La lettre de l'économie en Aveyron
Oct. 2010
Numéro 54


Edito

Vous avez dit rural ?

L’Aveyron demeure et doit demeurer un territoire de tradition rurale et ceci malgré la baisse sensible du nombre d’exploitations et de l’emploi agricole qui, depuis le début des années 90, s’est vu dépassé par l’emploi industriel (11 000 emplois agricoles contre 17 000 emplois industriels aujourd’hui).

L’ADN aveyronnais ne serait pas ce qu’il est sans les hauts plateaux fertiles, les grands causses et l’économie pastorale, les signes officiels de qualité, l’élevage et la viticulture, les agro-industries, les paysages et surtout des femmes et des hommes qui ont au fil des siècles façonné notre culture et notre identité par leur travail, leur accent et leur talent.

Tout ceci est bien trop important pour céder à la démagogie d’un saupoudrage stérile de quelques dizaines d’euros par exploitation souvent carrément au bord du gouffre. Tout ce débat est trop important pour le confier à des hommes qui, une fois le périphérique de la ville franchi, ne voient dans nos campagnes que l’espace bucolique d’un paradis perdu en oubliant une certaine humilité et le respect du travail des hommes.

« Sur les terres, disait Ringuet, on se comprend sans jamais se parler tandis que dans les villes on se parle sans jamais se comprendre ». Ces 2 mondes ne doivent pourtant pas s’opposer mais au contraire, aujourd’hui plus que jamais, se retrouver.

La concertation qui s’ouvre sur la ruralité doit être l’occasion de rappeler cela, l’ampleur d’une souffrance, les voies de l’avenir et de la revitalisation économique et territoriale, avec des partenaires eux aussi patrons d’entreprise qui, au bord de la crise de nerf, ont tant de choses à nous dire. Nos réponses devront être ciselées, adaptées, responsables et d’une puissance à la hauteur de l’enjeu : la survie du territoire. Un territoire où l’identité signifie ancrage et non-repli où le développement économique passe par du cousu main et non de la technocratie où les services aux aveyronnais se déclinent dans la proximité et non le centralisme urbain. C’est bien dans cet esprit qu’Aveyron Expansion prendra toute sa part dans les débats locaux et nationaux qui s’annoncent sur ces thèmes où l’obligation de résultat doit être la règle.


Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

Au sommaire

A la Une
> La proximité clé du développement économique

> Telex de l'économie

Macro-économie
> Engagement et management par Patrick Lemattre

Collectivités
> Un point de conjoncture sur l’économie aveyronnaise

> Agenda

Vie des entreprises
> Hydropièces repart sur de bons rails

> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Pierre Bastide, l’action au service d’un projet de société

> Les gens

> A lire

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A la Une  

La proximité clé du développement économique

Lors du 57ème congrès du CNER, les 16 et 17 septembre derniers à Fontevraud, Arnaud Viala a apporté, en tant que Président d’Aveyron Expansion, sa contribution au débat « réforme territoriale : initiatives économiques nouvelles ? » en insistant notamment sur la nécessité de mettre en œuvre une stratégie de proximité pour un aménagement du territoire et un développement local optimal en milieu rural.

…« Le premier mot qui me vient, c’est l’originalité, le cousu main, c’est le parti pris d’un département comme l’Aveyron, où nous avons décidé une affirmation de notre identité, qui permet d’accroître l’attractivité et de fédérer les énergies publiques, privées et autres. Aujourd’hui, nous mettons en avant la préservation de notre patrimoine naturel, de nos paysages, qui se croisent avec un élément majeur : l’A75, cette artère entre le nord et le sud de la France, qui longe le département de l’Aveyron. Cela a mis un gros coup de projecteur sur le viaduc de Millau dont nous sommes très fiers et qui a permis que le désenclavement s’accélère de façon massive au début des années 2000. Aujourd’hui, nous sommes une zone où des entreprises veulent s’implanter, parce qu’il y a cette façade autoroutière, qui est un nœud intéressant entre le nord et le sud, et bientôt entre le sud-ouest et le nord-est du pays, avec l’autre route importante sur laquelle nous travaillons : la RN88, qui va être transformée en deux fois deux voies dans toutes les zones traversées. Nous deviendrons alors extrêmement attractifs, pour la logistique par exemple.

Il faut aussi savoir tirer parti de ses faiblesses.
Nous capitalisons sur le fait que la densité est faible et qu’il y a parfois de longues distances à parcourir. Nous ne calculons pas en kilomètres, mais en temps de trajet. En faisant de nos espaces préservés des zones d’accueil pour un certain type d’activités, nous obtenons une qualification de l’activité économique attirée, qui ne heurte pas les populations locales et qui facilite l’intégration sur tous les plans, paysagers, humains… et cela marche ! Nous retournons donc la crêpe et ce qui pouvait apparaître comme des faiblesses devient des atouts.

Quelques exemples : la campagne de communication sur les médias télévisuels nationaux, il y a trois ans, pour augmenter la notoriété de l’Aveyron, a eu un effet immédiat et a permis que des actifs arrivent. Nous avons installé près de 700 familles sur une période de deux ou trois ans. L’agence de développement économique a mis en place une cellule : « vivre et travailler en Aveyron », dont la vocation est de gérer tous les aspects périphériques à l’arrivée de l’actif : le conjoint, la recherche d’emploi, les enfants à scolariser, la recherche du logement… Nous guidons les recherches avec nos partenaires.

C’est la stratégie au plan local, mais elle n’est pas déconnectée d’orientations qui viennent du niveau régional, de la réalité de Midi-Pyrénées, qui est une très grande région. Nous sommes assez éloignés de la capitale, Toulouse, qui possède des fleurons économiques bien connus, comme l’aérospatiale. En Aveyron, nous avons des entreprises sous-traitantes, qui représentent un secteur important de notre économie, au côté de l’agroalimentaire et d’autres. Nous sommes donc tout à fait conscients des enjeux stratégiques nationaux et régionaux, mais nous devons les décliner au niveau le plus local possible. »…

Les 15 et 16 septembre 2011, l’Aveyron accueillera le 58ème congrès du CNER. Le thème proposé par Aveyron Expansion "les nouveaux vecteurs de création d'activités et d'emplois dans les territoires" permettra notamment d'aborder la relocalisation comme nouveau levier de développement économique.

Pour plus d' infos

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
RAGT organise des formations « Certiphyto » pour ses clients

RAGT Plateau Central s’implique activement, dans le cadre de la directive européenne qui prévoit avant 2015 la mise en place de formations destinées à délivrer un certificat « Certiphyto » pour toutes personnes qui achètent ou commercialisent des produits phytosanitaires. Elle dispense d’ores et déjà à ses clients des formations « Certiphyto ».
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Le 21 octobre dernier Soud Hydro ouvrait ses portes

Béatrice Veyrac Caunègre et Sylvain Caunègre qui ont repris en 2005 Soud Hydro à La Primaube organisaient pour leurs clients et leurs partenaires, une journée portes ouvertes, le 21 octobre dernier. L’entreprise créée en 1983 par Jean-Claude Veyrac est spécialisée dans la réparation, la vente et la location de matériels mobiles de levage (grues auxiliaires, nacelles…). Soud Hydro effectue maintenance hydraulique, mécanique générale, soudure, serrurerie, usinage, carrosserie pour des clients tels qu’ERDF, des entreprises de TP, des négociants de matériaux, des transporteurs, des collectivités locales mais aussi des artisans couvreurs, charpentiers…qui lui reconnaissent polyvalence et réactivité.
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Signature de la charte locale à l’installation entre les JA du Nord Aveyron et les acteurs du Haut Rouergue

Le 15 octobre dernier, à Espalion, les Jeunes Agriculteurs du Nord Aveyron, signaient la charte locale à l’installation concernant les cantons du Haut Rouergue afin d’optimiser la transmission des exploitations.

F²C Innovation signe avec le Kyushu Bio Cluster

F²C Innovation qui réunit les pôles de compétitivité Agrimip Innovation, Valorial et Vitagora vient de signer au Sénat un accord de coopération avec le cluster japonais Kyushu Bio afin de renforcer leur collaboration scientifique internationale.
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Une antenne de l’agence de communication interactive Octavo en Aveyron

Christian Issalis, ancien responsable communication d'Espalux, crée une antenne de l'agence toulousaine Octavo aux compétences reconnues dans le domaine d' internet (création de sites, web commerce, référencement, web marketing, ...). Il y ajoutera son savoir-faire de consultant en communication globale (stratégie, plans d'actions, ...).
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CLCV lance une plaquette pour sensibiliser les usagers aux économies d’énergie

A l’initiative de l’Union Départementale CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie), une plaquette de sensibilisation des usagers aux économies d’énergie dans les domaines de l’habitat et des déplacements a été créée en partenariat avec ERDF et la ville d’Onet-le-Château.

Conventions entre ERDF et deux PFIL

La plate-forme d’initiative locale et ERDF ont signé une convention de partenariat pour 2 ans afin de soutenir l’emploi au sein des entreprises aveyronnaises et en zone rurale. ERDF a également signé une convention avec Sud-Aveyron Initiative qui a besoin de solides partenaires financiers.

Une nouvelle agence de communication en Aveyron : FMC Midi-Pyrénées

FMC Communication à Montpellier a donné naissance à FMC Midi-Pyrénées qui s’est installée en Aveyron à la Pépinière d’entreprises de Sainte-Radegonde. Nadège Grimal dirige cette nouvelle structure qui propose une offre globale : conseil et stratégie en communication, un studio design, une web agency et la création d’événementiels.
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Déclinaison régionale d’Oséo Excellence en Midi-Pyrénées

Oséo Midi-Pyrénées vient de lancer un club qui réunit les entreprises à fort potentiel de croissance. Elles sont pour l’instant 59 et devraient être à terme 80. Les critères de sélection : être en forte croissance, se développer à l’international ou investir dans l’innovation.
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SNAM se lance sur 2 marchés prometteurs

La Société Nouvelle d’Affinage des Métaux à Viviez, filiale du groupe belge Floridienne, avait jusqu’à présent 2 activités : le recyclage des batteries et des accumulateurs et la vente de métaux. Aujourd’hui, elle a décidé d’adjoindre à ses activités initiales le recyclage de panneaux photovoltaïques et de batteries des véhicules hybrides et électriques. 30 emplois devraient être créés.
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La carosserie Artières a inauguré ses locaux

L’entreprise familiale millavoise Artières qui avait d’abord orienté son activité sur la réparation de véhicules puis qui s’est lancé dans la construction et l’aménagement de camions et véhicules utilitaires compte 24 salariés et représente 2,5 millions d’€ de chiffre d’affaires. Elle a comme clients : SNCF, Colas, Sacer, Ineo, des administrations diverses, des artisans régionaux… Dernièrement, elle a inauguré ses 5600 m² de nouveaux locaux sur un terrain de plus de 3 hectares sur la zone d’activités Millau Viaduc.
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Les cuisines Teisseire estampillée « Fabriqué en Aveyron »

Le Groupe Cauval qui a décidé de commercialiser toutes ses cuisines (Combettes, Espalux…) sous la marque Teisseire souhaite adopter l’estampille « Fabriqué en Aveyron ».
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IGP pour la génisse Fleur d’Aubrac

Après 19 ans de travail, l’association interprofessionnelle des viandes bovines issues du troupeau Aubrac et l’association des produits de l’Aubrac se réjouissent de l’obtention de l’IGP (Indication Géographique Protégée) pour la génisse Fleur d’Aubrac.
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Un staffeur sur la zone de Cantaranne

Eric Daugène est un professionnel du staff depuis 25 ans. Il réalise des chantiers de décoration quelles qu’en soient leurs tailles. Il dispose d’un savoir-faire qui lui permet de répondre aux exigences artistiques de n’importe quels chantiers. Le staff est un produit naturel qui s’adapte à tous les types d’ornement, moderne ou ancien et procure un avantage de sûreté (il ne produit pas de fumée en cas de feu et régule naturellement l’humidité).
Plus d'infos : deco-staff-aveyron@hotmail.fr
Hydraulique Mécanique Services à Bel Air

Jean-Paul Mazenq a créé sa propre entreprise de mécanique hydraulique après 30 années en tant que salarié. Aujourd’hui, aux côtés des 2 emplois qu’il a créés, il effectue entretien et réparation de tous matériels agricoles et de travaux publics.

La Chambre d’Agriculture de l’Aveyron et le PNR Grands Causses développent la vente en circuit court

3 rencontres initiées par le Parc Naturel Régional des Grands Causses et la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron ont déjà eu lieu au printemps dernier. Une nouvelle rencontre autour de la vente de produits agricoles directement aux consommateurs vient de se dérouler à Saint-Victor-et-Melvieu. 14 porteurs de projets y assistaient dont 6 en maraîchage.
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Observatoire de la prospective stratégique aéronautique et spatiale

Le pôle de compétitivité Aerospace Valley a annoncé lors de son assemblée générale le 23 septembre dernier la création d’un observatoire de la prospective stratégique.
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Le Club des Industriels de l’Ouest Aveyron

Le Club des Industriels des cantons de Decazeville, Aubin, Montbazens et Capdenac, dont l’assemblée générale constitutive s’est tenue en juin dernier veut permettre aux industriels de se connaître mais aussi de participer au développement économique local. Le bureau présidé par Jean-Pierre Perdiguès (MTI) est constitué de Stéphane Mazars (STS), Pierre Zanon (AEC), Eric Nottez (SNAM), Gérard Laprade (ABC), Pascal Carlos (Lagarrigue) et Dominique Neuville (Vérialis). Ils comptent représenter une cinquantaine d’entreprises et se rassembler 2 ou 3 fois par an autour de thèmes précis, le dernier en date étant « la fiscalité locale ».

EDC investit les locaux d’une ancienne menuiserie à Villefranche-de-Panat

L’entreprise spécialisée dans le solaire photovoltaïque créée en 2007 et qui a donné naissance à la filiale B2S énergie renouvelable est devenue propriétaire des locaux de l’ancienne menuiserie Gineste-Gavalda à Villefranche-de-Panat. Elle compte aujourd’hui près de 10 personnes et a à son actif la réalisation de près de 35000 m² de toiture.

La tannerie Arnal modernise son outil de production

La Tannerie ruthénoise investit dans la modernisation de son outil industriel afin de développer des produits à plus forte valeur ajoutée. Ce projet devrait permettre l’emploi de 4 salariés.
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La Forge de Laguiole mis à l’honneur dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2

La coutellerie La Forge de Laguiole choisie par Yves Jégo pour illustrer le « made in France » passait sur France 2 le 30 septembre dernier.
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Un projet de cluster TIC Sud Massif Central

Le 23 septembre dernier, les différents acteurs TIC des départements de l’Aveyron, du Cantal, du Lot et de la Lozère éloignés des métropoles où existent déjà des organisations dédiée aux TIC, se réunissaient à Laguiole en vue d’unir leurs forces au sein d’un projet de cluster.

La démarche « qualité » des commerçants du Bassin étendue à l’Aveyron

Depuis 2 ans, 16 commerces étaient engagés dans une démarche qualité dans le cadre du Fonds d’intervention pour les services, le commerce et l’artisanat. Il s’agit d’une adaptation du commerce de proximité pour faire face à l’émergence de la grande distribution. Aujourd’hui un logo permet de mettre en avant le professionnalisme, la qualité de l’accueil, le dynamisme entrepreneurial, la confiance et la disponibilité des commerçants qui ont choisi cette démarche qualité. Une « pause quafé » dont le 1er rendez-vous est fixé le 29 et 30 octobre prochains est lancée chez ces commerçants pour faire connaître leur démarche.

 
 Lettre de l'économie en Aveyron - n°54 - Octobre 2010 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Macro-économie

Engagement et management par Patrick Lemattre

photo HEC Paris ©

Le 9 septembre dernier, Bosch recevait, dans le cadre du cycle de conférences institué depuis 2006 avec Aveyron Expansion et Mecanic Vallée, Patrick Lemattre, professeur à HEC. Ce spécialiste de l'analyse des courants socioculturels, de leurs impacts sur les comportements professionnels et de leur prise en compte dans les pratiques de management des entreprises est intervenu sur le thème « engagement et management ».

Derrière les changements permanents auxquels est soumis le paysage de l’entreprise, il existe des fondamentaux. L’engagement en est un. L’objectif n°1 du manager est de rendre les salariés engagés pour un fonctionnement optimal de l’entreprise. Or les 3 générations qui cohabitent dans le monde de l’entreprise : les baby-boomers (plus de 50 ans), les jeunes (moins de 30 ans) et la génération intermédiaire (les 30-50 ans), sont toutes les 3 touchées par un déficit d’engagement pour des raisons différentes.

Les baby-boomers représentent 40% des salariés. Il s’agit d’une génération au Nirvana perpétuel : absence de guerre, 30 glorieuses, augmentation fulgurante du pouvoir d’achat, effort de formation considérable, facilité d’emploi, décade prodigieuse (« les 10 années fastes entre l’arrivée de la pillule et l’arrivée du sida »)… Cette génération qui a aujourd’hui un pied dans l’entreprise et un pied dehors car elle pense au temps qui lui reste à vivre représente un enjeu pour l’entreprise : un enjeu de transmission des connaissances. A ce titre, le milieu professionnel doit travailler la mixité intergénérationnelle en associant la rigueur du baby-boomer à l’adaptabilité technologique et à la créativité du jeune.

Les jeunes voient l’entreprise comme une fonction support à leur carrière. Ils représentent 25% des salariés. Alors que le « logiciel des baby-boomers » selon les mots de Patrick Lemattre est progrès-développement-enrichissement permanent, celui des jeunes est mutations-crise-nécessité de s’adapter en permanence pour survivre. Les jeunes d’une maturité apparente sont profondément fragiles. Leurs 2 recours : la bande de copains et l’entreprise. Dans le monde moderne, l’entreprise est le dernier lieu de socialisation, le dernier lieu où il y a des valeurs, une organisation, des buts stratégiques. Aujourd’hui, c’est le manager de proximité qui personnifie cela et qui en plus d’être compétent techniquement doit assumer de nouveaux champs de relations humaines. Les jeunes se lassent vite et veulent du « fun ». Ils sont dans la culture de l’arrangement. Le premier défi de l’entreprise face à cette génération est l’appartenance collective. Par ailleurs, l’entreprise a un véritable travail pédagogique à effectuer pour palier l’ « hypertrophie du présent » ressentie par les jeunes, c’est-à-dire donner une perspective à long terme et rappeler les fondements historiques, culturels et la valeur d’expérience.

La génération intermédiaire, 35% des salariés, est selon Patrick Lemattre stratégique car elle va assurer la transmission opérationnelle. Il s’agit d’une génération « cocufiée par l’histoire », éduquée sous le logiciel des baby-boomers, vivant leur vie professionnelle sous le logiciel des jeunes et qui par conséquent prend de la distance au risque de céder au désenchantement. Leurs soucis principaux : maintenir leur employabilité et faire face au blocage de l’ascenseur social par les baby-boomers. Les 30-50 ans sont préoccupés par la recherche d’un équilibre de vie dont la vraie valeur est le temps. D’où la demande de la mise en place de facilités au sein de l’entreprise : crèche, services divers, horaires… Face à cette génération, le manager doit restaurer la confiance, créer les conditions d’un engagement dans les responsabilités et optimiser la transmission opérationnelle.

Il est une génération qui n’est pas encore sur le marché du travail : les 12-18 ans « et qui sera particulièrement difficile à manager » explique Patrick Lemattre car elle négocie tout. Elle pratique même l’enveloppement, philosophie du jeu de go, pour déstabiliser un décideur initialement opposé par d’autres qu’elle aurait convaincus.

Aux questions, comment manage-t-on ces différentes générations ? comment crée-t-on une appartenance collective ? comment crée-t-on un engagement, une rencontre entre un projet personnel et un projet collectif ?, Patrick Lemattre suggère un management caméléon à la rencontre des deux grands systèmes de management (le management mécanique et le management tribal) largement pratiqués aujourd’hui par les entreprises et d’une autre vision fondée sur l’analogie avec le fonctionnement d’un orchestre de jazz.

Le management mécaniste a une organisation horlogère (organigramme pyramidal, des règles, des procédures…) : tout est codifié. L’avantage considérable de ce système de management est la sécurisation des individus. Ses inconvénients : une créativité limitée, peu d’adaptation au changement, peu de réactivité, une prise de risque très faible, des règles vécues comme des contraintes, et une transformation peu à peu des personnels en spectateurs de l’organisation. Malheureusement, les spectateurs n’ont jamais gagné de bataille et ce processus néglige la dimension affective de la motivation.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les entreprises ont donné naissance à un autre système de management : le modèle tribal. Ses principes : un chef souvent charismatique et une recherche permanente de consensus. Il fonctionne sur l’affectif, l’adhésion… et ses valeurs sont la confiance, l’appartenance, la solidarité… L’avantage de ce système est une implication sans commune mesure. Les inconvénients : une soumission consentie, un enfermement, le développement parfois d’un sentiment exclusivement militant.

Aujourd’hui, on a tendance à privilégier le management horloger au management tribal alors que ce dernier est à l’origine des plus grandes entreprises. Mais avec la mondialisation et son corollaire -la complexité des pratiques de management-, l’organisation tribale reprend le dessus dans les filiales pour contrer trop d’horlogerie au niveau central. Une association des deux systèmes de management est donc nécessaire afin de combiner la régulation par la procédure (management horloger) et la régulation par la relation (management tribal).

Patrick Lemattre a tenu à évoquer une troisième piste de management par analogie au jazz : les entreprises qui peuvent le mieux s’adapter seront celles qui génèrent sur l’ensemble de leur personnel une capacité créatrice d’adaptation et d’intelligence collective. Si les 2 premiers systèmes de management relèvent de la négociation entre projet individuel et projet collectif, celui-ci consiste à vendre aux salariés qu’ils peuvent d’autant mieux réussir leur projet personnel qu’ils y intègrent le projet collectif. Pour Patrick Lemattre, c’est l’esprit du jazz : donner du plaisir, faire plaisir et créativité/improvisation. Il n’y a pas de manuel, l’organisation se fait par connivence. Et le plus important : cela ne peut pas fonctionner sans passion. Autrement dit, la tâche du manager de proximité est de communiquer sa passion et il pourra ainsi espérer créer par extension l’enthousiasme des salariés.

L’horlogerie apporte la cohérence, la tribu la cohésion et le « jazz band » se fonde sur l’auto-régulation.



Agenda économique

 

Le 30 octobre prochain, l’AOC Marcillac honorent ses 20 ans
Le Syndicat de l’AOC Marcillac et la Chambre d’Agriculture organisent le samedi 30 octobre à 10h à la salle des fêtes de Marcillac un colloque sur la thématique « identité des terroirs et développement des territoires ». S’en suivra une soirée prestige dédiée à fêter les 20 ans de l’AOC.
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Fiest’Agri le 30 octobre à Druelle
Le 30 octobre prochain, les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron se rassembleront à Druelle à l’occasion de la 4ème édition de Fiest’Agri. Randonnée gourmande, rencontres, échanges, repas… seront au programme.
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Colloque « Ma pierre première » à Rodez les 25-26 et 27 novembre prochains
L’Institut Supérieur de Recherche et de Formation aux Métiers de la Pierre organise les jeudi 25, vendredi 26 et samedi 27 novembre à l’amphithéâtre de Rodez 3 journées consacrées à la construction en pierre et au développement durable.
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11ème appel à projets de R&D collaboratifs des pôles de compétitivité
L’Etat a prévu de débloquer sur 2009-2011 600 millions d’€ d’aides gérées par Oséo. Les candidatures à ce 11ème appel à projets collaboratifs sont à déposer avant le 26 novembre.
Plus d'infos

Pollutec à Lyon du 30 novembre au 3 décembre
Lyon accueillera du 30 novembre au 3 décembre à Eurexpo le 24ème salon international des équipements, des technologies et des services de l’environnement.
Plus d'infos

Salon Ardevie les 11 et 12 décembre à Espalion
Le Lions club Espalion Haut Rouergue organise le salon Ardevie au centre Francis Poulenc le 11 décembre de 11h à 20h et le 12 décembre de 9h à 18h. De nombreux exposants présenteront vins, fromages, produits du terroir… et diverses animations : dégustation, séances d’œnologie, conférences… rythmeront ces 2 journées.

 


Collectivités

Un point de conjoncture sur l’économie aveyronnaise

H. Calmettes, A. Viala, J.C. Luche, E. Fabre

Le 11 octobre dernier, Aveyron Expansion tenait son assemblée générale. L’occasion comme chaque année de faire un point sur la conjoncture. Les chiffres 2009 de l’économie départementale sont bien entendu marqués par le déferlement de la crise économique et financière. Les signes de reprise qui se manifestent depuis près d’un an au plan macroéconomique ne sont qu’un rebond logique de l’économie, boostée par des plans de relance de grande ampleur. La reprise durable sera envisageable lorsque le taux de chômage commencera à baisser. L’économie du département vibre au même rythme que son environnement national ou international et hélas, n’est pas épargnée par les baisses d’activités ou la disparition d’emplois industriels. Cependant les situations individuelles peuvent être différentes au sein d’un même secteur d’activité…

Malgré ses performances nationales et régionales, le taux de chômage en Aveyron (le plus faible de Midi-Pyrénées et le 5ème plus faible de France) : 6,6% au 2ème trimestre 2010 est en augmentation. Il était de 4,8% au 2ème trimestre 2008. L’emploi salarié a connu une baisse de 2,7% en 2009. Tous les secteurs ont été impactés, notamment la construction et l’industrie. Les tendances que connaissait l’emploi restent toutefois les mêmes : une perte des actifs agricoles au profit du secteur tertiaire et un poids considérable de l’artisanat.
Le chiffre d’affaires et les investissements des entreprises aveyronnaises ont aussi baissé en 2009 (-6,1% et -6,4%). Seuls les services aux particuliers maintiennent leur niveau d’activité 2008. L’industrie automobile enregistre la baisse du chiffre d’affaires la plus importante (-35%).
L’Aveyron reste le 2ème exportateur de Midi-Pyrénées après la Haute-Garonne. Le montant des exportations aveyronnaises (612 millions d’€) a diminué de 15% entre 2008 et 2009. Des exportations qui se font surtout vers des marchés de proximité, en Allemagne et en Italie notamment et qui sont très marquées par la part des produits agricoles et agroalimentaires (105 millions d’€ exportés en 2009 soit 20% des exportations régionales en la matière).

La filière du bâtiment et des travaux publics compte 3120 établissements, emploie 6940 salariés et réalise 864 millions d’€ de chiffre d’affaires. Elle a maintenu un niveau d’activité très moyen en sacrifiant les marges bénéficiaires et en gelant les investissements. Elle n’a pas renouvelé ses contrats CDD et ses intérimaires. Les TPE sont surexposées à la crise avec l’arrivée de gros intervenants sur des marchés qui leur étaient jusqu’à présent réservés.

Les 200 entreprises de la filière mécanique emploient 6000 personnes et effectuent un chiffre d’affaires de 730 millions d’€. Le secteur de l’automobile a recours au chômage partiel et se sépare des effectifs non titulaires d’un CDI. La fin de la prime à la casse inquiète les constructeurs et les sous-traitants. Le secteur de l’aéronautique a une charge de travail relativement convenable en dépit d’une forte réduction des carnets de commande fin 2009. Les entreprises hors périmètre Airbus sont fragiles.

La filière agro-industrielle dénombre 550 établissements qui pèsent 20% des emplois agro-industriels régionaux (=4850 emplois salariés) et 32% du chiffre d’affaires de Midi-Pyrénées ( 2,2 milliards d’€). C’est celle qui a le mieux résisté à la crise. Malgré tout, les négociations tendues avec la grande distribution ont contraint nombre d’entreprises à réduire leur marge bénéficiaire et à jouer la carte des MDD (marques de distributeurs).

Le bois et l’ameublement emploie 3300 salariés dans 800 entreprises qui réalisent 460 millions d’€ de chiffres d’affaires dont la moitié réalisée en charpente/menuiserie. Le secteur ameublement a enregistré une forte baisse d’activité entrainant d’importantes difficultés pour plusieurs entreprises. La scierie et la fabrication de menuiseries et de charpentes ont aussi enregistré une baisse d’activité directement liée aux difficultés de la construction impactée par la crise. Cela dit, quelques belles réussites sont à noter dans la filière bois et ameublement : le groupe Finadorm avec le rachat de Louisiane, par exemple.

Les 250 établissements de la filière TIC et ses 2150 emplois sont modérément impactés par la crise. L’activité soutenue des entreprises leaders a permis à la filière de maintenir son chiffre d’affaires à 250 millions d’€.

Les 665 établissements de la filière transports et logistique font de l’Aveyron le 2ème département de Midi-Pyrénées. Ils embauchent 2850 salariés et comptent 325 millions d’€ de chiffre d’affaires. 2009 a été l’année noire du transport routier de marchandises. 2010 enregistre une légère reprise mais les trésoreries restent tendues et les prévisions prudentes. Tous les nouveaux projets d’entrepôt logistique sont gelés aussi bien à l’échelle nationale que locale.

Il est une filière naissante et transversale qui tire son épingle du jeu en Aveyron, comme tous les marchés de niche en général : les énergies renouvelables. L’Aveyron est leader national grâce à l’éolien et l’hydroélectricité. Notre département représente 55% de la production photovoltaïque de Midi-Pyrénées. Les activités photovoltaïques sont en fort développement même si les changements de tarification annoncés fin 2009 ont différé la réalisation de certains projets.


 Lettre de l'économie en Aveyron - n°54 - Octobre 2010 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

Hydropièces repart sur de bons rails

Hydropièces, spécialiste des systèmes hydrauliques, à Villefranche-de-Rouergue, est un exemple de combativité. L’entreprise qui a refait surface grâce à la procédure de sauvegarde prouve qu’il existe des solutions.

« Hydropièces a fait ses débuts il y a plus de 20 ans dans le garage de mon associé, Georges Schoombroodt, à Maleville, pour dépanner les agriculteurs du coin » explique Romain Fabre qui a rejoint l’aventure en 2009. Depuis, l’entreprise villefranchoise a développé son activité autour de la maintenance et du négoce de systèmes hydrauliques. Elle distribue des pièces destinées au matériel hydraulique sous le nom d’Hydropièces Distribution avec 2 spécialités : la connectique (flexibles, raccords… pour conduire l’huile) et l’étanchéité – Hydropièces dispose d’un des plus gros stocks régionaux de joints et distribue même des concurrents directs !-. Hydropièces Atelier répare les systèmes hydrauliques mobiles, c’est-à-dire tout système embarqué sur une machine : tracteurs, camions…, grâce à son banc d’essai et au savoir-faire particulier qu’elle a développé. Enfin Hydropièces Industrie exerce une activité de maintenance et de conception de systèmes hydrauliques stationnaires, autrement dit de systèmes intégrés dans une chaîne de production. D’un côté, elle assure dépannage et amélioration des systèmes, de l’autre un bureau d’étude conçoit des systèmes sur demande. « 50% du chiffre d’affaires est attribué à notre activité de distribution avec une clientèle française, DOM-TOM y compris, mais aussi magrébine » précise Romain Fabre en charge du développement de l’entreprise. De grands noms tels qu’Airbus, Umicore, Ratier Figeac, Figeac Aéro… font appel à la PME aveyronnaise spécialiste des systèmes hydrauliques.

Ces derniers mois, les 14 employés et l’apprenti ont davantage travaillé pour Hydropièces Industrie que pour Hydropièces Atelier en raison de la conjoncture qui a mis à mal « les gens du mobile (agriculteurs et Travaux Publics) » selon les mots de Romain Fabre, se félicitant par ailleurs de la polyvalence et de l’engagement de ses salariés. « C’est aussi grâce à cette valeur du travail qu’ont les aveyronnais et cette capacité à produire bien que nous avons pu faire face aux difficultés » ajoute le dirigeant dont l’entreprise vient de voir son plan de sauvegarde adopté. Il y a un an, Hydropièces qui jusque là surfait sur une pente de croissance ambitieuse, sollicitait effectivement une mise en procédure de sauvegarde au vu des créances qu’elle n’arrivait plus à assumer ; la crise, la baisse de son chiffre d’affaires, et le poids d’un investissement coûteux se conjuguant. Aujourd’hui, tout laisse à penser qu’Hydropièces a fait le bon choix, comme d’autres l’ont fait avant : De La Ballina Industrie pour ne citer qu’elle. Tout juste sorti de la procédure de sauvegarde, le spécialiste hydraulique villefranchois poursuit sa route avec passion et compétence : il a pour projet de développer un procédé pour les microcentrales hydroélectriques qui permettrait le dégrèvement et la régulation de niveau. A suivre…


Innovation : produits, services, marques...
Faitout, un concept de revitalisation rurale

La SAS REAGIR (Revitalisation, Etude, Animation, Gestion des Intérêts Ruraux) propose un concept de revitalisation rurale, une sorte de multiservices en milieu rural qui permettrait d’établir un lien social durable. Face au constat d’un tissu commercial en déperdition et de services publics en disparition en milieu rural, REAGIR a choisi de créer un concept répondant aux besoins du maintien des personnes âgées à domicile. La SAS recherche des collectivités ou des particuliers intéressés par ce concept. A la suite de quoi, elle propose études de faisabilité, recherche de financement, formation initiale de l’exploitant, suivi des aménagements, communication… l’idée étant d’établir un réseau Faitout où les services disponibles seraient : café, bar, restaurant, épicerie, livraison, point poste, internet, dépôt de pain, de presse, organisation d’après-midi à thème, soirée, siège associatifs… selon les besoins identifiés en amont et la zone d’attractivité déterminée. Avis aux intéressés !


Les bûches fabriquées à partir de copeaux et de sciure chez Braley

Christian Braley se lance dans une nouvelle activité avec l’acquisition d’une machine qui compresse les copeaux (200 tonnes au m²) et produit des bûches au fort pouvoir calorifique. Cette machine installée à Bozouls fabriquera aussi des « briquettes de nuit » qui, ajoutées au bois traditionnel permettent de maintenir le feu toute une nuit. Un must pour le précurseur du recyclage en Aveyron !
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RAGT lance « Brebis Sélect »

RAGT lance une nouvelle gamme de produits sur le marché de l’alimentation des brebis. Brebis Sélect prend en compte la santé des animaux et des consommateurs et respecte l’environnement de par son choix de matières premières locales et sa réponse apportée aux consommateurs. Brebis Sélect apporte des nutriments essentiels à l’alimentation des brebis, valorise mieux les fourrages et assure une production laitière soutenue, riche en MSU pour une bonne rentabilité économique en phase avec les cahiers des charges des appellations d’origine protégée. 2 aliments composent cette nouvelle gamme : Brebis Sélect Active, aliment complet et Brebis Sélect vitale, un correcteur azoté. La gamme a été primée aux Ov’Innov du Festival de la Brebis.
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Les produits Weight Watchers de Raynal et Roquelaure

Afin de gagner des parts de marché, Raynal et Roquelaure lance des plats cuisinés sous licence Weight Watchers.
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Ethique et développement durable chez SIA12

L’entreprise spécialisée dans le service et l’ingénierie informatique pour les PME et qui compte 2000 clients prévoit de financer la plantation de 100 balanzans par an pendant 20 ans au Mali. Chaque client se verra offrir son arbre localisé par GPS et régulièrement photographié pour suivre sa croissance en ligne.
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Un camion dernier cri pour Sévigné

L’entreprise de Travaux Publics Sévigné vient de faire l’acquisition d’un camion Renault Trucks unique en Aveyron. Il se module en fonction des charges transportées, est habilité à transporter des engins de TP, préserve la structure des routes et répond aux normes anti-pollution.
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Des produits bio à base de lait de jument

Près de Belmont-sur-Rance, Jean-Louis Bouix éleveur équin, s’est lancé dans la fabrication de produits bio à base de lait de jument. Le lait est filtré, congelé, lyophilisé et la poudre va à la savonnerie artisanale de Conques. 1 gramme de lait (soir 10cl) suffit à fabriquer un savon. Gel douche, shampoing doux, crème pour le corps, lait démaquillant et compléments alimentaires sont également fabriqués.

La marque « l’agneau du patrimoine de Lacaune »

L’Agno Interpro (Interprofession de promotion des agneaux du bassin de Roquefort) a créé une marque qui associe l’image de l’agneau de Lacaune au patrimoine pastoral qui l’entoure.

Le 1er « city break » labellisé en Aveyron

Une nouvelle forme d’hébergement vient de naître aux Costes Rouges à Onet-le-Château suite à l’initiative de l’Apatar (Association pour la promotion et l’accueil touristique dans l’Aveyron rural) et les Gîtes de Frances. Il s’agit d’un appartement, d’une propriété d’un particulier dans une ville ou dans une agglomération de plus de 20000 habitants géré par la centrale de réservation des Gîtes de France qui permettra à des vacanciers de découvrir la région tout en séjournant en zone urbaine avec un accès aux commodités.

 
 
 
  Lettre de l'économie en Aveyron - n°54 - Octobre 2010 - Page 3

Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Pierre Bastide, l’action au service d’un projet de société

Le proverbe « l’union fait la force » est un principe de base pour Pierre Bastide, leader incontestable de la vie paysanne régionale. L’homme aux grandes idées modèle le paysage agricole et même plus encore, il dessine un projet de société. Son amour de la vie et sa passion des projets collectifs guident le monde rural vers un monde meilleur et impulse une véritable évolution sociétale.

Pierre Bastide tient son engouement de l’ « héritage viscéral du paysan au paysan » selon ses mots. « Je me suis arrêté au BEP (BEP agricole au lycée de La Roque) ; les études ce n’était pas trop mon truc ; les vaches, la terre, les pommes de terre… me passionnaient et j’avais la chance d’avoir une famille où il y avait beaucoup de travail » explique celui qui depuis, voue sa vie au monde agricole. De projets en projets, le rieupeyrousain de plusieurs générations, en véritable aménageur du territoire, a créé une dynamique de groupe qui révolutionne la ruralité. Selon l’homme clairvoyant, il s’agit juste de bon sens : pour être durable, un projet doit être collectif, porteur de sens, s’inscrire dans une logique globale. Ainsi pour Pierre Bastide, chaque performance économique -sur le principe que l’argent est un accessoire nécessaire- se doit d’être aussi environnementale et sociale. C’est dans ce cadre que le Président de la SA4R missionne l’agriculture locale de développer des valeurs de services. « Un produit de qualité doit s’entourer d’un environnement préservé, d’un patrimoine conservé… » martèle Pierre Bastide. Les animations assurées en magasin par les agriculteurs sont un exemple de service qui au-delà de la force de vente permet de récupérer le souci du client et de son pouvoir d’achat et de travailler le consommacteur qui sommeille en chacun de nous. Alors que le « marketing bling bling », comme il le nomme, a spolié le consommateur ; les vraies valeurs chères au cœur du leader reviennent aujourd’hui en force sur le marché.

Pierre Bastide est un précurseur, il ne se trompe pas. Au début des années 90, à l’époque Vice-Président de l’interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala, il a très vite compris que la grande distribution était incontournable. Naît alors la SA4R, coopérative qui sert d’interface entre les éleveurs à qui elle achète les veaux labellisés IGP et Label Rouge, Bigard, l’abatteur - transformateur et les hypermarchés Auchan en qui elle a trouvé de solides partenaires. « Ce sont 158 éleveurs - actionnaires de la SA 4R et 400 éleveurs au total qui répondent présents à l’appel de ce mouvement coopératif qui prend une forme de SA pour des raisons d’efficacité » précise le Président de la SA4R dont les valeurs fondatrices sont Responsabilité, Rigueur, Régularité et Réussir. Pierre Bastide « a le nez fin ». Il a aussi compris qu’avoir un esprit comptable ne devait pas être la qualité essentielle de la force de vente. Il répète sans cesse qu’il faut donner du sens aux choses. Autrement dit un paysan heureux, plus libre, vend mieux. C’est la raison pour laquelle les animations en magasin s’assortissent d’1 ou 2 jours qui permettront à l’agriculteur « missionné » de découvrir du pays et d’élargir son espace culturel. Le partage avant tout. Dans cet esprit, les projets de développement durable portés par la SA4R « coulaient de source ». Le quinquagénaire à la tête des agriculteurs du Veau d’Aveyron et du Ségala fait du développement durable depuis toujours. Il a instauré à la SA4R une « grille de rangement des exploitations agricoles » (organisation, propreté…) afin que la réalité soit conforme à l’image véhiculée par le produit vendu dans l’imaginaire collectif, permettant aussi à chaque éleveur de remplacer son collègue en cas de nécessité. La solidarité est de mise pour Pierre Bastide. Les préoccupations environnementales du leader ont tout naturellement mené la SA4R vers les projets de diversification de revenus qu’on lui connaît aujourd’hui, dédiés à la production d’énergies renouvelables. Les 77 agriculteurs de la SA4R qui disposaient de toits bien orientés ont créé la SAS ADDER (Agriculture Développement Durable Energies Renouvelables) afin de minimiser les coûts liés à l’installation de panneaux photovoltaïques, mutualiser les risques et partager les résultats. « C’est l’alchimie du mutualisme qui nous permet d’être efficient » justifie Pierre Bastide, Président de la SAS ADDER qui a installé 3,073 Mwc (mégawatt crête) de panneaux photovoltaïques. Sa fille, Elodie, qui a aidé chaque agriculteur à faire face à la lourdeur administrative du montage des dossiers, a finalement créé SARL DAVENIR (Développement Amélioration Valorisation Energies Naturelles Innovantes et Renouvelables) qui effectue le suivi des installations et accompagne d’autres personnes dans leur projet photovoltaïque mutualisé. Ainsi les sociétés Imodder (42 sites pour 1,789 MWc), Imoddes (45 sites pour 1,971 MWc), Imoddev (47 sites pour 1,927 MWc) et Imessclat (47 sites pour 2,394 MWc) ont vu le jour. La ressource locale du bois est elle aussi valorisée au sein de projets collectifs. La SAS ADDER a construit un hangar de stockage du bois, recouvert de photovoltaïque bien sûr ; une dizaine d’éleveurs a acheté des chaudières à copeaux, le tout en gestion mutualiste bien entendu ! Des municipalités ont adhéré au projet et les copeaux peuvent même avoir vocation à être un substitut du paillage pour les animaux. D’autres projets sont à venir dans le domaine de la nutrition et santé. Une aventure paysanne au cercle vertueux menée par Pierre Bastide ! C’est un véritable projet de société qui est mis en place : Pierre Bastide rappelle que « La paix du monde commence par la paix du village ». Plus qu’un leader Pierre Bastide est un acteur de la ruralité, des bouleversements sociétaux.

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