La lettre de l'économie en Aveyron
Mars 2010
Numéro 49


Edito

Roquefort, le chef d’œuvre n’est pas en péril

Le 25 février dernier, France 2, dans l’émission Envoyé Spécial mettait les pieds dans le plat ou plus exactement sur le plateau de fromages. Attaqué de toutes parts, le Roquefort serait en danger, voire même en passe de disparaître sous les coups du butoir de la grande distribution avide de Marques De Distributeur et des concurrents persillés au lait de vache pasteurisé fortement marketés du type Saint-Agur.

Lorsque « Société » issue de la Société des Caves et Producteurs Réunis de Roquefort fédéra les caves au XIXème siècle, le Roquefort avait déjà une longue histoire. Le plus vénérable et le plus ancien de tous les fromages a connu des hauts et des bas mais n’a jamais été contesté sur son leadership gastronomique qui force le respect de tout amateur de fromages digne de ce nom.

Les marchés fluctuent, les péripéties passent… L’essentiel doit demeurer. Pour y veiller, des gardiens du Temple : petits faiseurs passionnés par les produits d’exception suraffinés et estampillés grand cru ; les producteurs de lait qui gardent depuis toujours l’histoire et l’intimité de produits chevillés au corps ; le leader détenteur du Temple qui, soyons en sûrs, ne peut pas se résoudre à laisser massacrer son « bijou de famille » car c’est bien d’un joyau d’exception que Michel Besnier considérait devoir s’occuper dès 1992.

L’Aveyron pèsera de tout son poids pour que le premier porte-drapeau de notre identité garde sa superbe… bien plus qu’un fromage, un savoir-faire, un mythe, notre territoire tout entier avec son peuple et son histoire… Cela n’a pas grand-chose à voir avec un simple fromage bleu et la tyrannie de l'indication de prix au kilogramme. Comme le dit Francis Bacon : « serrer trop fort le pressoir donne un vin qui sent le pépin ».


Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

Au sommaire

A la Une
> Mecotech plein feu sur le photovoltaïque

> Telex de l'économie

Macro économie
> Les langues étrangères à l’école et l’économie

Collectivités
> La relance de l'activité coutelière à Laguiole : une belle aventure !

> Agenda

Vie des entreprises
> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Gilles Bertrand : la course à pieds, la passion d’une vie

> Les gens

> Lu pour vous

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A la Une  

Mecotech plein feu sur le photovoltaïque

À Capdenac, Mecotech aujourd’hui spécialiste de l'énergie solaire photovoltaïque pour les professionnels connaît une ascension sans précédent. En quelques années, l’entreprise s’est constituée un groupe qui emploie près de 80 personnes et réalise 40 millions d’€ de chiffres d’affaires…

 

Mecotech, c’est l’histoire de 2 ingénieurs en mécanique qui se lancent dans l’entrepreneuriat à Capdenac. Après avoir tous deux travaillé chez Forest Liné, ils ont eu envie de vivre leur propre aventure et décident de proposer une prestation de service dans le domaine de la machine-outil et de l’aéronautique, en France et en Europe. Leur spécialité : le calcul de structure et l’étude de vibrations. « De l’été 2002 à l’été 2006 » se souvient Yanis Desangles, co-gérant de Mecotech, « nous fournirons, Fabien Lhuillier et moi-même, une expertise technique dans l’aéronautique ». Un choix qu’ils finissent par abandonner au vu du recul du programme A350 sur lequel ils étaient engagés. Ils prennent alors le tournant du photovoltaïque à l’heure du décret garantissant un tarif de rachat sur 20 ans par EDF, en juillet 2006. Même si les 2 ingénieurs avaient déjà travaillé sur la tenue de capteurs photovoltaïques sur des satellites, il s’agit d’un nouveau départ pour eux. Yanis Desangles et Fabien Lhuillier commencent par effectuer du sourcing, en Allemagne notamment, pour se familiariser avec les produits existants puis, exposent leur offre d’installation de solutions photovoltaïques aux salons de l’habitat de Rodez et de Cahors. Un virage concluant pour les 2 jeunes hommes qui réalisent une trentaine de projets de particuliers en un an.

En juillet 2007, ils passent à la conception : « nous avons développé un système d’intégration adapté aux toitures de grandes dimensions que nous avons immédiatement fait breveter : Mecosun » explique Yanis Desangles. Ce système primé en 2009 au salon des innovations de Lyon a permis à Mecotech à Capdenac de se développer : elle a embauché une dizaine de personnes et a posé 10000 m² de toitures la 2ème année de son activité sur des toits de plus grande surface (entre 200 et 1500 m²). Aujourd’hui, Mecotech, société qui réalise des projets photovoltaïques pour des toitures agricoles ou industrielles de 300 à 2000 m² au niveau local compte 35 personnes, a posé 60000 m² de toitures, soit environ 8 mégawatts et réalisera à la clôture de son exercice en septembre 2010 19 millions d’€ de chiffre d’affaires. Déjà très à l’étroit, l’entreprise prévoit la construction de nouveaux bâtiments sur 2400 m² dédiés à son activité mais également au développement de produits (ombrières, traqueurs…) et au logement d’une partie de son personnel en habitations semi-collectives à basse consommation énergétique, soit 1800 m² de photovoltaïque. Parallèlement la société Mecosun a été créée en septembre 2008 à Saint-Lys dans le Sud-Ouest Toulousain pour vendre en France et à l’international les structures d’intégration Mecosun. Ainsi 400000 m² ont été vendus à de gros investisseurs tels que Spie, Saint-Gobain, Rexel, Ineo-Suez… Mecosun, société de développement de produits innovants photovoltaïques emploie une vingtaine de personnes Enfin la société Mecoworks également créée à Saint-Lys est dédiée au montage, elle compte aujourd’hui une quarantaine de collaborateurs et prévoit d’embaucher une cinquantaine de personnes dans les 6 mois à venir. Mecotech, Mecosun et Mecoworks constituent un groupe pour le moins « multi-compétences » : « On fait du projet, on conçoit des produits, on est capable de poser et on commence à exploiter nos propres centrales » lance Yanis Desangles. D’ici la fin de l’année, Mecotech et Mecosun exploiteront 10000 m² de toitures, soit 1,5 mégawatt. Une nouvelle corde à l’arc du groupe qui se place désormais en investisseur potentiel avec la création de Mecoinvest qui lui servira de holding : il réalise les projets photovoltaïques auxquels ne pourrait subvenir un porteur de projet puis les exploite. Avis aux collectivités locales qui souhaiteraient exploiter leurs bâtiments ! « Investir sur la production locale » explique Yanis Desangles qui rencontre des difficultés de recrutement « permet aussi de maintenir l’emploi ici ».

Pour plus d' infos

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
Convention de coopération pour Pôle Emploi et Aveyron Expansion

Pôle Emploi et Aveyron Expansion ont signé le 23 mars 2010, une convention de coopération en vue de favoriser l’échange d’informations et de services au bénéfice des entreprises comme des personnes à la recherche d’un emploi.
Cet accord permettra notamment à Vivre et Travailler en Aveyron (VTA), service d'Aveyron Expansion créé dans le prolongement de la campagne de communication, de mieux répondre à la fois aux attentes des actifs qui se fixent ou souhaitent s’installer sur le département et des entreprises, ce en collaboration étroite avec l’ensemble de ses partenaires. Parmi les services proposés : l’accompagnement du conjoint dans sa recherche d’emploi ou de logement, le repérage avec envoi de CV ciblés, la diffusion d’offres avec un lien privilégié vers Pôle Emploi, l’accès à des informations très concrètes sur le département et sur les communes aveyronnaises…
Pôle Emploi, à travers ses quatre sites présents sur le département, devrait aussi grâce à ce conventionnement, mieux repérer et anticiper les besoins en recrutement des entreprises.
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L’Epi du Rouergue se développe

La Boulangerie industrielle, l’Epi du Rouergue, va agrandir son siège à Lioujas et ouvrir un nouveau magasin à La Primaube. Elle prévoit d’embaucher 15 à 18 personnes sur une période de 2 ans.

« Bio truite Larzac » investit les anciens locaux de Marmus-Papillon

Les anciens locaux de Marmus-Papillon à St-Jean du Bruel ont été réhabilités en une conserverie de poisson bio avec à sa tête Xavier et Sophie Lécussan. L’entreprise qui maîtrise le produit (truites arc-en-ciel et fario et saumons de fontaine) de l’élevage à la commercialisation emploie 3 salariés. Le couple disposait déjà d’une structure piscicole à Nant. Ils prévoient fin 2010 l’installation d’un atelier de fumaison qui permettrait l’embauche de nouveaux salariés.

MTA à Laissac reçoit le prix du Transporteur de l’année

Lors de l’élection organisée par l’Officiel des Transporteurs le 15 mars dernier, les Messageries et Transports de l’Atlantique ont reçu le prix du Transporteur de l’année. C’est notamment la rentabilité de l’entreprise qui est mise à l’honneur.

L’Artisan du Fruit se développe

A la recherche d’un laboratoire pour créer de nouveaux produits à base de fruits, Bernard Salinier qui a développé son concept de fruiterie à Rodez depuis 5 ans travaille à l’élaboration d’un contrat de franchise et à la mise en ligne de ses produits. De nouvelles boutiques à l’enseigne de l’Artisan du Fruit devraient voir le jour.
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Les produits aveyronnais toujours à l’honneur au salon de l’agriculture

L’AOC Marcillac a remporté cette année 2 médailles d’or. La Gentiane d’Aubrac de la Maison Marius Bonal s’est vue attribuer une médaille d’argent dans la catégorie Liqueurs aux Plantes. L’entreprise de salaisons Linard à Lanuéjouls a reçu la médaille d’argent pour sa saucisse sèche.

Le Belvédère à Bozouls décroche une étoile au Michelin

Guillaume Viala, le jeune chef à la tête du Belvédère à Bozouls depuis 2004 aux côtés de son épouse Christine Puech, fait son entrée dans le guide Michelin.
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Les 14 premiers diplômés aveyronnais en gestion d’entreprise de transport routier

La formation en alternance de gestion d’entreprise de transport routier née en mars 2009 vient de diplômer ses 1ers ressortissants dont 50% souhaitent reprendre une entreprise, 25% veulent exercer une activité annexe, les autres ayant pour projet de s’installer à leur compte.

6 artisans soutenus dans le cadre de la semaine nationale de l’Artisanat

Grâce au dispositif de « l’avance remboursable » qui a vu le jour en 1992, 6 artisans aveyronnais se sont vus octroyer des prêts sans intérêt dans le cadre de la semaine nationale de l’artisanat initiée par le réseau des Chambres de Métiers.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°49 - Mars 2010 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Les langues étrangères à l’école et l’économie

Si l’un des objectifs de l’éducation nationale est d’amener tous ses élèves du secondaire à maîtriser au moins 2 langues à la fin de leur scolarité, l'objectif de diversification lui, se heurte à une tendance forte de standardisation des profils linguistiques. Au vu de la demande, les établissements scolaires se voient dans l'obligation de privilégier l’anglais et l’espagnol. Par conséquent, la palette des langues enseignées se restreint. Si bien que de grandes langues risquent de péricliter en France, souvent en raison d’une absence d’information sur ces langues. Les élèves choisissent l’anglais et l’espagnol car dans l’imaginaire collectif il s’agit du meilleur passeport pour circuler et se faire comprendre dans une large partie du monde. L’anglais « langue de communication » jouit de l’étiquette de « langue internationale » et l’espagnol « langue de loisir » apparaît comme une « langue facile » par opposition à l’allemand ou au russe. Entre cette tendance à l’homogénéisation des profils linguistiques et l’essor récent de langues exotiques telles que le chinois, le japonais ou l’arabe, l'érosion continue des effectifs « germaniques » est préoccupante en France et en Aveyron notamment. L'allemand semble en passe de devenir une langue rare. Or c’est actuellement la 2ème langue la plus recherchée sur le marché de l’emploi et ces besoins restent en partie insatisfaits. N’oublions pas que l’Allemagne est l’un des principaux partenaires commerciaux de la France ! Les besoins et les attentes du monde économique en la matière existent. Rappelons qu’en Europe, l'allemand est la première langue : un habitant de l'Union européenne sur quatre est germanophone de naissance. Par ailleurs avec l'élargissement de l'Union européenne vers les pays de l'Est, le poids européen de l'allemand s'est renforcé (dans 8 pays d'Europe centrale concernés, l'allemand représente environ la moitié des langues enseignées). Si l’on prend le cas de l’Aveyron, comment ne pas citer l’un des plus gros employeurs du département : Bosch qui affiche de par ses origines sa préférence germanique. La vocation d’éco-territoire de l’Aveyron « précurseur » en matière de photovoltaïque notamment a également tout à gagner de ses échanges avec l’Allemagne rodé en matière d’énergies renouvelables. La pratique de l’anglais est certes incontournable mais pas suffisante… Elle ne fait plus la différence entre des candidats à l’embauche. La diversification des profils linguistiques est tout aussi importante que la maîtrise des langues dans une économie mondialisée et un espace européen sans frontière afin de profiter de toutes les possibilités offertes par le marché du travail : « si l’on achète fort bien en anglais, on vend beaucoup mieux dans la langue du client ». Alors que les langues sont un atout à faire valoir sur un CV, le choix des langues à l’école ne prend pas suffisamment en compte les besoins réels de l’économie…


Agenda économique

 

1er petit déjeuner technique de la PFT « Viandes et Salaisons » le 9 avril prochain de 08h30 à 10h30 dans le hall technologique du lycée de La Roque
La Plate Forme Technologique "Viandes et Salaisons" regroupant le lycée de La Roque, le Centre Technique de la Viande et le Centre Technique national de Conservation des Produits Agricoles lance une série de petits déjeuners techniques, une initiative d'information et d'échange professionnels destinée aux entreprises du secteur viande. Le 1er petit déjeuner portera sur les ingrédients en salaison.
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9ème édition de « cet été, un job » à Rodez le 14 avril prochain
L’amphithéâtre de Rodez accueillera le 14 avril prochain la 9ème édition du forum des jobs d’été et des emplois saisonniers.
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« Les commerçants font le printemps » du 13 avril au 3 mai en Aveyron
Pour la 3ème année, 24 associations représentant 1700 commerçants et 5100 emplois vont déployer tous leurs efforts du 13 avril au 3 mai sur tout le département pour faire du commerce un vecteur fort d’attractivité des centres villes.

La Mêlée Numérique 14.0 les 28 et 29 avril prochains à Toulouse-Diagora Labège
Le salon TIC n°1 du Sud-Ouest se tient cette année sur deux jours et s'ouvre à l'international.
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Collectivités

La relance de l'activité coutelière à Laguiole : une belle aventure !

D. Druilhet et J.C. Luche réunis le 6 mars dernier pour honorer les figures du renouveau du couteau de Laguiole :
J.L. Cromières, P. Calmels et G. Boissins

Tout commence en 1827 : M. Pierre Calmels crée le premier couteau de Laguiole, un couteau fermant aux formes courbes avec une lame forgée et un manche en corne. Ce couteau était apprécié du monde rural, avait de multiples usages et restait généralement dans la poche de l’utilisateur. L’activité artisanale créée par M. Pierre Calmels prospère et emploie des compagnons recrutés localement. Mais, à partir de 1920, les industriels de Thiers, sans doute mieux organisés, reprennent la fabrication du Laguiole et l’activité coutelière décline en Aveyron. C’est alors une longue traversée du désert pour les laguiolais et seuls deux revendeurs de couteaux (accessoirement monteurs) subsistent : Glandières et Calmels qui s’approvisionnent à Thiers. Pourtant le nom de Laguiole reste porteur. Ceux qui veulent un bon couteau, un beau couteau viennent à Laguiole et demandent … un Calmels !

Le patrimoine est ainsi préservé et permet d’engager dans les années soixante-dix des réflexions sur la relance de la coutellerie. Le Crédit Agricole avec son association, ARENE, à laquelle participe Aveyron Expansion, engage la réflexion. Après l’insuccès de négociations avec les Thiernois, la Municipalité de Laguiole s’empare du dossier en 1979/1980. Une « Association pour la relance du couteau de Laguiole » est portée sur les fonds baptismaux en juin 1981. Dans le prolongement, une étude d’opportunité est lancée avec l’appui financier de la Commune et du Conseil Général : elle donne un espoir pour un « couteau bijou » à destination des néo-ruraux en quête de leurs racines. Ce couteau doit être beau, de qualité plus grande et commercialisé différemment. Il peut être plus cher. Parallèlement, un Groupe de création accueille à la Chambre de Métiers 14 jeunes intéressés par l’activité coutelière. C’est la création de l’ADEFPAT, association de formation-développement présidée par M. Raymond Lacombe, qui permettra réellement d’entrer dans l’action. Créée le 4 novembre 1983, l’ADEFPAT agrée son premier stage en février 1984 permettant à six jeunes issus du stage Chambre de Métiers d’entrer en formation coutelière à Nogent. De cette formation découlent deux entreprises :
• L’une, très artisanale, avec un stagiaire à Estaing (entreprise éteinte depuis) ;
• L’autre, avec cinq stagiaires, et la création de la SARL Le Couteau de Laguiole. Elle aura jusqu’à 20 personnes avant d’être rachetée par la Forge de Laguiole.
Ces deux entreprises réalisaient des opérations de montage à partir de pièces originaires de Thiers. L’on peut réellement parler d’activité coutelière à part entière en 1987 avec la création de la SARL Laguiole qui se fixe pour objectif de fabriquer progressivement toutes les pièces du couteau. M. Christian Moulin, Animateur du Pays du Nord Aveyron, se forme et monte des couteaux dans son garage avant d’intégrer, en 1988, l’usine Starck flambant neuve sur le plateau de Laguiole. Peu après M. Gérard Boissins, déjà actionnaire, quitte la Chambre de Métiers et intègre l’entreprise. La SARL Laguiole, qui va devenir la Forge de Laguiole, va connaître une forte croissance et mettre sur le marché de nouveaux couteaux dessinés par des créateurs prestigieux. D’autres initiatives vont suivre à Laguiole :
• Des magasins de vente de couteaux,
• Des ateliers de montage,
• Le Groupe Laguiole Création/Laguiole Tradition qui deviendra la deuxième unité de production intégrée aveyronnaise.

La concurrence étrangère, les importations « sauvages », les incertitudes sur la Forge de Laguiole en 2005/2006 ont sonné le glas de cette croissance continue. La catastrophe a pu être évitée grâce à la mobilisation d’entrepreneurs locaux. La Forge est à nouveau sur de bons rails et redevient rentable malgré un contexte de crise. Les 200 emplois directs liés à la coutellerie et le dynamisme actuel du bourg de Laguiole contrastent fortement avec la léthargie des années soixante-dix. Les couteliers se mobilisent avec l’appui de la collectivité, du Conseil Général et d'Aveyron Expansion. Les premiers résultats sont la preuve que, collectivement, la réponse est possible. La coutellerie est désormais bien ancrée à Laguiole… L’aventure continue !


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°49 - Mars 2010 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Innovation : produits, services, marques...
Nouvelle radio aveyronnaise : Radio Temps Rodez

C’est désormais sur la fréquence 107.0 FM que l’on peut écouter la nouvelle radio Radio Temps Rodez. Elle emploie 2 animateurs salariés : Jean-Pierre Alexandre et Stéphanie Desanges et peut compter sur une trentaine de bénévoles.
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Le Ruthénois, nouvel hebdomadaire en Aveyron

Le nouvel hebdo issu de l'imprimerie du Progrès dont le rédacteur en chef est Hugues Robert compte 24 pages qui couvrent l’actualité locale sur Rodez et son bassin de vie.

Freecycle voit le jour en Aveyron

Ce réseau qui rassemble déjà 7 millions de membres répartis dans 95 pays permet de mettre en relation des gens d’une même ville qui souhaiteraient se débarrasser d’objets encore viables dont ils n’ont plus l’utilité. Une initiative solidaire et écologique dont l’existence toute récente à Rodez revient à Jérôme Messinguiral.
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Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Gilles Bertrand : la course à pieds, la passion d’une vie

Gilles Bertrand, journaliste sportif à la tête de l’entreprise VO2 Diffusion à Millau plus connue pour son magazine VO2 Runin Live, a fait de sa passion son métier. Une aventure qui n’aurait sans doute pas suivi son cours si Gilles Bertrand n’avait pas tant aimé partager ce qu’il appelle les « instants précieux ».

C’est un homme amoureux de la nature, du monde rural qui a rejoint l’Aveyron par choix à la fin des années 70. Après des études de géographie à la faculté de Tours, Gilles Bertrand décide de s’expatrier aux côtés de son épouse dans un département à « l’environnement préservé ». Bien sûr il y pratique sa passion : la course à pieds mais pas seulement, il choisit de la partager. Gilles Bertrand entame alors une carrière de pigiste sportif avec un premier reportage sur les coureurs africains. Son œil averti photographie les « instants précieux » du sportif qu’il a le don de décrypter et sa plume les met en lumière. Puis Gilles Bertrand a l’idée, toujours entre passion et partage, de créer un agenda des courses à pieds, le premier qui recense sur une saison tous les événements français en la matière. Il comble un manque ; les prémices de son entreprise VO2 Diffusion s’esquissent…

La société qui emploie aujourd’hui 8 personnes voit le jour en 1985 et lance son magazine national éponyme dédié à la course à pieds en 89. Gilles Bertrand, homme de terrain et d’enquêtes, investit alors le métier de l’édition tout en continuant à écrire des papiers. Le résultat est là, les passionnés ne s’y trompent pas : VO2 Diffusion devient la bible du coureur. Le magazine qui a depuis changé de nom, VO2 Runin Live, s’édite à 40000 exemplaires tous les 2 mois. La société a développé son activité : elle édite également de beaux livres (jusqu’à 8 livres par an, parfois à 10000 exemplaires) issus des reportages de Gilles Bertrand ou de collaborations avec des experts entraîneur, naturopathe, diététicien… Elle offre aussi une prestation de maison d’édition : elle a par exemple effectué une plaquette pour la Communauté de Communes de Millau et réalise des numéros spéciaux dédiés au ski de fond. Par ailleurs, Internet, présent dès ses débuts, occupe, au vu de l’évolution des médias, une part grandissante de l’activité de VO2 Diffusion dont le site est devenu une référence. Gilles Bertrand est un précurseur : il a misé très tôt sur le numérique qui représente aujourd’hui 25% des contrats publicitaires (Adidas, Asics, Mizuno…). Nouveauté, réactivité et exhaustivité font le succès de Runinlive.com : une newsletter par jour est vendue et 70000 personnes sont abonnées à la boutique internet. Gilles Bertrand a réussi à constituer une vraie communauté, il a le talent de rassembler et la culture du partage. Le coureur voue sa vie à sa passion et la communique. En témoignent les différents ouvrages qu’il a réalisés sur la course à pieds en Afrique et dernièrement sur le sport en Chine à la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Il révèle tous les instants de la vie d’un athlète avec talent et passion après avoir intégré les milieux les plus sensibles. Il passe 3 ans en Chine, apprend le chinois et traque chaque moment qui lui permettra de mieux comprendre le monde au travers du sport. « Son plus grand défi » selon lui. Son investissement au sein d’Evasion Sport, son association, et les prestigieuses courses à pieds à vocation humanitaire qu’il a créées : Les Templiers, le Marathon des Burons, illustrent la générosité de l’homme. L’Aveyron lui doit aussi la Piste des Seigneurs, FilAubrac, la Course du Viaduc de Millau… des courses de renommée nationale.

Pour plus d'infos

Brèves, les gens ...
Jean Javelaud Président de l’Office de Tourisme de Villefranche-de-Rouergue
En mars denier, André Trébosc désormais ancien Président de l’Office de Tourisme de Villefranche-de-Rouergue passait le relais à Jean Javelaud.
Plus d'infos
Hervé Burguion lauréat du prix départemental des métiers d’art
Le ferronnier d’Olemps, Hervé Burguion est nommé lauréat du prix départemental des métiers d’art
Benoît Mijoule reçoit le prix des métiers d’art 2010
Le jeune coutelier, Benoît Mijoule, s’est vu remettre des mains de Danièle Polvé-Montmasson, préfète de l’Aveyron, le prix 2010 d’encouragement aux métiers d’art.
Plus d'infos
Guy Combret succède à Michel Carrié à la tête de la CCI de Rodez-Villefranche-Espalion
Michel Carrié, jusqu’ici Directeur de la CCI de Rodez fait valoir ses droits à la retraite et passe le flambeau à Guy Combret également Directeur de la CCI de Millau. Un premier pas vers la fusion des 2 CCI départementales. Aveyron Expansion envoie un salut amical aux deux directeurs : au premier pour sa nouvelle vie qui, n'en doutons pas, sera bien meublée et au second pour le challenge qu'il relèvera, soyons en sûrs, avec talent.
Plus d'infos
Yvon Malard Président du Comité des Banques Midi-Pyrénées
Le directeur général de la Caisse Régionale du Crédit Agricole Toulouse 31, Yvon Malard, a été élu à la présidence du Comité des Banques Midi-Pyrénées. Il succède à Pierre Carli de la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées.
Gilles Capy Directeur d’ERDF/GRDF en région Sud-Ouest
Gilles Capy, jusqu'à présent directeur régional d'ERDF en région Ouest, vient d’être nommé directeur d’ERDF/GRDF en région Sud-Ouest. A Toulouse, il remplace Jacques Massot.
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LU POUR VOUS

> L'audit des régions
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