La lettre de l'économie en Aveyron
Fév. 2011
Numéro 58


Edito

Panier paysan

L’Aveyron a une nouvelle fois « tenu salon » à Paris. Sans mondanités excessives mais avec son éternel sens du concret et de l’identité chevillé au corps. La table ronde organisée à l’occasion du premier anniversaire de la signature aveyronnaise en fut une parfaite illustration.

La grande presse nationale (Figaro France Soir, l’Humanité, France Inter, La Croix…), la presse professionnelle et agricole, tout comme notre presse aveyronnaise ne s’y sont pas trompés. Ils ont explorés à travers les débats, avec les responsables du département, du cabinet Xerfi, de la grande distribution, de la production et du monde consulaire l’avenir immédiat des produits régionaux et du « locavorisme ».

Sans sombrer dans un optimisme béat, les lignes bougent et le consommateur est le principal acteur de cette mutation.

Consommateur, devenu « consom’acteur », il somme le territoire, le producteur, le fabriquant et le distributeur de répondre d’une seule et même voix. Mieux armé, plus expert, il somme les marketeurs de tous poils d’ôter les artifices marketing pour s’engager dans des démarches sincères et des étiquetages clairs, débarrassés des pseudos labels. Les valeurs de traçabilité, d’identité, de qualité, d’authenticité priment désormais sur tout, parfois même (mais jusque où) sur le prix de vente.

Le très pédant « Think Global » (pensez global ) a décidemment du plomb dans l’aile : même les marques les plus historiquement internationales redécouvrent l’intérêt d’un ancrage local et national depuis le très suédois Ikea jusqu’aux constructeurs automobiles allemands qui se mettent carrément à nous parler dans leur pub…en allemand ; bien entendu pour exprimer la qualité allemande.

Que l’on soit ou non sous signe officiel de qualité (AOC, IGP…), que l’on soit ou non dans les industries agro-alimentaires, auxquelles on pensera plus spontanément dans cette optique, la soif de repères semble progressivement prendre le pas sur l’envie de consommer pour consommer.

Qu’un distributeur s’avise de peindre aux couleurs du terroir une filière mal maîtrisée ou un pseudo label 100% artificiel et la sanction du consommateur tombera avec une violence inouïe au risque d’atteindre durablement l’image de l’enseigne.

Les produits doivent désormais raconter leur histoire sans raconter des histoires. Dans cette histoire, nous voyons peut-être des signes inespérés et avant-coureurs d’une réconciliation des principaux acteurs de la chaîne. L’avenir de nos territoires se situe bien là car comme le disait l’un de nos intervenant fortement impliqué dans ce combat : « la paix du monde commence par la paix du village ».

Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

Au sommaire

A la Une
> L'Aveyron s'impose au Salon International de l'Agriculture


> Telex de l'économie

Collectivités
> La communauté de Communes de la Vallée du Lot

> Agenda

Macroéconomie
> Le télétravail : une nouvelle forme du travail à domicile

Entrepreneurs aveyronnais
> Joaquim Campos, un entrepreneur autodidacte qui voit loin.

> Les gens

> A Lire

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Aveyron Expansion est aussi sur :


 

A la Une  

L’Aveyron s’impose sur le Salon de l’Agriculture.

Mission accomplie pour l’Aveyron, représenté une fois de plus en très bonne place (prés de 1100m² cumulés de stands) à un salon de l’Agriculture qui a accueilli près de 668 000 personnes cette année. Organisé conjointement par le Conseil Général et la Chambre d’Agriculture, le stand officiel de l’Aveyron a profité du salon pour mettre les filières agricoles aveyronnaises en avant, procéder à des dégustations de nos meilleurs produits ou organiser une table ronde sur la relocalisation de la consommation alimentaire. Succès garanti !

Chaque jour, une filière été mise à l’honneur

Installé en face des stands de la confédération générale du Roquefort et de l’UPRAS Lacaune qui assurait chaque jour plusieurs séances publiques de traites, le stand de l’Aveyron était la porte d’entrée du Hall 1, celui des éleveurs. Une façon de rappeler le très fort ancrage local et agricole du département.

Chaque jour, les visiteurs affluaient sur le stand pour déguster les produits aveyronnais cuisinés par le chef du lycée La Roque Henri Paulhe. Aligot un jour, agneau Label Rouge le lendemain, veau d’Aveyron et du Ségala le troisième (un de ses chefs de file, SA4R, avait d’ailleurs installé son stand non loin de là), en passant par le fromage de Laguiole ou les vins de Marcillac, l’opération Dégustez l’Aveyron a été un succès. Quant à la filière bio, représentée par des professionnels du secteur comme la coopérative Sodiaal, Unicor ou Cemac Cobevial, elle a pu être mise en valeur auprès du grand public grâce aux informations sur la démarche bio aujourd'hui en pleine croissance.

Une mise en valeur des produits donc mais aussi des aveyronnais qui les font vivre et maintiennent coûte que coûte la tradition sur le territoire. A ce titre, le stand a accueilli le président de l’association des marchés de producteurs de pays, Benoit Quintard qui défendait son label et son logo vert clair frappé d’un chaudron vert foncé visant à garantir l’authenticité et la qualité des produits vendus sur les marchés. Une démarche née en Aveyron avant d’essaimer dans près d'une trentaine de départements.

Enfin, installé sur le stand, le comité départemental du tourisme a fait la promotion de l’Aveyron dont la côte d’amour avec les français ne cesse de grimper. Présentant l'Aveyron sous son jour le plus authentique, le CDT a notamment mis en avant les plus beaux villages de France qui parsèment notre territoire. Tous en Aveyron !

Le moment fort de la semaine : la table ronde consacrée à la relocalisation de la consommation alimentaire.

Organisée à l’occasion du premier anniversaire de l’estampille Fabriqué en Aveyron, la table ronde a permis d’aborder la question du positionnement des territoires français et de leurs produits face à la mondialisation des échanges. Un débat que l’Aveyron a pris à son compte depuis plusieurs années.

En présence de dizaines de journalistes, Hubert Calmettes, directeur d’Aveyron Expansion a animé un débat passionnant grâce aux interventions successives d'Isabelle Senand, Directrice d’Etude à l'Institut Xerfi, Jean-Claude Luche, Président du Conseil général de l’Aveyron, Jacques Molières, Président de la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, Arnaud Viala, Président d’Aveyron Expansion, Bertrand Linard, Salaisonnier aveyronnais, Jean Laurens, Président du Comité III de l’INAO, Serge Gay, Directeur de la centrale d’achats du groupe Auchan et Pierre Bastide, Président de SA4R.

Le débat a été vif et aucune question de cette discussion essentielles pour nos économies n'a été éludée. Car hier simple axe de différentiation pour certains acteurs, le marché des produits régionaux est désormais un relais de croissance stratégique pour les professionnels. Ainsi, afin de marquer sa différenciation sur le marché, les producteurs ont recours à des estampilles dont Fabriqué en Aveyron est un des exemples. Plus qu'une simple démarche marketing, il s'agit d’une démarche sincère qui répond aux côtés des labels officiels (AOC-AOP, IGP, AB...) à la montée du locavorisme (consommation de produits fabriqués près de chez soi) et à la défense des produits made in France. "Une démarche de géolocalisation, un élément de différenciation" comme le précise Arnaud Viala, président d'Aveyron Expansion.

Une redistribution des cartes est donc à venir et les producteurs ayant réalisé des alliances de bon sens avec les distributeurs (comme SA4R avec le Groupe Auchan) devraient tirer leur épingle du jeu même si le prix reste le moteur d'achat principal du consommateur. La question est donc de savoir quel sera demain le juste prix acceptable et accepté par un consommateur toujours plus en demande de garantie de qualité ou d'origine loin des artifices marketing.

La presse a relaté cette table ronde et la présence de l'Aveyron au Salon International de l'Agriculture : France Soir L'Humanité - La Volonté Paysanne - La dépêche - Midi Libre - Terre-net.fr - Global & Local - e-marketing - LSA ...

Les produits fabriqués en Aveyron mis à l’honneur.

Lancée il y a à peine un an, la marque Fabriqué en Aveyron référence aujourd’hui prés de 780 produits (pour une soixantaine d’entreprise). A l’occasion du SIA, plusieurs d’entre eux se sont exposés sur le stand de l’Aveyron : les meringues Astruc, les farines Puel, les couteaux Vent d’Aubrac, la maroquinerie Max Capdebarthes, les selles Gaston Mercier, les eaux de vie et liqueurs des Distillerie Gayral, les barquettes (estinoffade, farçous, truffades…) de Carrier ou du Manoir Alexandre, les aligot Thérondel, les saucisses Serin, les fouaces des Pâtisseries Fizes, les farines et huile du Moulin de Mejane, ou les gâteaux apéritifs des Délices du Rouergue.

Pour en savoir plus sur Fabriqué en Aveyron

Des aveyronnais qui se distinguent partout
Pour le traditionnel concours de la race Aubrac, qui compte en France près de 155 000 bêtes c’est l’aveyronnais Fabien Veyrac qui s’est distingué en gagnant le prix du meilleur taureau. La maison Ruthénoise Marius Bonal a été récompensée par une médaille d’or lors du concours général agricole pour son pastis aveyronnais. Les salaisons Linard, quant à elles sont reparties avec deux médailles, une pour la saucisse sèche, l’autre pour le saucisson. Une satisfaction pour les frères Linard, installés à Lanuéjouls, et qui sont depuis peu labellisés Fabriqué en Aveyron. Enfin trois vins de Marcillac ont été récompensés (le Domaine Laurens à Clairvaux, les Vieilles Vignes du Domaine du Cros et la cuvée Tradition Parédous des Vignerons du Vallon) et la cave coopérative des vignerons des gorges du Tarn a obtenu une médaille d’argent.

Telex... l'économie aveyronnaise en bref
L’Aveyron et Rodez s’illustrent avec un des taux de chômage les plus faibles de France

Selon le ministère du travail, Rodez se classe en 5ème position des 348 bassins d’emplois sur lesquels le ministère s’appuie pour réaliser son étude. Avec un taux de chômage de seulement 5,1% la cité ruthénoise et le département affichent depuis de nombreuses années l'un des meilleurs taux de France.

Sacor conquiert de nouveaux marchés à travers le monde

La salaisonnerie aveyronnaise Sacor, qui réalise un chiffre d’affaire de 21,9 millions d’euro et emploie près de 90 salaries est en pleine forme. Au cours de l’exercice 2010, elle a ainsi augmenté sa part du CA réalisée à l’exportation de 5% à 37%
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MJ2 technologie déménage

La société, spécialisée dans la fabrication de turbines pour les très basses chutes d’eau, vient de rejoindre la zone d’activités de Millau Larzac à la Cavalerie. Avec près de 1000m², MJ2 Technologie va pouvoir rentrer dans la phase industrielle de sa production.
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Les turbines hydro-électriques bientôt installées sur la rive gauche du Tarn à Millau.

Le projet d’aménagement hydro-électrique, bien qu’ayant subi quelques modifications matérielles et géographiques, devrait se mettre en place comme prévu. La société exploitante, La guinguette, versera 204 000 € à la commune de Millau dont 142 000€ en travaux permettant de rénover la chaussée et consolider la base de la pile du Vieux Moulin.

La nouvelle aérogare de l’aéroport de Rodez mise en service.

Après plusieurs mois de travaux et 8,6 millions d’euros d’investissement, la nouvelle aérogare est en service depuis le 15 février. L’aéroport agrandi et modernisé, devrait permettre d’accompagner de la plus belle des manières l’augmentation du trafic (142 000 passagers en 2010). Un appel d’offres a été lancé pour aménager l’espace restauration de l’aéroport de Rodez-Marcillac.
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EADS, victime de la politique économique agressive des Etats-Unis

Le Pentagone a attribué à Boeing le méga-contrat des ravitailleurs américains. Un échec pour EADS qui se rend compte aujourd'hui de l'illusion d'une compétition dans laquelle les Etats-Unis ont clairement baffoués les règles du marché pour défendre leurs intérêts.

La région Midi-Pyrénées championne de la croissance du secteur bio.

L’agriculture biologique se porte bien en Midi-Pyrénées qui a gagné près de 500 producteurs supplémentaires en 2010. Une réussite due en grande partie à la contribution de l’Aveyron….

Le lycée La Roque va être raccordé à la chaufferie bois d’Onet-le-Château.

Grâce aux 62 000€ de subventions, les travaux vont pouvoir être engagés. Ce raccordement devrait permettre de réaliser une économie de 7% sur les coûts de fonctionnement du lycée et surtout de diminuer nettement ses émissions de gaz à effet de serre.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°58 - février 2011 - Page 1

Macro économie - Collectivités


Collectivités

La Communauté de Communes de la Vallée du Lot

La communauté de Communes de la Vallée du Lot dope son activité touristique grâce à la navigabilité du Lot.

Avec près de 4200 âmes, la communauté de Communes de la Vallée du Lot est à un tournant de son histoire. Son président, M. Couchet, en est persuadé, il souhaite la doter d’un solide projet de développement.

 

Au cœur du projet touristique : la navigabilité du Lot

A l’origine, les bateliers transportaient du minerai depuis Decazeville jusqu’à Bordeaux où il était traité. C’est d’ailleurs à cette époque que l’Estofinado, à base de stockfish et de pomme de terre, s’ancre au territoire pour en devenir une spécialité gastronomique de premier plan.

Le temps a fait son œuvre et les bateaux ont peu à peu disparu de la surface de l’eau. C’était sans compter sur l’énergie des territoires soucieux de retrouver leur histoire en redonnant vie à cette rivière. Débutée dans le Lot et le Lot-et-Garonne qui ont très tôt identifié leur secteur navigable, qui compte aujourd’hui près de 100 km, la partie aveyronnaise sera mise en travaux dès 2006.

Pour la communauté de Communes de la Vallée du Lot, il s’agit maintenant de mettre en musique cette belle idée car le développement touristique, son président en est certain, permettra la valorisation économique et des apports très positifs à l’image du territoire.

Aujourd’hui quatre écluses sont opérationnelles, soit 10 km navigables et la cinquième portera le parcours à 17km une fois les travaux réalisés.

Un projet économique qui devrait bénéficier à tous.

Au cœur de ce projet, la communauté de Communes vient de faire l’acquisition, pour un montant de 400 000 € d’un bateau pouvant transporter une centaine de passagers.

En mode restauration, ce sont prés de 64 clients qui pourront déjeuner dans le cadre idyllique de la Vallée du Lot. Par ailleurs, on compte près de 20 professionnels concernés directement par les retombées économiques potentielles ; des campings aux hôtels en passant par les restaurants, tout le monde devrait pouvoir avoir sa part du gâteau ; sans compter la création possible d’activités nouvelles (loueurs de vélos etc…).

Les études démontrent que pour une personne sur l’eau, ce sont près de 7 ou 8 personnes sur la berge qui se retrouvent sur le territoire. Les communes d’Almont-les-Juines, Boisse Penchot, Flagnac, Livinhac le Haut, Saint Parthem, ou Saint Santin comptent bien les loger et les nourrir et pour cela se sont dotés d’un Office du Tourisme à travers la Communauté de Communes qui aura en charge le pilotage du projet.

Pour accompagner et coordonner cet afflux de touristes, l’Office de Tourisme géré par un Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) sera à la barre.

Valoriser l’image de la Vallée du Lot.

La navigabilité du Lot devrait par ailleurs permettre de redynamiser l’image d’un territoire très agricole. Et pour la population, c’est aussi un moyen d’entrevoir de nouvelles perspectives plutôt que de vivre avec la nostalgie d’un passé industriel révolu.

La Communauté de Communes compte donc concentrer son énergie sur 3 pôles pour assurer le développement touristique du secteur: la navigabilité du Lot grâce à la mise en eau du bateau, mais aussi la Maison de la Rivière et le village de Saint-Santin connue pour sa double identité. Dailleurs, un cabinet a été mandaté par la communauté de Communes pour mettre en valeur l’histoire rocambolesque de ce village aux deux églises, à cheval sur deux départements et deux régions.

Objectif avoué : capter les touristes visitant Conques qui ne se trouve après tout qu’à 15 km.

En savoir plus : Tourisme-aveyron.com // asvolt.com

Agenda économique

L’appel à candidatures aux Trophées de l’Economie Numérique 2011 est lancé.
Les candidats ont jusqu’au 21 mars pour déposer leur projet dans l’une des 5 catégories suivantes : Développement local : initiative ou solution exploitant les TIC pour favoriser le développement économique local ; Performance numérique : amélioration significative de la compétitivité grâce aux TIC ; Innovation : solution technique innovante en TIC ou grâce aux TIC ; E-Commerce : solution technique ou pratique performante de commerce en ligne ; Développement durable : initiative en faveur du développement durable par l’utilisation des TIC.
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Forum de l’emploi saisonnier à Millau le 9 mars 2011
La 8ème édition du forum de l’emploi saisonnier aura lieu le 9 mars prochain à la Salle des fêtes de Millau. Ouverte à tous les types d’entreprises, l’opération avait permis de proposer 326 postes en 2010.
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22 mars 2011
Université et Entreprises : l'enjeu des diversités professionnelles

L'université Toulouse III - Paul Sabatier (UPS) et la fondation Catalyses organisent une première rencontre entre la fondation Catalyses et les partenaires de l'UPS, sur le thème "Université et Entreprises : l'enjeu des diversités professionnelles", le 22 mars 2011, à l'Hôtel Dieu, à Toulouse, à partir de 18h15, avec la participation d'Olivier Dugrip, recteur de l'académie de Toulouse , chancelier des universités.
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Le salon du BIO du 25 mars 2011 au 27 mars 2011
Le Parc des Expositions de Toulouse, accueille pour sa troisième édition, le salon de l’Agriculture Biologique de l’Environnement et des Produits au Naturel du Sud-Ouest du 25 au 27 mars 2011. Au programme : des espaces conférences, ateliers conférences, relaxation-détente et espace bébés.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°58 - février 2011 - Page 2

Macroéconomie

Macroéconomie  

Le télétravail : une nouvelle forme du travail à domicile

Par télétravail il faut entendre une nouvelle organisation liée aux modes de communication modernes et qui permet aux intéressés de rester à domicile tout ou partie du temps de travail. Cette nouvelle organisation comprend des salariés, des indépendants, des salariés de télé sources (exemple : centres d’appels). Une étude récente démontre que le télétravail est fortement développé en Europe du Nord (10 à 20 % des actifs) alors que la France est à la traine. La DATAR a demandé une analyse plus fine du territoire Massif Central avec une étude détaillée des flux domicile-travail entrants et sortants dans l’Aveyron. Les résultats sont éloquents : 4.886 salariés aveyronnais travaillent hors du département, quand 4.379 salariés extérieurs travaillent en Aveyron

L'examen des données par commune démontre que 2 secteurs se détachent : le secteur Ouest autour de Decazeville, Capdenac et Figeac et le secteur du Sud Aveyron ( Millau, la Cavalerie...)

Selon l’organisme spécialisé dans l’observation du télétravail, la DARES, en 2008, le nombre de télétravailleurs serait significatif en Aveyron. Il concernerait 3058 personnes identifiées commes des télétravailleurs salariés fixés à domicile (791personnes), des t élétravailleurs salariés alternants (967 personnes) et des t élétravailleurs indépendants (1.300 personnes).

Ce chiffre peut paraitre déjà étonnant et il doit être replacé dans un contexte favorable lié à la généralisation progressive du haut débit, aux nouvelles habitudes des jeunes, à l’accroissement des coûts de transport et à la volonté de choisir le lieu d’habitat sans contrainte du lieu de travail. Dans la quasi-totalité des cas, les expériences engagées semblent appréciées tant des salariés que des employeurs. On constate en effet une: amélioration des relations, du climat social, de la performance…

Faut-il voir dans cette évolution une évolution fondamentale du travail et de son cadre d'exercice? Peut-on y voir un atout inattendu pour les zones rurales moins handicapées par l’information électronique et numérique et davantage pénalisées par l'évolution des coûts des transports? En tout cas si l’on ne peut encore parler de révolution, les expériences se multiplient et l’avenir semble bien prometteur pour le télétravail.

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Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Joaquim Campos, un entrepreneur autodidacte qui voit loin.

Avec une rapidité qui laisse admiratif la plupart des acteurs économiques de la région, le Groupe Campos se développe tout horizon. A partir de son métier de base qui est la métallerie, le Groupe a fait l’acquisition de nombreuses entreprises couvrant les secteurs de la serrurerie, de la ferronnerie, de la mécanique agricole mais aussi des bennes ou des poêles et cheminées.
A sa tête, un entrepreneur aveyronnais, M. Joaquim Campos.

Prendre des risques et être aux manettes.

Titulaire d’un CAP de mécanicien automobile, d’un bac, et d’un BTS mécanisme et automatisme industriel, Joaquim Campos a commencé sa carrière à Blanc Aéro Industrie, devenu Lisi Aérospace. Il gravit les échelons de cette entreprise spécialisée dans les fixations et composants d’assemblages pour l’aéronautique. Du bureau des méthodes au service de la préparation avant de devenir responsable du département matriçage, il fait ses gammes auprès de M. Caze et apprend le management et l'exigence de la qualité, deux fondements sur lesquels il s’appuiera pour créer son entreprise.

Dès 1998, conscient qu’il avait fait le tour de l’entreprise, l’idée du départ commence à germer. L’automaticien s’associe alors avec son voisin chaudronnier – serrurier, M. Georges Andrieu afin de fabriquer des effeuilleuses à tabac. Il peut désormais voler de ses propres ailes.

Le voilà lancé dans la grande aventure de l’entreprise. Avec la force de l’enthousiasme, car le risque et la précarité inhérents aux jeunes structures conviennent bien à cet entrepreneur né. C’est l’euphorie des débuts mais la stratégie d’entreprise est pourtant bien claire dans l’esprit de Joachim Campos qui apprendra les rudiments de la gestion sur le tas.

Pour accompagner cet élan, Joaquim Campos s’appuie alors sur quatre acteurs qui se révèleront indispensables au développement de son entreprise. Le crédit Agricole, prenant alors les risques propres au métier de banquier, lui prête près de 300 000 € alors que le jeune entrepreneur n’a pas grand-chose à lui donner en échange à part ses projets de grandeur ; un très bon comptable ; un premier client solide en la personne de Michel Viguier qui lui sous-traite une partie de ses commandes ; enfin L’Aveyron Villefranche Initiative qui le soutiendra dans la capitalisation de la structure.

Le développement fulgurant du Groupe Campos.

Dès 2006, une fois son entreprise consolidée, Joaquim Campos s’attache à grandir en rachetant des entreprises du secteur. Mais il s’agit d’une croissance raisonnée car le patron met plusieurs conditions à ce type d’acquisition : que l’activité corresponde à son métier de métallier, que l’entreprise ait une histoire, et qu’il puisse s’appuyer sur des acteurs solides en interne. Une méthode à laquelle il restera fidèle.

Aujourd’hui, chaque entreprise se développe grâce à ses propres clients sur son marché mais aussi en profitant de la synergie du groupe grâce à une forte demande interne (prés de 50% du C.A.).

Au service de son territoire

Elu à Monteils, engagé dans la vie de la cité, l’entrepreneur Joaquim Campos va plus loin et envisage son entreprise comme un moyen de participer à la vie publique et de créer du lien social. En ce sens, il se veut héritier des entreprises familiales à taille humaine loin de ce qu’il nomme avec un peu de dédain, le business.

A ce jour, l’ensemble de sa production est fabriquée en Aveyron et rien ne fait plus plaisir au fondateur du groupe que de savoir que ses entreprises font travailler de jeunes aveyronnais qui semblaient sans perspectives ou des travailleurs plus âgés qui avaient perdu espoir de retrouver un jour un travail sur le territoire. Un ancrage local dans le Villefranchois qui devient une marque de fabrique du groupe.

Continuer à progresser malgré les obstacles

Le Groupe Campos fait aujourd’hui figure de véritable réussite de l’industrie aveyronnaise. Avec près de 85 employés, un chiffre d’affaires d’environ 12 M€ et une dizaine d’entreprises, le Groupe Campos n’en est pourtant qu’à ses débuts.

Prêt à se confronter à ses concurrents et notamment aux italiens (sur les bennes et les machines agricoles), Joaquim Campos est en ordre de marche et observe surtout ce qui marche autour de lui.
Pour continuer son ascension, Joaquim Campos souhaite continuer à s’appuyer sur l’excellence de la main-d’œuvre aveyronnaise. Et même s'il recrute au-delà des frontières du département, il sait qu’il pourra trouver ses employés de demain localement grâce à la Mécanic Vallée. Connu pour être une entreprise agréable et à taille humaine, le Groupe Campos c'est aussi des employés impliqués et attachés à leur entreprise. Ici, c’est la mission qui fait foi plutôt que le profit à tout prix.

Joaquim Campos entend bien maintenir le cap qu’il s’est fixé : être un compétiteur du milieu industriel tout en gardant un fonctionnement d’entreprise à taille humaine.

Les entreprises du Groupe Campos : Les Ateliers Campos, Serrinox, Campos Industrie, AgriSud Industrie, Sud Découpe Industrie, Horizon Sud, Forges de Rodez, Atelier du Fer, Fermetures Sécurité Automatismes.

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Brèves, les gens ...
L’IUT de Rodez a un nouveau président
Daniel Segonds, président de RAGT, succède à Pierre BRU à la tête de ce site délocalisé à l’Université de Toulouse 1 Capitole. Fort de six cents étudiants, l’IUT devrait accueillir à partir de septembre prochain deux licences professionnelles supplémentaires. .
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Une nouvelle équipe à la tête de la confédération des Artisans et Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB)

Patrick Bounhol, artisan couvreur à Avrieu, devient président de la confédération qui compte près de 500 membres. Dans les chantiers à suivre de près : la formation et le statut d’apprenti.
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Cécile Le Doaré remplace Georges Mazenc à l’Irva.

A tout juste 27 ans, Cécile Le Doaré va présider aux côtés de son directeur, Patrick Mouysset, à la destinée de l’Interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala. Aujourd’hui grâce à une charte de qualité et ses 700 éleveurs le veau d’Aveyron est reconnu comme une référence par l’ensemble de la filière.
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 Lettre de l'économie en Aveyron - n°58 - février 2011 - Page 4

A LIRE

> La visée hégémonique de la Chine, d'Antoine Brunet et Jean-Paul Guichard
 Lettre de l'économie en Aveyron - n°58 - février 2011 - Page 5