La lettre de l'économie en Aveyron
Fév. 2010
Numéro 48


Edito

« Fabriqué en Aveyron »

Signaler les savoir-faire, les marques, les produits, les filières emblématiques qui, au fil du temps, ont façonné le visage d’un département à la fois enraciné et tourné vers l’avenir, constitue désormais une réponse à des attentes concrètes.

Une attente du consommateur en quête de qualité, d’authenticité, de traçabilité, une attente du distributeur confronté, lui aussi, à une concurrence redoutable et à la nécessité de « débanaliser » son offre, une attente des producteurs, fiers de leurs racines et à la recherche de différenciation.

« Fabriqué en Aveyron » n’est pas un ixième label jetant le doute dans l’esprit du consommateur, exposé à un marquage pléthorique depuis les très respectables Signes Officiels de Qualité, bien encadrés, jusqu’aux pseudo-labels et mentions diverses générant, le plus souvent, une grande confusion.

« Fabriqué en Aveyron » est une simple estampille soulignant la provenance d’un produit.
Un point c’est tout.
Simple mais efficace pour que l’on garde en tête que pour plus de 80 % des français* « Fabriqué en Aveyron » ou « Made in Aveyron » signifie authenticité, savoir-faire, respect de l’environnement et garantie de qualité, quelle que soit la famille de produits considérée !

Aveyron Expansion, Agence de Développement Economique du département de l’Aveyron, animera cette démarche avec les Chambres Consulaires, démarche qui, rappelons le, concerne tous les produits aveyronnais.

* Etude IFOP Décembre 2009 sur un échantillon représentatif de la population française de 1000 personnes



Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

 
Au sommaire

A la Une
> Un salon pour l’agriculture et pour l’Aveyron… une signature


> Telex de l'économie

Macro économie
> Claude Guirande, l’entrepreneur Président

Collectivités
> La Forge de Laguiole et la Maison Boucheron, la rencontre des savoir-faire

> Agenda

Vie des entreprises
> Le groupe Larren, une histoire de famille

> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Alexandre Marmus met ses idées en conserve

> Les gens

> Lu pour vous

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A la Une  

Un salon pour l’agriculture et pour l’Aveyron… une signature

Le stand de l’Aveyron sur le 47ème salon de l’agriculture sera cette année orné d’une nouvelle estampille « fabriqué en Aveyron »/ « made in Aveyron ». Un marquage simple mais efficace, une création centrée sur la localisation de l’Aveyron en France, le tout destiné à préciser sur les emballages l’origine des produits, tout type de produits. Une origine qui ne manque pas d’intérêt si l’on en croit l’étude Star Carrefour réalisée en 2009 qui révélait que 51% des consommateurs français se déclaraient motivés dans leurs achats par l’origine des produits (juste après le critère prix) ! Les notions de traçabilité, de bilan carbone, d’achat citoyen (nos achats sont nos emplois) sont passés par là…

Quant à l’origine Aveyron, le plébiscite est total. L’étude réalisée par Aveyron Expansion avec l’IFOP en décembre 2009 sur 1000 personnes représentatives de la population française révèle que 89% des français y voient une garantie d’authenticité et 81% une évocation d’un territoire respectueux de l’environnement. Pour 77%, la seule mention « fabriqué en Aveyron » serait une garantie de qualité alors même que celle-ci n’a aucune prétention à rivaliser avec des signes officiels de qualité.

A vrai dire, « made in Aveyron » comme « produit en Bretagne », « made in Dunkerque », qualité suisse, basque, ardéchoise ou auvergnate marquent une nouvelle quête de sens dans l’acte d’achat. Toutefois certains territoires se prêtent plus que d’autres à la démarche. Des territoires qui véhiculent un fort sentiment d’appartenance, un enracinement, une identité. Ceci ne se décrète pas, ne se markète pas, c’est une réalité. En Aveyron, tous les produits sont concernés : alimentaires, artisanaux, industriels… à des degrés divers, chaque entreprise pourra éprouver le besoin d’estampiller un produit, un emballage ou un sur-emballage. La démarche fédère les Chambres de Commerce de l’Aveyron, la Chambre des Métiers, la Chambre d’agriculture, Aveyron Expansion et le Conseil Général autour d’un comité d’agrément qui s’appuiera sur les avis de la Direction de la Concurrence et des Fraudes. Le marquage qui est une estampille plus qu’un logo représente l’hexagone stylisé et un point cible « balcon du grand sud » qui marque le parti pris d’une géolocalisation plus qu’un ixième logo symbolisant notre département.

Les nombreux signes d’encouragement reçus du côté des industriels et des consommateurs aveyronnais soucieux eux aussi d’afficher des achats « citoyens » nous laissent penser que l’initiative était attendue et arrive sans aucun doute au bon moment.

Pour tous renseignements, contactez le 05.65.73.63.12 et bientôt www.fabrique-en-aveyron.fr

 

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
La société SOLID s’implante à La Cavalerie

L’entreprise SOLID, Solaire Ingénierie Développement, bureau d'études techniques solaires et énergétiques, déjà présente à Montpellier, se porte acquéreur d’une parcelle de 9000 m² et d’un bâtiement de 2500 m² sur la zone d’activités départementale Millau Larzac en vue de développer son activité. C’est le cadre naturel de la zone d’activités et la proximité de l’A75 qui ont décidé l’entreprise accompagnée par Aveyron Expansion à s’implanter sur le département qui se réjouit de voir sa vocation d’éco-territoire confirmée. 20 emplois devraient être créés fin 2010.
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SCN SOLAR va s’installer à Espalion

Suivi par Aveyron Expansion, M. HAOUESSE a choisi d’implanter à Espalion, son activité SCN SOLAR, société spécialisée dans le photovoltaïque. Dans ce cadre et de façon à faciliter son installation, sa famille bénéficie en parallèle d’un accompagnement de la Cellule Vivre et Travailler en Aveyron.
Cette nouvelle installation tend à démontrer une nouvelle fois que l’environnement aveyronnais permet de concilier projet professionnel et projet de vie.
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La SARL Randorail fabrique des vélorails

Après l’exploitation touristique de l’ancienne ligne ferroviaire du Larzac, Jean-Paul Austruy à la tête de la SARL Randorail se lance dans la fabrication de vélorails. 5 personnes travaillent désormais à la création de châssis et à l’assemblage des pédaliers et des roues dans un ancien hangar de la Sernam à côté de la gare de Millau. La SARL ambitionne de fournir les autres exploitants de vélorails français.
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L’ADIE donne du crédit aux chômeurs créateurs d’entreprises de l’Aveyron

En 2009, l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique principalement soutenue par le Conseil Général de l’Aveyron a participé directement à la création de plus de 45 emplois. En accordant plus de 40 microcrédits à des personnes en situation de précarité, l’ADIE a permis à plus de 40 entreprises de se créer ou se développer sur le département. L’association recherche des bénévoles avec une bonne connaissance du milieu de l’entreprise et/ou des compétences particulières (gestion, juridique, commerciale, communication, recrutement…) pour accompagner les créateurs d’entreprises.
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EGEE et Chrysalis, partenaires

La pépinière d’entreprises du Bassin, Chrysalis, a mis en place un partenariat avec l’association EGEE (Entente des Générations pour l’Emploi et l’Entreprise) constituée d’anciens chefs d’entreprise retraités afin d’accompagner les jeunes créateurs d’entreprises. 50% des sociétés non accompagnées subiraient un échec au bout des 3 1ères années d’activité contre 25% lorsqu’elles sont soutenues par des professionnels.

Les CCI aveyronnaises proposent une bourse de stages

Afin de faciliter les relations entre entreprises et étudiants, les 2 CCI aveyronnaises ont développé une bourse de stages sur internet qui lie recherche et offres de stages en Aveyron : www.stage-aveyron.fr www.stage-aveyron

Le CRP de Decazeville habilité à délivrer le Passeport de compétences informatiques européen

Le Centre de Ressources Partagées de Decazeville devient après Rodez et Millau le 3ème centre aveyronnais de tests pour le PCIE (Passeport de Compétences Informatiques Européen), standard international de validation des compétences informatiques.
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Les projets de recherche du Ruthénois mis à l’honneur

L’Université Champollion accueillait dernièrement les doctorants et post-doctorants de la fac et de l’IUT afin de mettre à l’honneur les projets de recherche en cours et de rappeler que « l’on fait aussi de la Recherche à Rodez ».

Le Lycée agricole Beauregard à Villefranche-de-Rouergue proposera à la rentrée prochaine une formation dans le domaine du sanitaire et social

A la rentrée de septembre prochain, l’établissement agricole qui prépare aux métiers de l’élevage, à ceux de l’analyse de laboratoire et du contrôle de la qualité, aux métiers des industries alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques et aux métiers de la qualité, ouvrira une seconde professionnelle du BEPA services aux personnes afin de répondre aux besoins du territoire en la matière.
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6 étudiants de 2ème année du DUT QLIO à l’IUT de Rodez participent au concours national des jeunes créateurs d’unité de production

6 étudiants ruthénois du DUT Qualité, Logistique Industrielle et Organisation créeront une unité de production soit intégrée dans une entreprise existante soit faisant l’objet d’une création d’entreprise dans le cadre du concours national des jeunes créateurs d’unité de production. Approche commerciale, phase d’industrialisation, organisation, pilotage, rentabilité économique du projet seront jugés.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°48 - Février 2010 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Claude Guirande, l’entrepreneur Président

L’homme qui en 20 ans a créé l’une des entreprises phare de l’Aveyron avec près de 150 emplois, Claude Guirande, a tout récemment pris ses fonctions de Président du Tribunal de Commerce de l’Aveyron.

Claude Guirande est un technicien devenu véritable chef d’entreprise, certainement parce qu’il a le goût de l’entreprenariat. Ce villecomtois d’origine a suivi une filière technique : il a passé un bac mathématiques et techniques au Lycée Monteil, a fait des études supérieures de physiques à la fac de Toulouse pour finalement obtenir un certificat d’électricité optique « sans trop de conviction » avoue-t-il. De retour à Rodez, il intègre le commerce familial d’électroménager où il reste près de 15 ans mais l’homme a la fervente volonté d’investir encore plus d’énergie. « En accord avec mon père, j’ai donc créé mon entreprise à Bel Air le 1er septembre 1981 avec mon épouse et 2 salariés » explique Claude Guirande. L’activité de départ était dédiée aux réseaux d’énergie pour EDF et le syndicat d’électricité de l’Aveyron. En janvier 87, la création de Guirande Electricité Industielle permet d’investir le milieu industriel. Dès cette époque, le dirigeant n’hésite pas à pratiquer une politique d’intéressement : le métier nécessitant des compétences pointues, il décide de responsabiliser les salariés qu’il recrute en leur offrant une participation conséquente dans l’entreprise. Une démarche pour le moins innovante à l’époque ! La société développe un véritable savoir-faire en matière de machine spéciale ; elle est référencée chez Michelin, Sam Technologies, Purflux... L’informatique industrielle et le secteur tertiaire n’ont plus aucun secret pour Guirande Electricité qui en 1990 compte déjà 40 personnes. Claude Guirande aurait pu se laisser bercer par le succès de sa société mais l’homme à la culture d’entreprise a une nouvelle idée de génie. A l’heure où l’on enfouit tous les réseaux (électricité, gaz, téléphone, eau, assainissement…) pour une optimisation paysagère notamment dans le cadre des opérations « cœur de village », pourquoi ne pas tous les enfouir dans une seule et même tranchée ? Ne disposant pas du savoir-faire réseau humide, Claude Guirande crée alors en 1992 la filiale Guirande Canalisations. L’entreprise aveyronnaise est longtemps restée la seule au niveau régional à avoir ces compétences et a connu une croissance sans précédent : + 25 à 30% par an. Claude Guirande est un précurseur, il a toujours fait preuve d’anticipation. En témoignent les certifications qualité obtenues très tôt par son entreprise : en 96, elle était la première française à être certifiée iso 9002 au sein du SERCE (Syndicat des Entreprises de Réseaux et de Centrales Electriques) lui offrant par conséquent un avantage concurrentiel indéniable.

A 58 ans, Claude Guirande qui s’était donné 2 ans pour transmettre son entreprise a su faire preuve de transparence. L’homme aujourd’hui âgé de 67 ans se souvient : « le jour de mon anniversaire, j’ai invité mes cadres à manger et je leur ai fait part de ma volonté de céder l’entreprise ». Six mois plus tard, le chef d’entreprise vendait finalement sa société qui employait 150 salariés permanents et réalisait 1,2 million d’€ de chiffre d’affaires à Forclum, pôle électricité d’Eiffage. Claude Guirande a accompagné cette cession pendant 2 ans en restant Directeur de la structure puis a été chargé de croissance externe pendant 18 mois pour le Groupe Eiffage. C’est en 2005 avec l’ouverture du Viaduc de Millau que le chef d’entreprise aveyronnais se retire du monde professionnel. Bien sûr il n’était pas question pour l’homme de rompre avec ce monde économique qui lui était si cher. Sollicité de longue date pour des activités extraprofessionnelles qu’il s’est toujours refusé à accepter au vu du dévouement accordé à son entreprise, Claude Guirande s’est investi pleinement de sa mission de juge au tribunal de commerce de Rodez depuis 2002. Un investissement couronné par son élection en décembre dernier à la Présidence du Tribunal de Commerce de l’Aveyron pour succéder à Manuel Cantos. Aujourd’hui si le nouveau Président s’inscrit dans la même lignée que son prédécesseur, il a quand même souhaité établir des changements dans le fonctionnement du tribunal. Claude Guirande a créé deux chambres : une chambre du contentieux présidée par Michel Dacheux et une chambre des procédures collectives présidée par Manuel Cantos. Pour sa part, le Président du Tribunal de Commerce, à l’image de l’homme qu’il est, prend en charge la partie moins visible où discrétion peut rimer avec efficacité et résolution de problèmes souvent complexes… Comme il avait l’habitude de le faire au sein de son entreprise, il souhaite être plus disponible pour recevoir les gens. C’est sûr, son expérience de chef d’entreprise dont le mot d’ordre est « il ne faut pas vivre sur l’entreprise mais sur ce qu’elle est capable de produire » a beaucoup à apprendre au monde économique : l’Homme reste au centre de tout, l’humilité et la rigueur dans la gestion sont la règle, l’anticipation et l’innovation la clé de la valeur ajoutée.

 

Agenda économique

 

Atelier RH le 11 mars 2010 à la CCI de Rodez
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Rodez organise dans ses locaux le 11 mars 2010 de 17h à 19h un Atelier RH consacré à la Réforme de la Formation Professionnelle en présence de Madame Cécile Bazerque, Responsable au Droit de la formation auprès du CarifOref de Midi-Pyrénées. Renseignements au 05 65 77 77 59

« Si l’Aveyron m’était conté… » les 20 et 21 mars prochains à Toulouse
La place du Capitole accueillera les 20 et 21 mars 2010 le 3ème salon organisé par l’Amicale des Aveyronnais de Toulouse et de la Haute-Garonne « Si l’Aveyron m’était conté… » de 8h à 19h. De nombreuses animations mettront le patrimoine aveyronnais à l’honneur.
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Participation au salon Alimentaria du 22 au 26 mars 2010
La région Midi-Pyrénées sera présente au sein du Pavillon France au salon agroalimentaire Alimentaria à Barcelone. L'Association Régionale des Industries Alimentaires de Midi-Pyrénées (ARIA) donne la possibilité aux chefs d’entreprise de la région de participer collectivement à ce salon.
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7ème édition du forum de l’emploi saisonnier le 24 mars à Millau
La salle des fêtes de Millau accueillera le 24 mars prochain de 13h à17h la 7ème édition du forum de l’emploi saisonnier. Une occasion pour les chefs d’entreprise de diffuser leurs offres d’emplois, de rencontrer des candidats mais aussi de valoriser l’image de leur entreprise auprès du grand public et de bénéficier de la communication média faite autour de l’événement.
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Salon MDD Expo les 30 et 31 mars 2010
L’Association Régionale des Industries Alimentaires (ARIA) de Midi-Pyrénées organise, durant le salon international des marques distributeurs alimentaires de Paris-Porte de Versailles, un stand collectif pour les entreprises de Midi-Pyrénées.
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Cadres&Co, le salon du recrutement le 8 avril 2010
La 3ème édition de Cadres&Co, le salon du recrutement cadre et de l’évolution professionnelle en Midi-Pyrénées, et 1er salon du recrutement « Cadre » en région (2 300 visiteurs en 2009), se tiendra le 8 avril prochain au centre de congrès Diagora, à Labège, de 9h à 18h. Organisé par l’APEC, cette manifestation permet aux entreprises de rencontrer les talents sur leur bassin d’emploi, et aux cadres de se mettre directement en relation avec des recruteurs.
Plus d'infos au 0 810 805 805 - jean-sebastien.fiorenzo@apec.fr


Collectivités

La Forge de Laguiole et la Maison Boucheron, la rencontre des savoir-faire

La Forge de Laguiole et la joaillerie Boucheron projettent un bout de leur histoire ensemble. Au vu de leur activité, qui aurait cru que la manufacture aveyronnaise de couteaux et la maison de luxe de la place Vendôme fassent route commune ? Pourtant lorsqu’on écoute Thierry Moysset, PDG de La Forge, et Jean-Christophe Bedos, PDG de Boucheron, ils partagent les mêmes valeurs et leur collaboration n’a presque rien de surprenant. Leur volonté de travailler ensemble est née naturellement.


Thierry Moysset et Jean-Christophe Bedos se sont connus le 7 avril dernier lors de la rencontre du Cercle des Dirigeants Aveyronnais dédiée à la promotion des produits aveyronnais. Le PDG de Boucheron a priori peu concerné par la thématique avoue être venu à cette soirée, accompagné de son frère, un peu par curiosité. « Au cours de la soirée, lorsque j’ai entendu que le patron de la Forge de Laguiole était présent dans la salle, j’ai eu envie de rencontrer celui qui était à la tête de tout un symbole, le couteau de Laguiole » explique Jean-Christophe Bedos. Il se souvient encore du 1er cadeau que son grand-père lui a offert lorsqu’il venait passer ses vacances à Marcillac : un couteau de Laguiole. C’est avec beaucoup d’humilité que l’homme de la Maison Boucheron a abordé Thierry Moysset, qui lui, répond toujours présent aux réflexions collectives. Ils ont mangé ensemble, Jean-Christophe Bedos a lancé une invitation très informelle à visiter sa joaillerie à Thierry Moysset. « Et il a tenu parole » ajoute le PDG de Boucheron. Thierry Moysset a découvert l’envers d’un décor qu’il ne soupçonnait pas et s’en extasie encore : « c’était magique ! J’ai découvert une véritable dimension humaine ; l’humilité de ces artisans d’art qui travaillent avec leurs mains m’a énormément touché ». Les deux chefs d’entreprise se sont trouvé des valeurs communes et tout naturellement ont eu envie de construire quelque chose ensemble. Jean-Christophe Bedos rappelle que l’activité de la maison Boucheron aussi luxueuse soit elle est comparable à celle d’un cultivateur, d’un vigneron : « les pierres précieuses que nous travaillons, que nous sublimons sont issues de l’extraction, elles proviennent du sol. Nous transformons une matière première ». Une manière de voir les choses qui a séduit Thierry Moysset qui à son tour confie qu’ « un couteau de Laguiole, c’est un mélange de terroir, de savoir-faire et de savoir-être. Ce n'est pas un objet mais l'objet fait par une main pour une main et quand vous l'avez en main, c’est l'héritage de nos anciens vivant sur l'Aubrac. C’est une tradition que nous projetons dans l'avenir, c’est un produit qui doit être vrai sinon il n'a aucun sens ». Les deux hommes ont chacun pris le temps de comprendre le métier de l’autre, ils ont envoyé leurs « compétences » respectives dans l’entreprise de l’autre. Ils concluent tous deux la même chose : « nos collaborateurs sont revenus d’un côté comme de l’autre avec des étoiles plein les yeux. ». Il n’y a pas de doute Thierry Moysset et Jean-Christophe Bedos étaient faits pour collaborer. Ils réfléchissent actuellement à la matérialisation de la rencontre des savoir-faire respectifs de leur entreprise. Le PDG de la Maison Boucheron lance avec humour : « Nous sommes en phase de R&D ». Thierry Moysset et Jean-Christophe Bedos souhaitent exprimer la sensibilité commune à leurs deux entreprises, « loin d’une approche bling bling » selon les mots de ce dernier. « Ce sera une collaboration qui a du sens » exprime le dirigeant de la Forge.

La Forge de Laguiole : Plus d'infos

Boucheron : Plus d'infos


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°48 - Février 2010 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Le groupe Larren, une histoire de famille

De l’entreprise individuelle au groupe, la famille Larren a plus de 30 ans d’histoire derrière elle, comme s’il existait un gène de l’entrepreneur dans celle-ci. Ils sont aujourd’hui tous réunis-le père, la mère et les enfants- pour une même cause : le succès du dernier groupe indépendant spécialiste en installation électrique industrielle et tertiaire et en acheminement de l’énergie électrique et gaz.

Tout a commencé avec Angel Larren, le grand-père. En 1972, il crée sa société artisanale d’électricité à Decazeville. Sept ans plus tard, son fils, Julien, aujourd’hui Directeur Général du groupe le rejoint et s’associe avec lui ; naît alors la SARL Angel Larren spécialisée en électricité générale auprès des particuliers. En 1986, lorsque le fondateur, Angel Larren, prend sa retraite, Julien Larren prend la gérance de la société et diversifie son activité. Au vu de la modernisation des marchés, il s’oriente vers le tertiaire si bien que la société artisanale devient une PME. Chemin faisant, l’entreprise et sa dizaine de salariés à l’étroit déménagent de la rue de la Montagne à la zone du Centre en 1992 et s’ouvre au territoire national. La société Larren réalise désormais des chantiers de type concessions automobiles et parkings automatisés sur toute la France. Elle devient fournisseur de service pour EDF-GDF en 1997, crée par conséquent 10 emplois supplémentaires et s’équipe pour cette nouvelle activité réseau électrique. Face au développement de l’entreprise, la SARL Angel Larren structure son activité avec la création de 2 sociétés ELIT et SLR en 2004 et devient la holding du groupe. ELIT est spécialisée en électricité générale industrielle et tertiaire, et SLR dans la conduction de l’énergie électrique, gaz et éclairage public. Afin de poursuivre son ascension, le groupe qui souhaitait aussi se rapprocher des marchés du Sud Aveyron ouvre en 2008 une antenne de la société ELIT à Rodez qui emploie 6 personnes. Aujourd’hui, le groupe Larren qui réalise 5,4 millions d’€ de chiffre d’affaires compte avec ses 2 intérimaires 56 personnes dont 4 qui travaillent sur des postes administratifs pour la holding et 52 réparties à 50% sur les 2 filiales. On est bien loin des débuts de l’artisan électricien mais les Larren n’en ont pas perdu leurs valeurs : ils travaillent en famille et regardent dans la même direction. La 3ème génération a rejoint le navire pour les 20 ans de l’entreprise : Cédric l’aîné a en charge le branchement client EDF chez SLR, Fabrice est directeur adjoint du groupe et Sandra assume la partie financière et juridique. Quant à Brigitte Larren, la mère, elle s’occupe de la gestion administrative. Bientôt, l’ensemble du Groupe Angel Larren intégrera ses nouveaux locaux sur la zone du Combal à Decazeville. Un investissement qui représente 1 million d’€ mais surtout une nouvelle étape de cette entreprise en mouvance perpétuelle.

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Innovation : produits, services, marques...
Les Houillères de Cruéjouls produisent des pigments qui donnent des couleurs à la construction et à la décoration

Le site du Pouget dont l’exploitation minière a cessé en 1988 a été racheté en 2006 par Gilles Pérazio dont l’usine Défi en Isère est spécialiste de la fabrication de cordeaux-traceurs pour le secteur du bâtiment. Depuis le début de l’année, Gilles Pérazio s’est lancé avec les houillères de Cruéjouls dans la production de pigments. Les 14 salariés des Houillères concassent, broient, puis mélangent et conditionnent sous plusieurs formes les pigments. Une peinture naturelle bio est en cours d’élaboration.
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Le couteau Furtivo du designer Ora-ito pour La Forge de Laguiole

La Forge de Laguiole collabore depuis plusieurs années avec de célèbres designers et créateurs : Starck, Wilmotte, Raffy, Rykiel pour n’en citer que quelques uns… Le dernier designer en date à imaginer un couteau pour La Forge de Laguiole n’est autre que Ora-Ito, l’un des jeunes designers les plus en vogue du moment. Le couteau épuré, inspiré du couteau originel avec son manche noir devrait être commercialisé au courant du premier semestre 2010.
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La gamme de produits de la Coopérative des vignerons d’Olt s’étoffe au fil du temps

Les producteurs de la Coopérative des vignerons d’Olt ont innové en 2008 avec l’Escaillou, vin de liqueur plus connu sous le nom de Ratafia. En 2009, les producteurs se sont essayés à un autre mode de vinification « vendanges tardives » dont le produit est actuellement en cours d’élaboration. Enfin, un crémant blanc de blanc brut réalisé de manière traditionnelle voit le jour.

Vincent Combettes, artisan sellier

C’est aux côtés de son épouse, tapissière d’ameublement que Vincent Combettes vient de s’installer artisan sellier à Aubin dans un atelier prénommé « La chaise à la reine ». Travaillant le cuir, la peau ou dérivés à la machine à coudre, Vincent Combettes propose divers services tels que la rénovation de sièges de motos, la restauration de fauteuils professionnels (médicaux, de coiffure, d’hôtellerie…), la confection de housses et étudie toutes demandes.

Zappeal vend des piles et batteries à Sainte-Radegonde

La jeune entreprise de Cédric Rigal, Zappeal, grossiste en piles et batteries de grandes marques à prix discount, basée à Sainte Radegonde n'a qu'un an d'existence et connait déjà un très bon démarrage.
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Réorganisation de l’Etat territorial

Avec la révision générale des politiques publiques, l’Etat réorganise ses services sur le département. La plupart des anciennes Directions départementales disparaissent et sont fusionnées sous la Direction des Territoires et la Direction de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations dans leurs nouveaux locaux à Bourran.

Dématérialisation des documents : convention Etat Conseil Général

Jean-Claude Luche, Président du Conseil Général, et Danièle Polvé-Montmasson, Préfète de l’Aveyron, ont signé une convention de mise en œuvre de la télé-transmission des actes sousmis au contrôle de légalité de l’Etat afin de rationnaliser l’ensemble de leurs actes et d’éviter de gaspiller du papier.

  Lettre de l'économie en Aveyron - n°48 - Février 2010 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Alexandre Marmus met ses idées en conserve

C’est le plaisir qui fait avancer Alexandre Marmus à la tête de la Maison Papillon. L’entrepreneur plein de ressources incarne la 3ème génération de la conserverie aveyronnaise qui produit pâtés conventionnels et pâtés bio de façon artisanale.

Pour rien au monde, Alexandre Marmus n’aurait laissé filer l’entreprise familiale hors de la lignée. Il n’a pas hésité à s’investir dans la Maison Papillon au départ à la retraite de son père quand bien même le métier qu’il exerçait lui plaisait. Et pourtant il n’y avait jamais vraiment pensé. Alexandre Marmus, né en Provence, a connu l’entreprise familiale à 12 ans lorsque son père et sa mère originaire de Saint-Jean du Bruel ont décidé de revenir au pays pour reprendre la conserverie. Après Marseille et Paris, c’est donc à Millau que le petit Marmus poursuit sa scolarité en pension. Puis il se tourne vers Montpellier pour ses études supérieures : un BTS « communication et action publicitaire » et un diplôme européen d’études commerciales option communication. Diplômes en poche, le jeune Marmus aurait pu intégrer la maison familiale mais il a préféré faire ses armes ailleurs. Il a été VRP pour des films de sécurité pour vitrage, cadre chez Alain Manoukian pour vendre la franchise, chef de rayon enfant chez Kiabi et a fini par rentrer à la Société Générale où il a gravi les échelons jusqu’à devenir Directeur d’agence, un poste qui le comblait pleinement. « Nous faisions du conseil tel qu’on l’entendait à l’époque » ajoute Alexandre Marmus. Lorsque son père est parti à la retraite en 2001, le jeune homme a pris un congé projet de 28 mois, comme s’il s’était senti investi d’une mission, pour restructurer l’entreprise qui malgré sa santé et son image aurait fini par pérécliter : le chiffre d’affaires était en baisse et les investissements limités. Alexandre Marmus apporte alors sa pierre à l’édifice construit par ses grands-parents et ses parents. Selon lui, l’image artisanale et haut de gamme de la Maison Papillon, la façon de travailler à l’ancienne pour confectionner pâtés et terrines par des gens passionnés n’étaient pas assez valorisées et surtout il lance une gamme bio, niche jusque là encore inexploitée. Un choix qui fait le succès de l’entreprise. La Maison Papillon qui s’approvisionne en matières premières bio pour la gamme concernée obtient l’agrément Ecocert très rapidement. La présence d’Altervia à proximité lui ouvre les portes du réseau bio en l’aidant à promouvoir ses produits. « Si bien que la Maison Papillon connaît un développement rapide en bio » explique Alexandre Marmus. Sa mission de restructuration achevée, il décide alors de reprendre ses fonctions de directeur d’agence à la Société Générale à Montpellier et consacre un jour par semaine à la conserverie. Partagé entre l’entreprise familiale et son métier de banquier, Alexandre Marmus assume les 2 responsabilités pendant 2,5 ans. Mais l’homme qui avance toujours par plaisir et par passion tout en étant mesuré dans ses choix finit par franchir le pas : en avril 2008, au vu du potentiel de développement, il se voue pleinement à la Maison Papillon. Depuis 2 ans, Alexandre Marmus dirige donc à temps plein la conserverie familiale et y investit toutes ses ressources.

Depuis octobre dernier, la Maison Papillon qui réalise 850K€ de chiffre d’affaires a intégré ses nouveaux locaux à La Cavalerie. Le développement du bio qui représente aujourd’hui 25% de l’activité nécessitait un nouvel outil de production. Une part qu’Alexandre Marmus désormais à la tête de 8 salariés ne cesse de développer. En témoigne le projet « Avenir Bio » à l’initiative du jeune dirigeant en 2008 qui consiste en la constitution d’une véritable filière carnée bio du producteur au distributeur en passant bien sûr par la transformation et le conditionnement. « Avenir Bio » regroupe le GAEC Matefan, éleveur porcin bio à Ségur, la coopérative d’éleveurs bovins et ovins SEMACO COBEVIAL à Laguiole, Languedoc Lozère Viande producteur de salaisons bio et distributeur de viande fraîche, la Conserverie Papillon Marmus et le diffuseur européen bio Altervia à La Cavalerie. « On pourrait presque parler de commerce équitable aveyronnais » lance Alexandre Marmus toujours plein d’idées. D’autres projets sont en cours de réflexion tels que la création d’une marque bio privée comme cela peut déjà exister en Allemagne, le développement d’un concept de viande bio précuite qui devrait révolutionner les dates de péremption, ou encore un approvisionnement en porcs élevés au lin riche en oméga 3 et oméga 6. Ouvert à tous projets ayant un intérêt collectif, Alexandre Marmus est prêt à accueillir d’autres personnes dans son aventure selon le principe du « vivre longtemps ensemble et bien ! ».

Pour plus d'infos

Brèves, les gens ...
Karine Hamel-Cam, nouvelle Directrice à Micropolis
La cité des insectes à Saint-Léons a accueilli sa nouvelle directrice en début d’année 2010, Karine Hamel-Cam.
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6 couteliers aveyronnais en finale des Meilleurs Ouvriers de France
Les 18 et 19 janvier derniers, Jean-Michel Cayron (déjà MOF en couteaux de chasse) était admis en finale MOF couteaux de table ; idem pour Serge Cecon, Benoît Mijoule, Cyrille Manelphe et Stéphane Rambaud dans la catégorie couteaux de chasse et Tristan Lassère pour les couteaux de table. Ces 6 candidats auront jusqu’en mai 2011 pour réaliser lesbpièces d’exception qui leur permettront de concourir en finale. L’Aveyron est le département le mieux représenté dans la catégorie coutellerie du concours MOF.
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