activité traditionnelle du groupe (collecte, recyclage de déchets banals, dangereux et organiques). « Nous avons notamment investi dans un camion qui permet de séparer les eaux des boues lors de l’entretien des fosses septiques afin de réinjecter l’eau et ses micro-organismes dans la fosse pour une optimisation du fonctionnement » explique le jeune dirigeant aujourd’hui à la tête de 12 personnes. Bientôt ce sera une nouvelle activité dans laquelle se lancera l’entreprise qui réalise déjà 1,15 million d’€ de chiffre d’affaires : la collecte et le recyclage des métaux non-ferreux presque comme un clin d’œil à l’activité historique du Groupe Péna qui lui, n’effectue pas moins de 45 millions d’€.

Pour plus d'infos

Brèves, les gens ...
Décès d’Adrien Zeller
Le Président de la Région Alsace depuis 1996, Adrien Zeller, est décédé le 22 août dernier. Il avait débuté comme fonctionnaire européen à Bruxelles en 1967 avant de se lancer dans la politique en Alsace en 1973. Député du Bas-Rhin, Maire de Saverne pendant 28 ans et Président du Conseil Régional Alsace, il a aussi été Secrétaire d’Etat chargé de la sécurité sociale et Président du CNER de févier 2003 à février 2009, organisme fédérant l'ensemble des agences de développement économique dont Aveyron Expansion où chacun a pu apprécier son talent, sa gentillesse et son dévouement.
Hervé Busset, chef du Moulin de Cambelong à Conques, chez Alain Ducasse à Tokyo
Alain Ducasse a choisi le jeune chef aveyronnais, Hervé Busset, pour représenter sa région dans son restaurant japonais du 3 au 10 mars prochain.
Plus d'infos
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LU POUR VOUS

> 2009 promo malchance
> Migrations interdépartementales, attractivité - INSEE
> L'internet participatif redonne confiance aux consommateurs
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