La lettre de l'économie en Aveyron
Octobre 2009
Numéro 44


Edito

Et si l’économie réelle ne vibrait plus au rythme du CAC40

Il n’est pas dans nos habitudes de cultiver dans ces colonnes une vision noire de l’économie et de rajouter ainsi une couche de sinistrose à la crise. Mais force est de constater que le parfum euphorisant diffusé ces dernières semaines sur les marchés financiers ne reflète en rien la réalité de l’économie telle que nous la vivons au quotidien.

Malgré quelques frémissements qu’il faut saluer, nous savons que la production demeure très inférieure à ce qu’elle était avant la crise au 1er semestre 2008 et qu’aucune des filières n’est véritablement épargnée. Par ailleurs de nombreux signes inquiètent. Ainsi en jetant un œil outre-Atlantique, on ne peut que constater que les subprimes ont retrouvé le niveau du pic de l’année 2006 (!!!) et qu’ainsi l’Etat américain fauché continue à fournir des garanties à des banques fauchées (dépourvues de fonds propres mais promptes à servir des bonus hallucinants) afin d’accorder des prêts à des citoyens fauchés. Tout ceci est paraît-il, normal et le mot tabou « solvabilité » semble à nouveau avoir disparu des dictionnaires économiques.

L’OCDE nous confirme pourtant que le chômage augmente et augmentera partout en Occident (aux USA, en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne où il pourrait atteindre 20 % dans un an !). La dette publique continue d’augmenter partout tant et si bien que les banques centrales sont dans l’impossibilité d’augmenter leurs taux d’intérêt, principale arme contre une probable déferlante inflationniste… Mais dormez en paix, les valeurs financières veillent… De là à penser que les opérateurs cyniques, obsédés par le court terme, rémunérés sur le volume de leurs transactions, entretiennent les flammes maudites d’un système à bout de souffle, il n’y a qu’un pas.

L’Aveyronnais a l’habitude de regarder la réalité en face et les faiseurs de finances faciles, de Wall Street ou d’ailleurs, qui ne connaissent ni l’odeur de la terre de nos hauts plateaux ni véritablement la gestion d’une PME, ne nous impressionnent guère. Seulement voilà, ils brassent des milliards et semblent reprendre le chemin qui peut conduire le système tout entier à la faillite. Beaucoup de choses ont été dites et seront dites sur ce thème mais une fois de plus nous apportons à travers les lignes qui suivent l’illustration que les entreprises aveyronnaises savent adopter la posture gagnante. Elle est faite de lucidité, de solidarité et de persévérance.

Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

 
Au sommaire

A la Une
> Développement durable, éco-activités : quel impact sur les territoires ?


> Telex de l'économie

Macro économie
> Maisons bois et mobil-homes : le marché français, la stratégie des acteurs

Collectivités
> L’Aveyron et ses néo-aveyronnais

> Agenda

Vie des entreprises
> La renaissance des charpentes bois Batut

> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Le triumvirat Ruthénois de Sopra Group :
Olivier Ruscassié, Gilles Michonska et François Cueille

> Les gens

> Lu pour vous

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A la Une  

Développement durable, éco-activités : quel impact sur les territoires ?

Lors du 56ème Congrès des économies régionales fédérant les comités d'expansion, organisé les 17 et 18 septembre derniers à Bourges, Geneviève Ferone, Directrice du développement durable chez Veolia Environnement, intervenait sur le thème « développement durable, éco-activités : quel impact sur les territoires ? ». Auteur de l’ouvrage « 2030, le krach écologique » publié en 2008, Geneviève Ferone souhaite nous ouvrir les yeux. « Le meilleur service que l’on peut rendre à l’humanité » explique-t-elle « c’est de regarder où l’on va et de se demander comment, maintenant, bâtir un projet de gouvernance ».

Le télescopage de 4 fronts
Selon Geneviève Ferone, nous allons bientôt connaître une situation inédite avec le télescopage d’un front climatique, d’un front énergétique, d’un front de la croissance et d’un front démographique. L’augmentation de 5 à 10° des températures dans les temps à venir n’est pas énorme mais suffit à changer la face du monde. La Directrice du développement durable chez Veolia Environnement rappelle que lorsqu’il était possible de traverser l’Atlantique à pied de la France au Québec sur la glace, la température du globe était de 10°. Aujourd’hui, elle est de 15°. Avec 5° de plus et surtout 9 milliards d’individus d’ici 2050, que va-t-il se passer ? Pour Geneviève Ferone, il faut anticiper les migrations et penser urgemment au partage des ressources car nous allons au devant de flux migratoires considérables pour des raisons économiques, climatiques, politiques et même les 3 ensembles dans une économie qui va s’appauvrir et sur une planète qui aura du mal à nourrir tout le monde. Au même moment la rupture énergétique d’une économie « biberonnée » à plus de 85% aux énergies fossiles pose la question des énergies alternatives. « Bientôt pour produire 1 baril de pétrole, il faudra en dépenser 4… » explique Geneviève Ferone. Que va-t-il se passer lorsque la Chine, l’Asie seront à pleine puissance ? Le découplage entre l’offre et la demande en pétrole rendra certaines économies et catégories sociales vulnérables. Il faudra inventer des ruptures technologiques dans un pas de temps extrêmement court car ce n’est pas notre modèle économique qui nous sauvera. Un modèle économique de prédation : nous consommons des ressources et nous en rejetons sans aucun système de valorisation. La question de la biodiversité est par conséquent maussade d’autant plus qu’il nous est difficile de protéger un environnement que nous transformons plus rapidement que nous ne le comprenons.

Une boîte à outils vide
Le protocole de Kyoto est le seul instrument multilatéral qui permet d’organiser la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Le carbone est devenu une métrique, une devise, une monnaie et bientôt une langue internationale. Pour Geneviève Ferone, c’est la seule façon de nous comparer et de chiffrer nos initiatives en matière de réduction de gaz à effet de serre. Encore faut-il que tous les pays l’adoptent… Les Européens portent Kyoto à bout de bras. La réunion de Copenhague au mois de décembre devrait rallier les Etats-Unis qui « ont besoin de se roder davantage sur ces sujets » selon les mots de la Directrice du développement durable chez Veolia Environnement. Mais il faut avant tout des règles de concurrence lisibles, transparentes et applicables à tous pour fluidifier le marché.

Qui est le mieux armé ?
La rupture technologique n’étant pas la solution magique, le problème politique de la question de la redistribution des richesses et du lien social est inévitable. Quels sont les régimes les plus adaptés ou les mieux outillés ? Selon Geneviève Ferone, les pays non démocratiques sont probablement les plus rapidement capables de mettre en œuvre des solutions. Selon le principe qu’en Chine, les temps de décision sont beaucoup plus courts, dès lors que les chinois auront conscience des méfaits de leur économie, la Chine sera certainement le pays le plus à même d’appliquer la taxe carbone individuelle le plus vite possible. En revanche, c’est vraiment l’Europe qui porte la vision écologique face à l’opportunisme asiatique. Sans la vision, il est difficile de faire muter rapidement les modèles économiques et les comportements.

A l’échelle des territoires
Si une grande partie de la solution est résolument dans les mains des grandes puissances (Europe, Amérique du Nord, BRIC), l’action individuelle est primordiale pour Geneviève Ferone. « Chacun de nous s’inscrit dans un besoin de sens » exprime-t-elle « Il faut donc réenchanter l’action individuelle ». L’échelle territoriale prend ici tout son sens car c’est là que les individus peuvent se réapproprier le sens d’une action collective sur le plan spatial et politique. La population d’un territoire peut devenir à la fois spectatrice et actrice.
Pour Geneviève Ferone, les flux, la mobilité, les contraintes environnementales obligeront certaines économies et certaines industries à se relocaliser. Les régions auront alors tout à y gagner …à condition de connaître leurs forces et leurs faiblesses après un diagnostic très précis de leur métabolisme. Nous verrons alors réapparaître des zones d’économies et peut-être pour certaines insoupçonnées. Selon elle, la géographie économique d’aujourd’hui dessine des zones de production de main d’œuvre, des zones d’ « intelligence », des zones de ressources que nous avons tout intérêt à partager afin notamment de développer des réseaux d’autonomie énergétique à l’heure où le charbon fait son grand retour. « Je crois à ces équilibres d’autonomie territoriale à condition qu’il y ait une vision politique » explique-t-elle. Autrement dit, il s’agit de passer d’un modèle économique assez centralisé à des contrats de territoire où il va falloir faire des investissements et repenser l’attractivité économique de chaque territoire. Chaque territoire doit trouver sa vocation pour devenir un pôle d’excellence et d’attractivité dans tel ou tel domaine. Mais il ne faut pas se leurrer, les arbitrages seront difficiles, d’autant plus que les contradictions des médias brouillent le sujet. Eoliennes, photovoltaïque, isolation par l’extérieur, … difficile de choisir, personne n’est d’accord. « Le tout c’est d’être lucide » martèle Geneviève Ferone. Il faut tout réinventer, un autre contrat social en reprenant le goût du risque. La politique doit se réinventer en tant que projet de civilisation. Finies « les figures totémiques providentielles » ! « Nous sommes tous des éco-propriétaires à l’échelle de la planète » tous aussi différents les uns que les autres mais qui doivent trouver un projet commun. C’est ce que Geneviève Ferone appelle « transformer une cacophonie en symphonie ». Pour cela il faut décider et le préalable à la décision est une gouvernance. Une gouvernance énergétique par exemple est indispensable pour décider sur le plan énergétique : quels investissements, quelles technologies, quels transferts de technologies, quel partage des ressources, quelle croissance ? La réponse est sans doute, sur le plan énergétique, un bouquet de technologies au vu des intérêts divergents sur l’échiquier international mais il faudra s’entendre sur les investissements et les efforts de recherche.
Toutes ces mutations exigent de nouveaux indicateurs de richesse plus qualitatifs. Le PIB est un peu trop réducteur aux yeux de Geneviève Ferone. L’objectif est de pouvoir capter la plus-value environnementale, sociale et de gouvernance. Il faut en finir avec les indicateurs court-termistes et financiers même s’ils permettaient la fluidité des capitaux et la comparaison des modèles économiques. Aujourd’hui, il faut passer d’une économie de volume à une économie de qualité qui se traduira au travers d’indicateurs de qualité de vie, de bien-être, de partage de ressources, de gouvernance. « Il faudra notamment mettre un prix à ce qui était gratuit et à ce que l’on pensait inépuisable, remettre la rareté dans les modèles économiques » explique Geneviève Ferone.
Pour la Directrice du développement durable de Veolia Environnement, les mots d’ordre des territoires doivent être : lucidité, inventaire, diagnostic d’urgence avec le but de maintenir l’attractivité économique. Bilan carbone du territoire, inventaire de la biodiversité sont des indicateurs extrêmement importants. Nouveaux services, nouvelles éco-industries seront nécessaires afin de garantir l’attractivité économique du territoire. A partir de l’existant, il faudra trouver les orientations qui permettront d’intégrer l’économie de la rareté et la mutualisation des compétences.

Source : Extrait des actes du 56ème Congrès des Economies Régionales
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Telex... l'économie aveyronnaise en bref
L’Aveyron, 2ème au palmarès écologie 2009 du magazine La Vie

L’Aveyron après l’Ardèche et devant les Alpes-de-Haute-Provence est le 2ème lauréat du classement des départements français de la « volonté écologique » établi par l’hebdomadaire La Vie selon les critères suivants : Traitement des déchets, Qualité de l'air, Qualité de l'eau, Promotion de l'agriculture biologique, Développement des énergies renouvelables, Vote écologique aux dernières élections.
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Le Groupe Cauval Industries investit 2 millions d’€ en Aveyron

Deux tiers de cet investissement sont dédiés à la filiale de Cauval Industries, Amarilis dont la marque Combettes et un tiers à Valaubrac. Le Groupe souhaite se recentrer sur le marché local. Un second magasin devrait s’ouvrir en Aveyron, la deuxième quinzaine de novembre au siège même de ValAubrac à Bozouls.

Françoise Fabre et Jean-Marc Lavaur de la Ganterie Lavabre-Cadet récompensés

La piqueuse, Françoise Fabre et le coupeur, Jean-Marc Lavaur de la ganterie Lavabre-Cadet tenue par Mary Beyer ont reçu les honneurs de la Fondation Bettencourt Schueller des mains du Ministre de la culture et la communication, Frédéric Mitterand, au Palais Royal, à Paris, le 20 octobre dernier.
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Conques Grand site de Midi-Pyrénées

Après avoir été Grand site de France dans les années 80, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et avoir reçu le label « site accessible aux handicapés », Conques est officiellement Grand Site de Midi-Pyrénées aux côtés du Viaduc de Millau parmi 17 sites midi-pyrénéens au total.
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« Avec un artisan, partez confiant ! »

La Chambre de métiers et de l’Artisanat de l’Aveyron est à l’initiative de la campagne départementale de communication « Avec un artisan, partez confiant ! ». L’objectif est de rappeler que les artisans ont des compétences officialisées par des reconnaissances de qualification professionnelle.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°44 - Octobre 2009 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Maisons bois et mobil-homes : le marché français, la stratégie des acteurs

Ossature bois Boutefeu

Le marché de la maison en bois est l’un des segments les plus dynamiques de la construction. Le chiffre d’affaires des constructeurs de maisons en bois a augmenté de près de 84% entre 2000 et 2007, celui des constructeurs de mobil-homes de plus de 74% entre 2002 et 2008. Le marché de la maison en bois bénéficie de l’intérêt croissant des français pour les solutions d’habitat « durable » et les mutations profondes du comportement touristique des français favorisent l’usage de la résidence mobile.

Considérée au départ comme une possibilité d’activité secondaire pour les charpentiers, la maison bois attire des acteurs de plus en plus éloignés de l’univers de la construction bois : industriels ayant une activité connexe au bois et récemment industriel provenant d’une sphère d’activité totalement étrangère à la construction de maisons (Dassault).

Bois brut

Néanmoins, le potentiel de développement du marché domestique de la construction de maisons en bois n’est pas entièrement exploité. Le prix moyen d’une maison en bois reste bien supérieur au prix moyen d’une construction classique. L’offre française actuelle est concentrée sur le haut de gamme alors que la demande porte sur des modèles standardisés de moyenne gamme.
L’avenir du marché de la construction de maisons en bois dépendra de la capacité des constructeurs à développer une gamme de maisons moins chères, ce qui suppose d’industrialiser la fabrication pour gagner en productivité et abaisser le prix de revient des maisons en bois. Plusieurs constructeurs ont déjà engagé ce type de stratégie.

En Aveyron, une trentaine d’entreprises se sont lancées dans la construction de maisons en bois ou de mobil-homes.

L'étude Repères " Maisons bois et mobil-homes : le marché français, la stratégie des acteurs " est disponible sur commande à la page suivante http://www.aveyron-expansion.asso.fr/fr/contacts_brochures/index.php

 

Agenda économique

 

Congrès National de l’Association des Avocats Conseils d’Entreprises, les 5 et 6 novembre à Toulouse
Le centre de congrès Pierre Baudis accueille, les 5 et 6 novembre prochains, le Congrès National de l’Association des Avocats Conseils d’Entreprises. Le thème : Innover pour développer. L’occasion d’aborder de nombreuses questions telles que l’établissement de partenariats entre entreprises, centres de recherche et universités…
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« Les énergies renouvelables au cœur du développement durable en Aveyron » le 13 novembre
Le Conseil Général de l’Aveyron et l’Association Villes et Développement Durable organisent le 13 novembre prochain à l’Hostellerie de Fontanges un colloque sur les énergies renouvelables en Aveyron.
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7ème édition de Produits et Saveurs du Rouergue du 9 au 15 novembre à Villefranche
La 7ème édition de Produits et Saveurs du Rouergue se déroulera du 9 au 15 novembre prochains à Villefranche-de-Rouergue.
Plus d’infos au 05.65.45.67.01 ou 05.65.29.46.95


Collectivités

L’Aveyron et ses néo-aveyronnais

La 9ème soirée des rencontres de la dynamique économique qui se déroulait le 22 octobre dernier à Onet-le-Château, sur le thème « la découverte des nouveaux arrivants qui confortent notre réseau d’entreprises et l’attractivité de notre territoire » était l’occasion de recueillir les impressions de néo-aveyronnais actifs.

Jean-Claude Luche, Président du Conseil Général de l’Aveyron, rappelle qu’entre 1999 et 2006, 27000 nouveaux arrivants ont rejoint l’Aveyron dont 80% sont des actifs et 30% ont moins de 24 ans. Lors de ces 9èmes rencontres, quelques-uns de ces néo-aveyronnais ont livré leur témoignage.

Le catalan, Pascal Carlos, Directeur Général de l’entreprise de BTP Lagarrigue à Firmi se souvient de son arrivée en Aveyron un dimanche de janvier à Decazeville… Venu relever un challenge professionnel, il n’a pas eu au premier abord le sentiment d’un avantage géographique. Aujourd’hui, il vante l’implication et le savoir-faire aveyronnais, « des valeurs qui se sont étiolées en Catalogne » selon ses mots. Quant à la reprise de l’entreprise, elle s’est faite en douceur pendant 6 à 8 mois de collaboration avec les anciens dirigeants de Lagarrigue, les époux Lacombe. Pascal Carlos tient à mettre en avant la proximité des donneurs d’ordre, l’écoute des élus, le suivi rigoureux des dossiers… Les aveyronnais ont aussi pour lui une grande ouverture d’esprit et une qualité d’accueil. « Après seulement 3 mois dans le village, les gens venaient me chercher pour les élections municipales… » conclut-il. Aujourd’hui, c’est lui qui « vend » l’Aveyron pour faire venir des gens et combler ses besoins de main d’œuvre.

Raynald Servain lui, s’est « fait chasser » par les services d’Aveyron Expansion et de la CCI de Millau alors qu’il devait monter une structure sur Alès. La prise en charge, l’accompagnement de son projet et les aides dont il a bénéficié l’ont décidé à s’installer en Aveyron. Dans le Sud d’abord, puis dans le Bassin. Le dirigeant du centre d’appel Filcall est aujourd’hui à la tête de 40 personnes à Saint-Affrique et de 15 personnes à Decazeville. Une histoire qui roule pour ce néo-aveyronnais qui relate toutefois des difficultés de recrutement. Il semblerait notamment que les hispanophones et les italophones soient rares en Aveyron. Avis aux concernés !

Patrick Lacan issu d’une famille aveyronnaise a fini par reprendre une menuiserie à Entraygues après s’être expatrié en Angleterre. Quant à la savoyarde, Cécile Eydoux, elle a d’abord travaillé à la Coopérative Jeune Montagne en tant qu’ingénieur agricole et est aujourd’hui à la tête d’une exploitation agricole à Saint-Côme d’Olt. Elle siège au JA (syndicat des jeunes agriculteurs) de l’Aveyron depuis avril 2008. Pour Marc et Estelle Cordy, originaires du Val d'Oise et désormais propriétaires de l’Auberge du Château à Muret-le-Château, la campagne télévisuelle « On ira tous en Aveyron » a été un déclencheur. La lyonnaise, Julie Curial, responsable technique de la partie production humide dans une ganterie, a choisi le milieu du cuir. Rien de très surprenant à retrouver cette jeune femme à Millau. L’année dernière, elle présidait la Jeune Chambre Economique. La toulousaine, Cécile Rousset, responsable de la plateforme d’accueil clientèle Groupama à Rodez ne doute plus aujourd'hui du dynamisme ruthénois. Kinga Salin, hongroise, a suivi son conjoint, cadre marketing à la SNAM à Viviez. En Aveyron depuis 2 mois, elle pose la problématique de l’emploi du conjoint. Elle a dans ce cadre, contacté le service d’accompagnement à l’installation en Aveyron, « Vivre et Travailler en Aveyron » qui dépend d’Aveyron Expansion.

Le témoignage de ces néo-aveyronnais presque plus aveyronnais que les aveyronnais illustre bien l’enjeu qu’ils représentent pour notre territoire. Véritables vecteurs de développement économique, ils doivent faire l’objet de toutes les préoccupations car « la richesse d’un territoire est issue des hommes et des femmes qui y travaillent et de ceux et celles qui y vivent » tel que l’exprime Laurent Labit, DRH de la RAGT.


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°44 - Octobre 2009 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

La renaissance des charpentes bois Batut

Dire que l’entreprise Batut à Agen d’Aveyron renaît de ses cendres peut paraître présomptueux. Et pourtant… Après être partie en fumée suite à l’incendie qui l’a ravagée au début de l’année, l’entreprise familiale spécialisée dans la fabrication et la pose de bâtiments en structure bois lamellé-collé « refait surface » sous un nouveau jour.

La société de charpente fait partie du paysage agentol depuis plus de 50 ans. C’est en 1957 qu’André Batut dont le père et le grand-père étaient déjà charpentiers s’installe à son compte à Agen d’Aveyron. Son activité de charpente traditionnelle connaît une croissance constante et mène l’effectif de son entreprise à une quinzaine de salariés en 1971. Période qui s’avère être un tournant pour l’histoire de la société Batut car c’est en 1972 qu’André Batut se lance dans le « lamellé-collé ». « Il s’agit d’une technique récente, d’une quarantaine d’années, selon laquelle on colle et on assemble plusieurs pièces pour obtenir des pièces de grandes dimensions » explique le fondateur de la société Batut. Un investissement qui permet à l’entreprise de s’offrir de nouveaux marchés : bâtiments agricoles (bergerie,…), équipements sportifs (gymnase, piscine…), autrement dit du sur-mesure de grandes dimensions en France et même en Espagne. L’entreprise agentole compte parmi ses réalisations : la piscine d’Onet-le-Château, le Centre Equestre de Combelles, la Salle d’animation de Rieupeyroux, le Quillodrome de Campuac, pour l’Aveyron mais aussi les Halles de Blanquefort (20000 m²) en Gironde, le magasin Point P à Béziers, la salle de spectacle de Gaillac, un cuvier en Espagne et bien d’autres réalisations qui défient les lois de la nature… Si bien qu’au 31 mars 2009, la société Batut réalisait plus de 5 millions d’€ de chiffre d’affaires « et ce, malgré les 3 mois d’inactivité liés à l’incendie de début d’année » ajoute la fille d’André Batut, Myriam Petit, aujourd’hui associée à son frère, Joël Batut, le dirigeant de l’entreprise.

Chez les Batut, la « charpente » est une histoire de famille : Joël Batut a rejoint le navire en 76 après son CAP de charpentier et Myriam Petit a pris la comptabilité de l’entreprise en 86, date à laquelle s’associent le frère et la sœur pour prendre le relais de leur père. « Je ne prends plus aucune décision mais je suis toujours là » exprime André Batut, pour camper la répartition des rôles. « Notre entreprise, c’est avant tout une équipe. Les salariés ont toujours été présents et sont très impliqués » tient à préciser Myriam Petit au vu du soutien dont a fait preuve la vingtaine d’employés de la société suite à l’incendie qui a ravagé l’entreprise en janvier 2009. « Nous nous sommes serrés les coudes » justifie-t-elle. L’entreprise n’a mis aucun de ses salariés au chômage technique durant cette épreuve et les a employés à la reconstruction du bâtiment. La solidarité aveyronnaise s’est mise en marche : la volonté des autorités aveyronnaises (Préfecture, DDE, Conseil Général, Inspection du Travail, Mairie, Communauté de Communes…), le soutien de la population agentole et des salariés ont permis à la société Batut de refaire surface. Un ami leur a loué un local à Arsac afin que l’activité se poursuive. Et pour ce que l’entreprise de charpentes ne pouvait plus assumer, faute de moyen de production, elle le sous-traitait …le temps que le nouveau bâtiment voit le jour. « Nous voulions rassurer nos clients qui nous sont d’ailleurs restés fidèles » explique Myriam Petit. Aujourd’hui, 7000 m² de locaux sont sortis de terre et un nouvel outil de production est en ordre de marche. L’entreprise Batut forcée à faire peau neuve est de nouveau d’attaque, plus performante que jamais. Les conditions de travail des ouvriers sont améliorées, les normes environnementales ont pris le pas sur l’organisation (recyclage des eaux, des poussières, utilisation des déchets de bois avec une chaudière biomasse, isolation phonique, contrôle des fumées, amélioration du processus de collage…), la logistique est beaucoup plus adéquate, la rentabilité est meilleure. L’outil de production permet notamment à l’entreprise de développer l’activité « contrecollé » (bois massif reconstitué).

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Innovation : produits, services, marques...
Bactériosol, le compost de la Sobac plus que reconnu

L’entreprise Sobac qui commercialise le Bactériosol pour la terre et le Bactériolit pour le fumier a reçu, lors des derniers Ecotrophées du cadre de vie, 3 récompenses : le trophée 2009 écoproduit, le trophée d’argent écomanagement et le grand trophée d’or des produits pour le jardin. Le compost durable et économe qu’a mis au point la Sobac est un procédé d’enrichissement naturel des sols.
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4 nouveaux sautés pour Raynal et Roquelaure

Raynal et Roquelaure vient de lancer 4 références de sautés : « le lapin sauté aux 2 moutardes », « le mouton sauté, flageolets verts et carottes », « le canard sauté, carottes et petits pois » et « le veau sauté aux légumes printaniers ».
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Zapetti lance 2 nouvelles garnitures pour couscous

Zapetti étoffe sa carte de plats exotiques avec 2 garnitures pour couscous : « tunisien au keftas » et « marocain au bouillon parfumé au ras el hanout ».
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Le label éco-artisan lancé par la CAPEB

La Confédération Artisanale des PME du Bâtiment a créé le label éco-artisan dans le cadre du Grenelle de l’environnement afin de distinguer les artisans capables d’offrir un conseil indépendant en matière d’efficacité énergétique. Le 9 octobre dernier, 16 entrepreneurs recevaient déjà ce label des mains de leur formateur.
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  Lettre de l'économie en Aveyron - n°44 - Octobre 2009 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Le triumvirat de Sopra Group :
Olivier Ruscassié, Gilles Michonska et François Cueille

Pour que le portrait d’Olivier Ruscassié, Directeur de Division chez Sopra Group à Rodez, soit représentatif de la culture de l’entreprise, il fallait lui associer celui de ses 2 plus proches collaborateurs : François Cueille, Directeur de l’Agence Banque et Gilles Michonska, Directeur de l’Agence Assurance Santé et Centre de services. Un trio, une équipe, c’est « l’esprit maison » que tiennent à mettre en avant les 3 dirigeants du centre Sopra Group de Rodez, qui assure la mise œuvre de solutions informatiques pour la banque et les mutuelles d’assurance maladie.

Gilles Michonska, Olivier Ruscassié et François Cueille

Sopra Group est l’un des principaux acteurs Européens du Conseil et des Services dans le domaine des TIC, réalise plus d’1,1 milliard d’€ de chiffre d’affaires et emploie 12500 collaborateurs dans le monde. « Sopra Group, à Rodez, c’est avant tout une équipe et une histoire aveyronnaise au service d’une ambition européenne» exprime Olivier Ruscassié, à la tête de la SSII en Aveyron.
Les 3 anciens d’Inforsud Ingénierie, Olivier Ruscassié, Gilles Michonska et François Cueille, collaborateurs depuis une dizaine d’années, s’inscrivent dans une lignée d’entrepreneurs informatiques aveyronnais. « Nous sommes les héritiers des fondateurs aveyronnais d’Inforsud : Claude Chégut, Louis Farenq, Claude Trullen… qui ont créé les conditions d’existence et de développement d’Inforsud puis de Sopra Group à Rodez » explique Olivier Ruscassié.
Selon lui, c’est parce que les Aveyronnais ont le sens de l’engagement, de la ténacité au travail, et de la loyauté aux clients et à l’entreprise que Sopra Group Rodez, issue du rachat d’Inforsud Ingénierie en 2003, a pu devenir ce qu’elle représente aujourd’hui : 16 millions d’€ de chiffre d’affaires, 150 salariés, 70 clients en Amérique Latine, en Afrique, au Benelux, en Espagne, en Angleterre, en Hongrie… et en Aveyron.
Pour Sopra Group, le Crédit Agricole et ViaSanté Udsma sont des clients de référence qui renforcent encore un peu plus ses liens avec l’Aveyron. « Sopra Group Rodez, c’est Sopra Group et l’Aveyron » dit le Directeur de Division. Un « alliage » qui fait du centre de Rodez l’une des entités les plus performantes du groupe …performance tirée par tous les collaborateurs du site sous la direction des 3 hommes : Olivier Ruscassié, François Cueille et Gilles Michonska.

Olivier Ruscassié a baigné dès son plus jeune âge dans la culture d’entreprise. Ses parents avaient une société de confection à Limoges. « Les clients, la gestion, les employés, les fournisseurs… j’ai grandi là-dedans » explique le quadragénaire lotois. Mais avant d’accéder lui-même à la gestion d’entreprise, Olivier Ruscassié a suivi des études d’ingénieur à Bordeaux, Toulouse, Londres… puis travaillé successivement dans les matériaux composites en tant qu’ingénieur aéronautique et dans les matériaux électriques en tant qu’ingénieur d’affaires export. C’est en 1991 qu’il rejoint Inforsud comme adjoint à la Direction Générale. Il est notamment en charge du contrôle de gestion et obtient au fil du temps des responsabilités opérationnelles de plus en plus importantes jusqu’à devenir Directeur de Division. Aujourd’hui, il est partie prenante de la Direction des Services Financiers de Sopra Goup, en plus de son rôle de responsable de la totalité de l’activité de Sopra Group à Rodez et d’une partie de l’activité à Toulouse.

Gilles Michonska, fils de mineur d’origine polonaise, se présente comme « issu d’une famille qui sait ce que veut dire le mot travail ». Il a suivi un cursus universitaire couronné par un diplôme en Intelligence Artificielle. Le Ruthénois travaille alors quelques années à la Banque Populaire à Toulouse puis Inforsud fait appel à lui en 1988 pour développer le nouveau poste de travail informatique des banquiers du Crédit Agricole. Il passe ensuite une dizaine d’années à travailler dans les caisses régionales un peu partout en France : Montauban, Lyon, Epinal, Arles… sur des projets directement rattachés aux Directeurs des caisses régionales du Crédit Agricole. Aujourd’hui Directeur de l’Agence Assurance Santé à Sopra Group Rodez, Gilles Michonska assure depuis plus de 10 ans le commerce et la production de progiciels à destination de l’assurance santé, notamment l’offre la plus récente, Evolan Santé. Mais ce n’est pas tout ! Depuis quelques années, le quinquagénaire a en charge le « Centre de Services », partie de l’activité de Sopra Group qui développe et maintient des applicatifs pour le compte de ses clients. « Je suis dévoué à développer le site de Sopra Group à Rodez » exprime celui qui aime à comparer l’entreprise à une équipe de football. « S’il n’y a pas de collectif, on ne peut rien faire » lance l’homme investi depuis plus de 20 ans dans l’associatif sportif.

Quant à François Cueille, il se dit « bougnat de l’an 2000 ». C’est ainsi que le trentenaire d’origine Nord Aveyronnaise décrit son activité à sa famille : « Monter à Paris, pour gagner des affaires en contribuant à l’économie Aveyronnaise ». François Cueille, Directeur de l’Agence Banque, en charge du commerce et de la fabrication de progiciels bancaires, se souvient de ses débuts : « J’étais nul en informatique et je ne connaissais rien au monde de la banque. Lorsque j’ai été embauché à Inforsud en 1997, je pensais rester 6 mois, pas plus ! ». L’ingénieur en construction aéronautique qui a fait ses débuts aux Etats-Unis à la NASA, a finalement suivi un autre chemin. Après avoir vécu à Paris, Lyon et Toulouse, c’est à Rodez qu’il s’installe et gravit les échelons en pratiquant tout un tas de métiers différents chez Inforsud : projet, marketing, commerce, management… Si bien qu’aujourd’hui, François Cueille est responsable de la moitié de l’activité de Sopra Group à Rodez. « Je me sens bien ici et j’ai le sentiment d’apporter quelque chose à l’économie aveyronnaise » finit par dire le plus jeune des 3 dirigeants.

Olivier Ruscassié, Gilles Michonska et François Cueille forment une équipe gagnante ; ils ont en commun les valeurs de Sopra Group : la culture d’entreprise, le travail, le collectif, la qualité… Ils livrent un seul et même combat : le développement de Sopra Group et en particulier de Sopra Group à Rodez. Une véritable chance pour l’économie aveyronnaise.

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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°44 - Octobre 2009 - Page 5