La lettre de l'économie en Aveyron
Janv. 2012
Numéro 67


Edito

L’ « après Valaubrac »

Ces colonnes retracent, depuis 6 ans, des « success stories » aveyronnaises qui, quel que soit le contexte économique, donnent envie d’entreprendre et nous sortent la tête de la sinistrose ambiante. Cependant il ne serait guère raisonnable d’occulter la réalité de la vie économique dans sa globalité.

Nous n’avions jamais eu à déplorer une défaillance aussi douloureuse et scandaleuse que celle du groupe Valaubrac Amarilis, filiale « cuisine » du groupe Cauval, depuis la fin des houillères du bassin de Decazeville.

L’histoire peut paraître banale de nos jours : un groupe en grande difficulté au plan national, qui n’a pas su se restructurer malgré de multiples tentatives, des patrons confrontés à des pertes abyssales… Elle ne l’est pourtant pas… car d’une part, elle concerne un territoire pour lequel cette activité est vitale, centrale, et d’autre part, surgissent des réflexes nouveaux, inouïs chez certains dirigeants en échec : la volonté coûte que coûte de recycler une dette privée en dette publique et transférer ainsi la charge et la responsabilité au contribuable.

Juridiquement et financièrement vouée à l’échec, cette course au recyclage est l’un des grands maux systémiques dont souffre notre époque. C’est bien au détriment des salariés et du territoire que se masquent ainsi les véritables responsabilités.

Mais la page se tourne et aujourd’hui, toute notre énergie doit se focaliser sur l’ « après Valaubrac », le sort des 170 salariés, les projets de reprise… Accompagner un passif est légalement assimilable à du soutien abusif mais accompagner les femmes et les hommes, les porteurs de projet, les créateurs d’entreprise… c’est notre métier et rien ne doit nous faire oublier qu’aujourd’hui, en ce début d’année 2012 pourtant pilonné par la crise, l’Aveyron continue à sécréter de l’activité, de l’emploi, de l’espoir.


Arnaud VIALA
Conseiller Général de Vezins
Président d'Aveyron Expansion
Consultez le blog d'Arnaud Viala

 

 

Au sommaire

A la Une
> Développement de Fenêtres Industrie Aveyron à La Cavalerie

> Telex de l'économie

Macro-économie
> Entreprises du Patrimoine Vivant en force en Aveyron !

> Agenda

Vie des entreprises
> EBA et ses escaliers d’expression

> Innovation

Entrepreneurs aveyronnais
> Jean-Pierre Romiguier, berger du patrimoine vivant

> Les gens

> A voir

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A la Une  

Développement de Fenêtres Industrie Aveyron à La Cavalerie

A la fin de l’année 2007, le groupe ATRYA faisait le choix de l’Aveyron avec la création de Fenêtres Industrie Aveyron sur le Parc Départemental d’Activités Millau-Larzac, à La Cavalerie. Le groupe, spécialisé dans les menuiseries PVC et connu du grand public par sa marque commerciale TRYBA, misait sur La Cavalerie et son ouverture vers les marchés très dynamiques de « l’arc méditerranéen ».

Des engagements tenus, malgré un contexte économique chaotique…
Lors de son implantation, par le biais du rachat de l’unité locale de PVC-GM, la société s’était engagée sur un plan d’investissements immobiliers et matériels sur le site avec 2 500 m² de constructions supplémentaires représentant environ 3 millions d’euros.
Aux 17 emplois repris de la précédente activité, 30 créations d’emplois supplémentaires avaient alors été annoncées dans un délai de 3 ans.
Le contrat pris par le groupe auprès des collectivités locales est totalement rempli : les investissements ont été réalisés en totalité et le site comptait fin 2011 près de 50 salariés.
Pourtant, le contexte économique s’est particulièrement durci depuis 2008. Les marchés de la construction et de la rénovation du sud de la France restent certes encore dynamiques mais sont de plus en plus concurrencés. Tout cela aurait pu aboutir à une remise en question des engagements pris un an plus tôt. Il n’en est rien…

Un nouveau plan de développement, d’ores et déjà engagé
Afin de conforter l’unité de La Cavalerie, qui s’affirme plus que jamais comme une position stratégique pour les marchés Sud, un plan de développement de Fenêtres Industrie Aveyron a été décidé par le groupe.
Il porte sur la réalisation de 2,5 millions d’investissements immobiliers et matériels, qui seront accompagnés de 20 créations d’emplois supplémentaires.
La société aveyronnaise occupe une place importante dans la politique « B to B » du groupe ATRYA, ce qui justifie également son développement. Les produits changent et nécessitent des outillages spécifiques pour leurs fabrications.
F.I.A. servira également de base logistique pour la distribution sur le sud de la France de produits fabriqués dans d’autres usines du groupe.

Le Conseil Général et Aveyron Expansion accompagnent F.I.A.
Dans le cadre de ses activités de prospection d’investisseurs extérieurs, Aveyron Expansion a noué des contacts étroits avec ATRYA depuis 2004 et a persuadé le groupe de la pertinence d’un site aveyronnais.
Le Parc Départemental Millau-Larzac, directement branché à l’autoroute A75, a été jugé comme un cadre favorable au développement des activités du site.
Le Conseil Général, maître d’ouvrage de la zone, a facilité les premiers développements sur site, par le biais d’aménagements autour de l’ancien site de PVC-GM. Deux parcelles de la zone d’activités, de 3 389 et 3 698 m², sont destinées à accueillir les nouveaux investissements.

Dans cette période mouvementée, l’approche réellement industrielle du groupe ATRYA et l’attachement de ses dirigeants à tenir les engagements pris méritent d’être soulignés…

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Telex... l'économie aveyronnaise en bref
Premier magasin à Toulouse pour les Fromentiers de France

L’entreprise villefranchoise, Les Fromentiers de France, filiale du groupe J-L Vilgrain, a inauguré le 10 janvier dernier, son premier magasin à Toulouse : « un espace unique qui est à la fois un magasin pilote, un centre de formation et un centre R&D : un lieu 3 en 1 », un concept qui sera franchisé.
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Le Campus des Métiers inauguré à Onet-le-Château

Nouveaux équipements, nouvelles salles, ateliers modernisés constituent le désormais prénommé Campus des Métiers qui vient tout juste d’ouvrir ses portes.
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La maison Causse inscrite à l’inventaire des métiers d’art rares par l’Unesco pour ses 120 ans

Dans le cadre de la convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel passée avec le Ministère de la Culture et de la Communication, ce dernier a confié, à l’Institut des Métiers d’Art, la réalisation de l’inventaire des Métiers d’Art Rares afin de valoriser les savoir-faire d’exception en France.
À ce titre, la manufacture de gants Causse fondée à Millau en 1892, garante d’un savoir-faire transmis depuis quatre générations dans l’entreprise, vient d’être officiellement inscrite à cet Inventaire des Métiers d’Art Rares. Une nouvelle reconnaissance pour la maison qui fête cette année ses 120 ans d’existence à Millau. Cette distinction s’ajoute à celle déjà décernée à la manufacture Causse en 2006 par le Ministère de l’Industrie avec le label Entreprise du Patrimoine Vivant qui soulignait déjà le caractère de son savoir-faire qualifié de remarquable, rare et ancestral.
Depuis 2005, la maison Causse a organisé au sein de ses ateliers l’apprentissage aux métiers du gant afin de préserver le savoir-faire gantier de Millau et maintenir son activité en France. Elle forme actuellement dans ses ateliers 4 nouveaux artisans aux métiers du gant, ce qui porte aujourd’hui l’effectif de l’unique manufacturier de gants en activité à Millau à 41 personnes.
Par ailleurs, du 2 au 5 mars prochains, Causse Gantier exposera sa collection automne-hiver dans le showroom de l’hôtel Lotti, rue de Castiglione, dans le 1er arrondissement parisien, de 9h30 à 18h30.
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Nouvelle salle d’exposition, de dégustation et de vente pour les vignerons du Vallon

La cave des Vignerons du Vallon accroît sa surface de 330 m² sur 2 étages : nouvelle salle d’exposition, de dégustation et de vente avec un petit auditorium où sera projeté un film sur le vignoble de Marcillac, terrasse panoramique sont actuellement en construction et devraient être opérationnelles cet été. Les anciens locaux seront réaffectés à l’entreposage des bouteilles.
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800 m² de panneaux photovoltaïques pour la Mégisserie Alric à Millau

La mégisserie Alric, engagée dans une démarche responsable vis-à-vis de son environnement, vient d’installer 800 m² de panneaux photovoltaïques sur ses toits à Millau, après s’être dotée d’une station de déchromation. Un système de pompe à chaleur devrait bientôt voir le jour. La mégisserie travaille également des cuirs de plus en plus « écolos », apporte une attention particulière à sa consommation d’eau et a investi dans le désamiantage de ses toits.
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Macro économie


Macro-économie

Entreprises du Patrimoine Vivant en force en Aveyron !

Il serait présomptueux de penser que le label EPV -Entreprise du Patrimoine Vivant- a été créé pour le savoir-faire aveyronnais mais au vu du nombre d’entreprises qui détiennent ce label en Aveyron et de la part qu’elles représentent en Midi-Pyrénées, l’estampille et les savoir-faire aveyronnais étaient assurément faits pour se rencontrer !

Le label Entreprise du Patrimoine Vivant, marque du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, a été mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence, attachées à la haute performance de leur métier et de leurs produits. Il peut être attribué « à toute entreprise qui détient un patrimoine économique, composé en particulier d’un savoir-faire rare, renommé ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité et circonscrit à un territoire », pour une période de 5 ans. C’est une sélection minutieuse qui repère les talents français. L’appréciation et l’interprétation des critères d’obtention sont confiées à une Commission nationale indépendante constituée de professionnels qui œuvrent en faveur des pratiques garantissant l’excellence au sein de leur propre activité. L’Institut Supérieur des Métiers (ISM) en assure le secrétariat. Chaque entreprise, détentrice du label EPV après avoir candidaté, se voit prodiguer un appui opérationnel à son développement qui vise à faciliter sa médiatisation à l’échelle nationale et internationale, à créer et saisir des opportunités internationales d’affaires, à l’inciter à innover, à conforter sa croissance, assurer le développement de l’emploi et favoriser sa transmission. Dans ce cadre, elles peuvent solliciter deux types de crédit d’impôt : un crédit d’impôt apprentissage porté à 2200€ par apprenti et un crédit d’impôt création de 15% concernant les dépenses de création de nouveaux produits. Les entreprises labellisées EPV peuvent bénéficier également d’une présence collective sur des salons emblématiques, d’un soutien à l’exportation en liaison avec Ubifrance, d’un appui individualisé en lien avec les organismes consulaires et professionnels…

En Aveyron, elles sont douze aujourd’hui à arborer la reconnaissance : Entreprise du Patrimoine Vivant, soit près de la moitié des entreprises midi-pyrénéennes labellisées. Vermorel, Causse Gantier, Mary Beyer, Le Sac du Berger, la Sarl Druilhet, la Mégisserie Richard, la Coutellerie de La Forge de Laguiole, la Coutellerie Honoré Durand, l’Atelier Max Capdebarthes MC CUIR, les Terres Cuites de Raujolles, Gaston Mercier, la Poterie du Don appartiennent au réseau national des EPV. Chacune détient un patrimoine économique spécifique issu de l’expérience manufacturière et met en œuvre un savoir-faire reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité. Mais surtout, elles sont caractérisées par leur attachement à l’Aveyron et témoignent de la fertilisation croisée produit/territoire si chère à l’Aveyron. Ces entreprises uniques savent « réconcilier tradition et innovation, savoir-faire et création, travail et passion, patrimoine et avenir, local et international ». Elles ont les mêmes valeurs : adaptabilité, réactivité, passion du métier. Quelle que soit leur taille et leur spécialité, « elles veillent ensemble sur un trésor, celui du patrimoine manufacturier français », osons même dire, aveyronnais au vu de leur nombre. Exigence de qualité et émotion, gages du luxe français, sont leurs maître-mots. Un atout de taille lorsque l’on sait que le marché du luxe européen est leader du marché du luxe mondial avec 35% des parts. Avis aux entreprises qui veillent sur le patrimoine manufacturier aveyronnais qui n’auraient pas encore candidaté à l’obtention du label EPV !

Notons que l’Aveyron se distingue au niveau Midi-Pyrénées avec 12 entreprises labellisées sur 29 au niveau régional. Enfin, les entreprises se sont regroupées au sein de l’Association Aveyronnaise des Entreprises du Patrimoine Vivant qui a pour objet de promouvoir le label ainsi que ses membres, l’animation a été confiée à la CCI de l’Aveyron.

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Agenda économique

 

Les trophées de l'export Midi-Pyrénées, dépôt des dossiers jusqu’au 10 février 2012
La 4ème édition des Trophées de l’export Midi-Pyrénées a pour vocation de valoriser les entreprises dynamiques à l'exportation dans quatre catégories : TPE artisanale, PME innovante, PME expérimentée, Entreprise débutante à l'export. Les lauréats remporteront des récompenses allant jusqu’à 10000 € pour leur permettre de financer de nouveaux développement à l’export (étude de marché, mission de prospection).
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Salon de l’Agriculture du 25 février au 4 mars à Paris Expo, Porte de Versailles, de 9h à 19h
Le Salon International de l’Agriculture se tiendra du 25 février au 4 mars, de 9h à 19h, avec une nocturne jusqu’à 23h le vendredi 2 mars. 9 jours de découverte et de convivialité ! Avec 1 142 exposants et 4 667 animaux présentés en 2011, le salon est une véritable fenêtre ouverte sur l'agriculture dans toute sa diversité. Comme chaque année, de nombreux exposants aveyronnais seront présents. La journée dédiée à l’Aveyron est organisée le mardi 28 février.
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Salon des Métiers de l’Alimentation & de l’Hôtellerie-Restauration du 5 au 8 février 2012 à Toulouse
Le Salon des Métiers de l’Alimentation & de l’Hôtellerie-Restauration(Smahrt) qui donne rendez-vous aux professionnels de l’alimentation et de l’hôtellerie-restauration aura lieu au Parc des Expositions de Toulouse, sur 12000m² avec 200 exposants et plus de 10 000 visiteurs attendus.
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« Bientôt 9 milliards, pour une planète alimentaire plus juste » le 27 février prochain à Rodez
La Société Centrale d’Agriculture, Combattre la faim et la malnutrition et la Chambre d'Agriculture de l'Aveyron organisent le 27 février prochain, à la Salle des fêtes de Rodez, à 14h, une conférence – débat autour du thème « Bientôt 9 milliards, pour une planète alimentaire plus juste ». De nombreux intervenants participeront au débat : Gilles Hirzel et Jean Lecointre pour CFM, Marcel Mazoyer professeur à Agrotech Paris, Monsieur Van Haverbeck professeur de médecine, vétérinaire et directeur de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse, Daniel Segonds Président du Directoire de RAGT et du groupement interprofessionnel des semences, King David de SAF spécialiste des relations internationales et de l'eau, Jacques Molières Président de la Chambre d'Agriculture de l'Aveyron, Dominique Barrau Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Exploitants Agricoles, Monsieur Boda de la Direction Départementale des Territoires, Pierre-Marie Blanquet Vice-Président du Conseil Général de l'Aveyron, Bernard Cazals Président d'Unicor … Des exemples de coopération réussie avec des pays du sud seront notamment abordés, ainsi que les conséquences pour l'agro industrie nationale.

Salon Avenir Bois du 29 février au 2 mars 2012 à Toulouse
Le salon professionnel de la filière bois, Avenir Bois, aura lieu dans le Parc des Expositions de Toulouse.
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10èmes trophées de l’économie numérique 2012, dépôt des candidatures jusqu'au 9 mars
Les entreprises de Midi-Pyrénées aux savoir-faire et initiatives dans le développement de solutions et applications numériques au sein de leur activité peuvent candidater aux 10ème trophées de l’économie numérique, dans les catégories développement local, performance numérique, innovation, e-commerce et développement durable, jusqu’au 9 mars.
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9ème Forum Emploi Saisonnier, le 14 mars à la Salle des fêtes de Millau de 13h30 à 17h30
Chefs d’entreprise, préparez dès maintenant vos recrutements saisonniers ! Le mercredi 14 mars 2012 et pour la 9ème année consécutive aura lieu à la salle des fêtes de Millau, de 13h30 à 17h30, le Forum Emploi Saisonnier. Vos offres d’emplois peuvent être recueillies et diffusées dès à présent. Venez également rencontrer les candidats le jour du Forum dans un espace aménagé (90% des offres ont été pourvues en 2011). Les offres collectées seront communiquées au Pôle Emploi, diffusées sur le site « pole-emploi.fr » et affichées à la salle des fêtes de Millau le jour du forum.
Plus d’infos auprès de Caroline Calleteau au 05.65.59.59.36


     

 

 Lettre de l'économie en Aveyron - n°67 - Janvier 2012 - Page 2

Vie des entreprises

Entreprise  

EBA et ses escaliers d’expression

Le 25 janvier dernier, l’entreprise EBA Escaliers Bois Aveyronnais réunissait les élus locaux, sur son site, à Saint-Geneviève-sur-Argence, pour mieux se faire connaître. Un seul mot d’ordre pour le dirigeant, Michel Cariven, « ne pas rester isolé ! ».

Combien d’aveyronnais connaissent l’existence d’EBA, fabricant d’escaliers sur mesure, aux 45 salariés, perché sur le plateau de l’Aubrac ? Pas assez, selon Michel Cariven à la tête d’une entreprise en pleine mouvance qui dispose pourtant d’arguments à faire valoir. Escaliers Bois Aveyronnais dont le savoir-faire reposait jusqu’à présent sur le travail du bois évolue vers de nouveaux métiers : le métal notamment. L’entreprise lance des escaliers en métal et en verre très en prise avec le marché actuel. Aux escaliers bois assemblés de façon traditionnelle par tenons mortaises et chevilles de bois s’ajoutent désormais des modèles alliant différentes matières (diverses essences de bois, divers métaux et verres opaque, transparent, fumé…) qui constituent une gamme toujours plus large : classique, contemporain, design. « Nous ferons toujours du bois, c’est notre métier historique mais nous devons évoluer vers le métal pour répondre aux tendances de consommation » explique Michel Cariven. L’escalier est plus que jamais un élément de décoration et doit considérer en même temps les préoccupations environnementales de la société. EBA est ainsi engagée dans une démarche de respect de l’environnement au travers des labels PEFC et FSC de qualité supérieure dans la sélection de ses essences, du traitement de ses déchets, de la valorisation énergétique (usine chauffée avec les copeaux recyclés), d’un assemblage 100% bois (tenons mortaise)… Depuis son arrivée en juin 2010 pour succéder à Bernard Delpech, Michel Cariven a mené un certain nombre d’actions pour asseoir la solidité d’EBA. Parmi les plus significatives : la consolidation financière de l’entreprise sur fonds participatifs, l’informatisation de la société et un vaste plan de formation des salariés. Pour l’entrepreneur, la force d’Escaliers Bois Aveyronnais ne devrait pas seulement résider dans le savoir-faire que détient l’entreprise mais aussi dans la particularité fédératrice de son statut juridique de SCOP qu’elle a adopté en 2005. Face à la crise qui se fait sentir pour tous les escaliéteurs dont l’activité est inévitablement corrélée à celle de la construction de logements revenue à son niveau de 2003, EBA a des ressources et dispose d’une marge de manœuvre importante. Savoir-faire, innovation, valeur ajoutée mais aussi outils informatiques d’aide au chiffrage, de visualisation 3D, d’assistance à la prise de côtes… sont autant d’éléments qui permettent déjà à EBA de se différencier et de fabriquer des escaliers d’expression. Selon Michel Cariven, l’entreprise qui représente actuellement 3% du marché national et qui ne vend que sur une moitié française est en mesure d’effectuer 7 à 8 millions d’€ de chiffre d’affaires. « Pour cela, elle doit se faire connaître en Aveyron et à Paris, trouver des sous-traitants « métal » et construire un show room » affirme le dirigeant qui évoque aussi son intérêt pour d’éventuelles démarches mutualisées à réfléchir avec d’autres entreprises, toujours dans sa volonté de ne pas rester isolé.

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Innovation : produits, services, marques...
Nouvelle collaboration pour Starck et La Forge de Laguiole

Pour célébrer les 25 ans de La Forge de Laguiole, Philippe Stark « remet le couvert » avec la création de quatre couteaux faisant écho aux quatre éléments. Le premier qui évoque la terre, baptisé « log » est présenté au salon « Maison et Objets » à Villepinte : ligne épurée et acier inoxydable monobloc. Dans les mois qui viennent, les trois autres couteaux verront le jour. A venir également : un couteau griffé Fanny Ardant.
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« Entre les Bras », premier documentaire culinaire au cinéma

Le film du réalisateur Paul Lacoste dédié à Michel et Sébastien Bras, à leur relation et à leur cuisine bien entendu sortira le 14 mars sur grand écran. Des avant-premières auront lieu à Rodez, Espalion et Decazeville.

Causse & Iunx : Gants Parfumés


Symbole du luxe et du raffinement français, le gant parfumé trouve son origine sous le règne de Louis XIII qui introduit en 1614 le titre de «maître gantier parfumeur» à la cour de France. Pour la première fois aujourd’hui, la maison Causse, gantier depuis 1892 à Millau, haut lieu de la ganterie française, renoue avec cet art prestigieux mais oublié, et s’associe aux parfums Iunx à Paris et à la Mégisserie Alric à Millau. Ensemble, ils ont longuement travaillé à la mise au point d’un procédé inédit inspiré des méthodes anciennes pour parfumer le cuir et faire renaître l’art des gants parfumés dans une vision toute contemporaine. Le parfum, L’Ether, créé par Olivia Giacobetti pour Iunx, en 2003, se révèle dans une nouvelle dimension, pour sublimer le cuir d’agneau plongé et donner naissance à un gant aux senteurs subtiles de myrrhe, de rose cuite et de bois sucré, dédié aux «élégantes» du XXIème siècle. Le modèle est en vente uniquement à la boutique Causse de Paris et à la boutique Costes – Iunx.
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Graine de Lou

Lilou Cayla, installée à Rignac a approvisionné 220 familles en un an en produits alimentaires de base, d’hygiène et d’entretien de qualité grâce à sa petite entreprise Graine de Lou. Les consommateurs choisissent leurs produits sur catalogue et Graine de Lou prépare et reçoit les commandes. L’entreprise est livrée une fois par mois. Ainsi les consommateurs qui viennent chercher leur commande à Rignac ou à un point de collecte accèdent à des produits de l’agriculture biologique, locaux et écologiques à moindre coût.
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Entrepreneurs Aveyronnais

Portrait  

Jean-Pierre Romiguier, berger du patrimoine vivant

Ce qui meut Jean-Pierre Romiguier, c’est ce qu’il appelle « une communauté d’intérêts ». Le fondateur de l’atelier du Sac du Berger au fin fond de la vallée de la Sorgues porte un projet économique humain au service de son territoire à l’image des objets que fabrique son atelier.

Jean-Pierre Romiguier est un enfant du pays qui, face au ‘’complexe’’ de la ruralité « c’est ailleurs que l’on réussit », se félicite d’être retourné au profond de ses racines. Après son apprentissage à l’école SNCF qui l’a conduit à œuvrer dans un atelier de 1500 personnes, l’autochtone de Saint-Maurice de Sorgues a très rapidement su ce qu’il n’avait pas envie de faire. Comme si d’ores et déjà l’homme n’était pas prédestiné à la masse, aux chiffres, à la quantité. C’est à la fin des années 70, lorsqu’il fait part à son ami historien, Robert Aussibal, de son envie de travailler le cuir, qu’il trouve sa voie. Robert Aussibal, lui soufflant de fabriquer le sac du berger tel qu’il existait depuis plus de 2 siècles. Il lui offre son vieux modèle, patrimoine familial. Le « manuel » autodidacte se laisse convaincre et se lance dans cette confection, sans être formé à la maroquinerie. « Si j’avais été formé à la maroquinerie, précise Jean-Pierre Romiguier, le sac du berger qui est un sac de bourrelier n’existerait pas dans sa fidélité actuelle ». L’homme a travaillé seul pendant 10 ans réinvestissant un peu, chaque année, comme tout bon paysan aveyronnais. En 1991, se pose à lui le choix de continuer en solitaire ou bien de s’entourer de collaborateurs et de compétences. « Tous les gens qui passent ici apportent leur pierre à l’édifice » reconnaît l’artisan qui met l’homme au cœur de son atelier. Pour lui, il s’agit d’une micro-économie artisanale rurale, « petite mais bien réelle » selon ses mots. Le Sac du Berger a non seulement un intérêt économique mais également culturel et touristique. L’unité est aux yeux de Jean-Pierre Romiguier un élément essentiel de réussite de vie. Un certain esprit gandhien et l'esprit « Larzac » lui ont apporté ces valeurs d’unité et d’identité qui fondent l’essence de son engagement social au travers de son métier. C’est dans ce cadre que Jean-Pierre Romiguier avance. Il rachète plusieurs ateliers dont le dernier fabricant de chaussons à Millau, dans l’esprit de « pouvoir s’habiller des pieds à la tête » et ouvre une boutique à La Couvertoirade. Pour l’Aveyronnais, l’organisation du travail a été le travail d’une longue réflexion et de 30 ans d’expérience sur le terrain. Une grande souplesse d’adaptation au marché et remettre l’homme au cœur du travail. « La diversification est inéluctable à partir du moment où l’on vend directement ce que l’on fabrique » explique l’artisan toujours très empreint de philosophie. Deux ans après l’incendie qui a ravagé le site, l’activité est repartie dans des bâtiments rénovés qui reflètent plus encore l’âme du Sac du Berger. Pour Jean-Pierre Romiguier, « ce qui brûle n’est que la forme extérieure ; l’essentiel, l’âme, n’en est que plus vibrante. Comme bien souvent, une épreuve traversée et acceptée est un enrichissement intérieur » témoigne l’homme qui a perdu ses premières machines et le sac que lui avait offert Robert Aussibal, comme si Le Sac du Berger sortait revivifié, à l’image d’un patrimoine vivant. Le label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) ne s’y trompe pas.

Jean-Pierre Romiguier est aussi à l’origine du projet économique, touristique et culturel de réhabilitation de l'ancienne filature Colbert à Lapeyre qui vise à relancer la filière laine dans son intégralité, porté par la communauté de communes du Saint-Affricain et reconnu Grand Projet de Pays par la Région. Pour Jean-Pierre Romiguier, tout est question de communauté d’intérêts…

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Brèves, les gens ...
Pierre Desclaux à la tête de l’agence Aveyron-Lozère de La Lyonnaise des eaux
Pierre Desclaux succède à Pascal Herber à la tête de l’agence Aveyron-Lozère de La Lyonnaise des eaux.
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Christian Desmoulins nouveau Président de l’université Champollion
La présidence de l’université Jean-François Champollion a été confiée, le 5 janvier dernier, à Christian Desmoulins par ailleurs Président de l’INSA Toulouse et du groupe Actia.
Plus d'infos
Stéphane Foury Président d’Aveyron Energie Bois
Pierre Bastide a cédé la présidence de l’association Aveyron Energie Bois dont l’objectif est de promouvoir la filière bois énergie en Aveyron à Stéphane Foury.
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A VOIR

> « Pour consommer made in France: une stratégie des effets utiles »
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